‹ Anthropométrie, ou, Mesure des différentes facultés de l'hommeChapitre 83 sur 111 · APRÈS 70 ANS · texte numérisé non relu

APRÈS 70 ANS

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66 Milton.

89 Sophocle.

67 Phidias.

90 Alex, de Humboldt.

69 Cervantès.

95 Hippocrate.

69 Berzélius.

99 Pythagore.

En consultant les documents du passé, on voit qu*il n'existe pas de changements considérables dans les époques où les talents prenaient leurs plus grands développements, ni dans la durée de la carrière de l'homme. Je ne considère point ici la longueur de la vie humaine

SON AVENIR

telle quelle se trouve indiquée dans les livres les plus anciens, l'interprétation des textes prêtant trop d'hésitations sur le sujet qui nous occupe; je me borne à citer ce qui ne peut donner lieu à aucun doute, et je prends les hommes les plus distingués pour faciliter les vérifications.

Il est une époque qui mérite une attention spéciale, c'est l'âge de 35 à 40 ans : elle est nuisible à une imagination trop active, qui semble devoir succomber quand le physique n'est pas encore en état de combattre la force de l'imagination. C'est ainsi qu'on a vu mourir, pour ne citer que quelques exemples célèbres, Térence et Mozart à l'âge de 35 ans, Raphaël à 37, Pascal à 39, Weber à 40 : cet âge .de 35 à 40 ans semble être véritablement fatal.

Immédiatement après cette barrière inflexible pour les génies trop ardents, on voit s'éteindre ensuite la plupart des hommes qui se sont le plus distingués dans la carrière des lettres ou des arts, tels que Schiller, le Tasse, Virgile, Horace, Molière, Shakespeare, Le Dante, Le Camoëns, L'Arioste, etc.

Par la citation des noms qui précèdent, et qui appartiennent aux hommes les plus distingués dans les lettres, on reconnaît qu'assez généralement l'ordre de la mortalité s'établit de la manière suivante : les poètes et les auteurs dramatiques ont la vie plus courte ; les mathématiciens et les philosophes au contraire, atteignent un âge plus avancé ; les musiciens, les peintres et les artistes meurent aux différents âges. Il se trouverait donc que l'homme se soutient mieux par les connaissances philosophiques que par les lettres et les beaux-arts. Cependant, d'une part, les noms de Sophocle et de Gœthe, et d'une autre part, ceux de Van Eyck et de Michel Ange, montrent que cette manière de juger ne peut être adoptée d'une manière trop exclusive.

Quand on étudie la vie d'un homme distingué, il faut reconnaître encore quel était le caractère de son talent : on conçoit que Gœthe et Schiller par exemple, que l'Allemagne met à la téte de ses littérateurs, tout en étant agités par le génie poétique, ne suivaient cependant pas exactement la même route ; Schiller était entièrement entraîné par son talent dominant; Gœthe, avec une force d'esprit des plus remarquables, s'occupait alternativement de la poésie, de la littérature proprement dite, de l'histoire, des arts philosophiques, de la théorie des couleurs, etc. ; et dans ses instants d'enthousiasme les plus élevés, il était cependant encore un penseur profond, maître de ses élans poétiques sans être gouverné par eux.

Si nous pouvions établir une différence, pour la longévité, entre les hommes de mérite, elle porterait sur la nature de leurs travaux, plus encore que sur l'époque qui les a vus naître, et plus aussi sur la variété des conceptions, que sur l'absorption complète par un même cercle d'idées qui épuisent l'homme avant sa fin naturelle.

Je ne cite que quelques-uns des noms principaux ^ ; ils présentent cependant des données du plus grand intérêt, pour ce qui concerne particulièrement les qualités intellectuelles de l'homme. L'imagination surtout y semble portée au point le plus élevé; et souvent sa puissance, trop faible virtuellement pour lutter contre la force organique, amène les plus regrettables résultats. Quand la force physique peut tenir en échec et vaincre la force morale, l'homme, on le voit, peut espérer une carrière assez longue.

' D'ailleurs les dates des naissances et des décès manquent pour la plupart des hommes les plus distingués de l'antiquité.

SON AVENIR

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