DEGRK.S DU PENCHANT AU GRIME
lOlS,
TlOl .
Coups
blessures.
Hciirtr6.
Issassinats.
EmpoisbDuement.
Fausse moDuaie et (aux.
Faux Umoiguige, sntiorna-
tiOD.
Moins de 16 iins.
16 à 21 ans.
80 cl au-dessns.
Totaux. . .
Huit espèces de crimes sont spécifiées dans ce tableau ; ces crimes se succèdent dans l'ordre où ils se manifestent en France, sous le rapport de la précocité. Le penchant au vol se présente en première ligne ; c'est vers l'âge de 22 ans qu'il se développe avec le plus d'intensité, puis il diminue progressivement jusqu'aux dernières limites de la vie.
La tendance au viol est également un des penchants criminels qui sont des premiers à se développer dans toute leur intensité ; le maximum se manifeste aussi dès
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l'âge de 22 ans. Ce crime présente cette circonstance toute particulière, qu'après avoir diminué, pour la fréquence, jusqu'à l'âge de 50 à 55 ans, il reprend ensuite un nouveau degré d'énergie, mais avec un caractère différent, et prisse par un second maximum entre 65 et 70 ans:
C'est vers l'âge de 28 ans que l'homme, en France, est le plus porté à se rendre coupable de coups et blessures. Cette époque critique se manifeste avant 27 ans pour les meurtres, et vers 30 pour les assassinats; puis, l'âge amortit graduellement ces tendances , plus rapidement pour les coups et blessures, et plus lentement pour les assassinats.
Les empoisonnements et les faux de toute espèce semblent être plus particulièrement le partage de l'âge mûr. Pour ce premier genre de crimes, on reconnaît deux maxima, l'un entre 25 et 30 ans, et l'autre entre 40 et 45. Pour les faux, on trouve le maximum entre 35 et 40 ans.
Ces divers résultats, je les avais déduits déjà de l'examen des Comptes généraux de la justice criminelle en France, pour les quatre premières années 1826, 1827, 1828 et 1829 : quinze années d'observations nouvelles n'ayant fait que les confirmer, je ne trouve aujourd'hui aucune conclusion qui doive être modifiée ; je puis seulement fixer d'une manière plus précise les époques critiques de la vie morale de l'homme.
Ainsi, le penchant au vol, qui est un des premiers à se manifester, domine, en quelque sorte, toute notre existence ; on serait tenté de le croire inhérent à la faiblesse humaine , qui le commet comme par instinct. Il s'exerce d'abord à la faveur delà confiance qui règne dans l'intérieur des familles, puis se manifeste au dehors et jusque sur les chemins publics, où il finit par recourir à la violence, lorsque déjà l'homme a fait le triste essai de la plénitude
de ses forces, en se livrant à tous les genres d'homicides. Ce funeste penchant est moins précoce, cependant, que celui qui, vers l'adolescence, naît avec le feu des passions et les désordres qui l'accompagnent, et qui pousse l'homme au viol et aux attentats à la pudeur, en commençât à chercher ses victimes parmi les êtres dont la faiblesse oppose le moins de résistance. A ces premiers excès des passions, de la cupidité et de la force, se joint bientôt la réflexion qui organise le crime; et l'homme, devenu plus froid, préfère détruire sa victime en recourant à l'assassinat et à l'empoisonnement. Enfin, ses derniers pas dans la carrière du crime sont marqués par la fausseté qui supplée, en quelque sorte, à la force. C'est vers son déclin que l'homme pervers présente le spectacle le plus hideux ; sa cupidité, que rien ne peut éteindre, se ranime avec plus d'ardeur et prend le masque du faussaire; s'il use encore du peu de forces que là nature lui a laissées, c'est plutôt pour frapper son ennemi dans l'ombre; enfin, si ses passions dépravées n'ont point été amorties par l'âge, c'est sur de faibles enfants qu'il cherchera de préférence à les assouvir. Ainsi, ses premiers et ses derniers pas dans la carrière du crime sont marqués de la même manière, du moins sous ce dernier rapport. Mais quelle différence ! Ce qui était, en quelque sorte, excusable chez le jeune homme, à cause de son inexpérience, de la violence de ses passions et de la ressemblance des. âges, devient chez le vieillard le résultat de l'immoralité la plus profonde et le comble de la dépravation \
Si d'un côté, pour ce qui concerne les sexes, la femme est plus précoce que l'homme, de l'autre, sa vie plus retirée, sa faiblesse, ses habitudes plus réservées doivent
^ Sur l'homme, etc., ou Essai de phi/sique sociale, t. II, p. 235, Paris, 1835;— et, dans la 2" édit, dumàme ouvrage, t. II, p. 352, Bruxelles, 1869.
