DE CRIMES
i la pndeur et
tIoI sur des enfants.
HOMMES
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contrs les propriétés.
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16 à 21 ans.
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Plus de 70 ans.
Totaux . .
1,000 jj
1 On remarquera que les nombres placés horizontalement sur cette ligne, ne concernent que les individus des quatre années de 21 à 25 ans.
SON AVENIR
« Les 62,435 accusés, jugés contradictoirement de 1851 à 1860, sont distribués, eu égard à l'âge, dans la deuxième colonne ci-dessus, et les colonnes suivantes indiquent leur nombre proportionnel pour chaque catégorie d'âge, en distinguant la nature des crimes commis. Une dernière colonne présente la division proportionnelle par âge, à l'exclusion des enfants de moins de dix ans révolus, qui ne sont presque jamais poursuivis. Cette division est presque identique pour les hommes et pour les femmes.
« La faiblesse du nombre des accusés de moins de 16 ans, relevé dans ce tableau, tient à ce que les accusés de cet âge sont le plus habituellement traduits devant les tribunaux correctionnels, conformément à l'art. 68 du code pénal ; et si l'on ajoutait aux 646 accusés de cet âge, jugés par les cours d'assises, les 3,964 qui, pendant le même laps de temps, ont comparu en police correctionnelle, la plupart pour vols qualifiés, attentats à la pudeur et incendies de récoltes, on aurait un total de 4,610 enfants de moins de 16 ans poursuivis et jugés pour des crimes, ce qui ferait 74 sur 1,000 du nombre total, au lieu de 10. »
Les documents de statistique criminelle, publiés par la Belgique, confirment de la manière la plus frappante, comme je l'ai fait remarquer dans mes différents ouvrages statistiques, ceux donnés par la France. La législation était d'abord à peu près identiquement la même : elle a changé assez sensiblement depuis ; et l'on peut voir les effets de ces changements dans les résultats comparés ^ Mais les variations sont surtout sensibles dans les tableaux de la statistique criminelle publiés par le grand duché de Bade, par l'Angleterre et par plusieurs autres
» Physique sociale, t. II, pages 359 et suivantes.
pays. On voit que la différence des nombres observés tient bien moins à la moralité de l'homme qu'à la différence de rigueur des codes de justice. Cette dissimilitude dans la rédaction des lois et des traités de statistique criminelle produit les désaccords les plus grands, et rend les rapprochements à peu près impossibles.
Il n'existe sans doute aucun budget qui mérite plus l'attention des hommes que celui des crimes et des échafauds, nous l'avons répété souvent; et les savants qui s'occupent, dar'^s les différents pays, de ces sortes de recberches ont unai?^^®^^^^ reconnu la vérité du fait. J'ai cru pouvoir l'avancer, ."-t je l'ai reproduit, sans doute avec répugnance, mais avec p'^^eine conviction. Si la partie saine d'un État ne remédie pa^-^ aux côtés défectueux de sa constitution, on doit nécessaire jnent obtenir les mêmes résultats ; de sorte que les juges les plus intégres r.^^mènent les mêmes crimes, les mêmes méfaits, en ne sachani^ pas maîtriser ceux qui les commettent. On ne songe pas à fermer les gouffres où l'on voit annuellement succomber tant de victimes : on ne peut que faire le relevé du nombre des malheureux qui y tombent, et qui s'y perdent avec les victimes qu'ils entraînent dans leur chute.
Le résultat que nous avons donné précédemment est celui que fournit l'expérience. Il s'est reproduit d'année en année, disons-nous, depuis 1826 jusqu'à la fin de 184-1 ' ^® l^udget criminel, et ceux des années suivantes, présentent uii? régularité plus grande qu'aucun autre budget Pendant cei intervalle de temps a éclaté une révolution politique qui a changé, en France, le chef de
VFtit et iusqu'à uf gouverne- Ihtat, et jusqu a un . ^ ^^^^^^^ néanmoins si peu,
ment : cette réforme capitale se . .^^^^.^^^
par les tableaux criminels qua recueiUis ... . ^ l'on ne pourrait s'en apercevoir par les données sta.S-
SON AVENIR
tiques relevées pendant ce long intervalle de temps.
