‹ Anthropométrie, ou, Mesure des différentes facultés de l'hommeChapitre 69 sur 111 · A O/IA · texte numérisé non relu

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du poignet

Circonférence du bras au bi-

Si l'on examine attentivement les nombres concernant les proportions des trois hommes les plus grands, on demeurera convaincu que de simples mesures seraient absolument insuffisantes pour caractériser les trois races qu'ils représentent, surtout si l'on tient compte de la difficulté d'obtenir des mesures un peu exactes sur le corps vivant. Il en est de même si l'on établit des rapprochements entre les nombres du second groupe. Les grands linéaments de l'espèce humaine paraissent à peu près les mêmes pour les différents pays, et pour les différentes races ; les caractères qui les séparent se trouvent dans des parties d'une appréciation moins facile : l'angle facial, la largeur du nez, l'épaisseur des lèvres, la couleur, la chevelure, la barbe, etc.

Nous retrouvons encore, ici, un caractère que nous avions déjà signalé chez les 0-Jib-be-Wass, et qui semble appartenir à l'homme quand il se développe sans contrainte et par des exercices soutenus : c'est la largeur de la poitrine et la distance des seins. Ce qui prouve que ces belles proportions n'appartiennent pas spécialement à la race, mais qu'elles sont l'effet d'exercices g3'mnastiques bien dirigés et du libre développement des muscles, c'est qu'on les retrouve aussi chez l'athlète américain. Les dimensions de son torse, en effet, sont à peu près identiquement les mêmes que celles des 0-Jib-be-Wass et des Cafres. Ces élégantes proportions ne se rencontrent point chez le nègre, dont le corps portait encore l'empreinte des rigueurs du plus dur esclavage. On trouve ici une nature pauvre ; seulement les muscles des bras et ceux du cou étaient assez fortement développés, à cause des charges que le malheureux nègre avait dû porter, soit dans les mains, soit sur la tête.

Je pense que ces études sont de nature à présenter

plus d'un genre d'intérêt; elles peuvent surtout répandre une nouvelle lumière sur la partie la plus intéressante de l'ethnologie, la question de l'unité de l'espèce humaine.

Je n'ai pu penser à déduire, du peu de modèles que je viens de citer, les caractères qui distinguent les principales races ; il peut être curieux cependant de connaître ce qui les diversifie. On à déjà vu quelques comparaisons établies entre l'homme de race caucasique, les Nègres, les Chinois et les Indiens du Nord de l'Amérique ; mais les diiFérences, en ce qui concerne purement les grandeurs, sont bien moindres qu'on ne le suppose d'abord.

J'ai entendu les artistes faire des distinctions prononcées entre les modèles d'Italie, d'Espagne, de France et de notre pays ; j'ai voillu juger par moi-même du degré de confiance que mérite un pareil jugement, et j'avoue que je n'ai pas été convaincu. J'ai pu reconnaître mieux encore que je ne l'avais fait précédemment, qu'on attribue en général à des altérations de formes, ce qui n'appartient qu'à l'expression et à Ig, finesse des traits. Une même femme se présentera sous des dehors bien différents selon qu'elle aura été élevée au milieu des travaux des campagnes, ou bien au sein des plaisirs et du luxe des villes. Chez nos paysannes surtout, les traits du visage se contractent à peine ; l'œil est sans expression, et la bouche sans sourire : tandis que, pour la femme qui vit au milieu du luxe et dont chaque trait du visage énonce un sentiment divers à défaut de la parole, le tableau change tout-à-fait. Avec des proportions identiquement les mêmes, l'animation de la figure, la pensée, le sentiment diversifient complètement ses traits et font croire à d'autres proportions et à une organisation différente. D'ailleurs une même personne, exposée aux yeux de plusieurs artis-

tes, va prendre des attitudes et des expressions diverses, qui seront plus ou moins bien rendues selon l'habileté de ceux qui auront à les représenter.

J'ai cru devoir prendre des modèles pour établir les comparaisons que j'avais en vue de faire. J'en ai pris dix pour la Belgique, et j'en ai rapproché la moyenne des mesures que j'ai recueillies à Rome sur les deux plus beaux modèles que j'y ai trouvés; je donne également les proportions d'une femme espagnole dont la forme était moins régulière, et celles d'un modèle français mesuré dans l'atelier de M. Decaisne, notre habile compatriote, qui avait bien voulu me seconder dans mes recherches. On pourra voir que les différences sont purement accidentelles, et n'ont pas de valeurs distinctes qui dépendent essentiellement du séjour. Tableaux numériques la fin de V ouvrage.

La taille totale pour les femmes italiennes, françaises et belges, est à peu près la même ^; mais la première différence se trouve déjà sur la longueur des bras, qui serait égale, si pas en excès, chez les deux modèles romains : ce fait est absolument contraire à l'opinion que j'ai entendu émettre par des Italiens, qui croyaient voir chez nos femmes des bras plus allongés que chez les leurs. La petite différence que l'on rencontre ici est purement accidentelle, et je pense qu'il n'y a nullement raison d'affirmer qu'il existe quelque anomalie à ce sujet. On la trouve au contraire dans la femme espagnole, même en ayant égard à la différence de taille. S'il existe des différences réelles, elles sont assez faibles pour exiger, afin d'être constatées, un nombre de mesures beaucoup plus considérable que celui que j'ai pu recueillir. J'ai cherché seulement, ici, à

1 La différence pour le modèle espagnol provenait surtout des jambes, <\\\\ n'avaient pas reçu leur entier développement. Les proportions du corps étaient belles, et comparables à celles des autres modèles.

rOPULATION MOYENNE.

mettre l'observateur plus en garde contre les préventions qui finissent par s'établir parfois sur des traditions tout-à-fait erronées.

Les modèles que j'ai choisis à Rome étaient plus âgés que ceux qui m'avaient servi en Belgique, de sorte que le diamètre du corps dans l'a partie supérieure était un peu plus grand ; néanmoins le bras, en tenant compte de la grandeur totale de l'individu, était encore supérieur chez la femme italienne. La différence d'âge et un développement plus complet, expliquent aussi comment les mesures des deux modèles romains l'emportent en ce qui concerne les circonférences et les diamètres horizontaux, sur ce qui appartient à la moyenne de dix femmes brabançonnes.

La tête des femmes belges est à peu près la moyenne des deux têtes romaines ; on trouve aussi une ressemblance très grande pour les dimensions du corps. Mais les parties inférieures sembleraient un peu plus grandes chez les femmes italiennes, si, sur le peu de mesures que j'ai pu recueillir, je pouvais fonder une différence. Je ne parle point du modèle espagnol, qui ne paraissait pas développé normalement dans les parties inférieures.

Je pense que l'inspection seule du tableau mis sous les yeux d'un observateur attentif, prouvera suffisamment qu'il n'y a pas de discordances assez grandes en passant de l'un à l'autre modèle, pour qu'on puisse les mentionner spécialement.

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