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concourir à la- faire entrer plus tard dans la carrière du crime. En consultant l'expérience, nous allons voir que cette question se trouve résolue de manière à ne laisser aucun doute, bien que l'époque critique où se présente le maximum du penchant au crime ne diffère guère de plus d'un an pour les deux sexes. Un fait doit nous frapper d'abord, c'est que nous trouvons, encore ici, la même régularité dans la marche annuelle des nombres.
Pour qu'on puisse établir un jugement d'une manière plus facile, nous avons comparé, pour les hommes, ainsi que pour les femmes, le nombre des accusés de chaque âge à la fraction correspondante de la population ; les résultats sont écrits dans les deuxième et troisième colonnes du tableau qui suit.
La quatrième colonne donne le rapport des nombres calculés dans les deux colonnes précédentes. On y remarquera que le penchant au crime est, en général, quatre à cinq fois plus développé chez l'homme que chez la femme. On conçoit ensuite qu'il existe des crimes plus communs chez un sexe que chez l'autre. Ce n'est pas ici le lieu de nous livrer à ce genre de recherches, dont je me suis, du reste, déjà occupé dans un autre ouvrage ; il suffira de remarquer que, pour la gravité des crimes, l'un des sexes ne le cède point à l'autre. Pour ce qui concerne la fréquence des crimes, l'homme surpasse la femme, surtout vers les deux extrémités de la vie. On trouve aussi un maximum vers l'âge de 30 à 35 ans ; il y a même une légère différence qui s'observe pendant toute la période de la plus grande fécondité de la femme.
Le point sur lequel il existe le moins de dissemblance entre les deux sexes, c'est l'âge. L'homme et la femme marchent, en effet, à peu près parallèlement pendant tout le cours de la vie, si l'on a égard au développement de
leur penchant au crime ; c'est ce que rendent sensible les deux dernières colonnes du tableau suivant, qui ne font que reproduire les valeurs contenues dans les colonnes 2 et 3, en les réduisant proportionnellement de manière que leur somme soit, de part et d'autre, égale à 100.
AGES
DEGRÉS du penchant au crime chez les
RAPPORT deux sexes.
DEfiRKS PI10PÛKT1(W\ELS du penchant au crime chez les
hommes.
femmes.
hommes.
femmes.
16 ans et au-dessous.
16 à 21 ans. . . .
80 et au-dessus . .
Totaux. . .
Nous avons déjà vu que le penchant au crime se déclare, en général, avec le plus d'intensité, vers l'âge de 24 ans. Chez les hommes, cette époque critique arrive un peu plus tôt et peut être fixée entre 23 et 24 ans ; chez les femmes,
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elle s'observe de 24 à 25 ans ; la différence n'est guère que d'une année. Pour les autres époques de la vie, le penchant au crime se trouve relativement développé à peu près exactement avec les mêmes, degrés d'énergie, et la loi de développement pour un sexe sert, en quelque sorte, de confirmation à la loi observée chez l'autre.
Nous allons rapprocher maintenant des tableaux de la criminalité, en France, pendant les années 1827 à 1844, les tableaux des crimes observés dans le même pays pendant les dix années de 1851 à 1860, en nous bornant à ne porter nos jugements que sur les principaux nombres qui y ont été réunis ' .
« Parmi les crimes contre les personnes, si l'on écarte ceux d'infanticide et d'avortement, auxquels les hommes ne participent que dans une mesure très-restreinte, les accusations dans lesquelles les femmes ont figuré pour la part proportionnelle la plus élevée, ont été, de 1851 à 1860, comme précédemment, celles qui avaient pour objet des crimes domestiques, ceux d'empoisonnement, où l'on compte, en moyenne, 53 femmes sur 100 accusés; et ceux de parricide, 28 sur 100.
« Il n'y a que 5 femmes sur 100 accusés de meurtre; 6 sur 100 accusés de coups et blessures graves ; 9 sur 100 accusés de coups et blessures suivis de mort sans intention de la donner. Si l'on relève 14 femmes sur 100 accusés d'assassinat, c'est que plusieurs de ces crimes sont commis dans l'intérieur de' la famille, et qu'alors les femmes s'y associent comme complices, quand elles n'en sont pas les auteurs.
« Parmi les crimes contre les propriétés, ceux auxquels les femmes ont eu, de 1851 à 1860, la part proportionnelle
^ D'après V Annuaire de l'économie politique de France pour 1863, par MM. Block et Guillaumin, 1863, pp. 114 à 116, 1 vol. in-18.
la plus élevée sont : l'extorsion de titres ou signatures, 39 femmes sur 100 accusés ; les vols domestiques, 35 sur 100 ; l'incendie, 27 sur 100. Sur 100 accusés de vols autres que les vols domestiques, le nombre proportionnel des femmes a été de 11 sur 100 ; et seulement de 9 sur 100 accusés de faux.
Nombrti p'oportionnel accusés sur 1,000, rangés par âge.
AGES