On voudrait pouvoir douter de l'exactitude de pareils chilïres : cependant il faut convenir que si l'ensemble des hommes préposés à réunir de tels documents s'entendaient pour tromper la justice, jamais ils ne pourraient le faire, et surtout pendant un temps aussi long, sans trahir évidemment leur fraude.
Peut-on se refuser ici à admettre, pour le moral, ce que plus haut nous avons reconnu pour le physique ; on voit que l'homme, même sans y penser, suit instinctivement des lois qui lui sont prescrites et qu'il exécute, sans s'en douter, avec la régularité la plus exacte. Ce n'est pas sans raison que nous nous arrêtons à considérer des séries de phénomènes qui se succèdent d'une manière aussi régulière et aussi peu comprise ; elles soulèvent une des questions les plus intéressantes qu'on puisse soumettre aux recherches philosophiques des amis de la science ' .
En examinant, depuis, les documents de la justice criminelle groupés par séries de cinq années, comme nous l'avons fait dans le table£|,u précédent, et en réduisant à 100 ce même nombre, nous trouvons, dans le passage d'une année à l'autre, des résultats à peu près identiques pour chacune des séries. Cette identité reste à peu près la même, comme le montre notre travail Sur la statistique morale et les 2yri7icipes qui doivent en former la base ^.
La ligne qui figure le nombre proportionnel des crimes (V. plus haut, page 404) marque, par la hauteur de ses
1 Tout montre, comme nous le disions dans une note précédente, que les tribunaux ont modilié, en quelque sorte, leurs listes d'accusés qui ont passé des tribunaux criminels aux tribunaux civils ou de simple justice, ou bien réciproquement. Il pourrait se faire aussi que l'activité de la justice eût subi des changements sensibles.
2 Mém. de VAcad. royale de Belgique, tome XXI ; année 1848.
ordonnées, le nombre des criminels qui ont paru devant les cours d'assises. Cette ligne est très-régulière; on peut dire même qu'elle donne une idée plus exacte du nombre des criminels, que la série des nombres qu'elle représente. Remarquons toutefois qu'elle ne peut avoir d'autres prétentions que d'indiquer ce qui a été recueilli par l'expérience exacte de chaque année. Jusqu'ici la courbe figure donc identiquement, d'année en année, la marche et le nombre des crimes ; c'est un résultat que l'homme d'État doit accepter, en admettant l'ordre actuel des choses, pour le nombre des crimes réellement commis et connus. De cette ligne fournie par l'expérience, rapprochons celle que nous donne la théorie : mettons à côté des résultats de l'observation, ceux que peut indiquer le calcul. La formule du binôme nous servira encore dans nos recherches ; peut-être la verrons-nous ici montrer avec la même évidence le développement des qualités morales de l'homme ; et c'est pour indiquer ce développement, que j'ai cru devoir lui donner une attention particulière.
Il peut cependant se présenter des difficultés assez grandes, si les résultats des observations étaient, par exemple, insuffisants : la cause première pourrait provenir de ce que les observations ne seraient pas complètes. Devant les tribunaux , on ne connaît pas tous les crimes commis : on ne peut juger que les crimes dénoncés, et encore pour autant qu'on en connaît les auteurs. Comment juger ensuite les enfants? Est-on dans le cas d'apprécier leurs méfaits, qui, d'ailleurs, sont généralement portés devant les tribunaux correctionnels ou de simple police.
Les nombres que nous donnons sont ceux que fournit la formule même, posée en premier lieu : et nous croyons
SON AVENIR. 409
qu'ils doivent s'éloigner peu de ceux que donnerait l'expérience, s'il était possible de les obtenir de cette manière pour les âges supérieurs à 16 et jusqu'à 30 ans ; les nombres calculés et observés sont, je le répète, à peu près identiquement les mêmes.
La série des crimes continue ensuite, et l'on est porté à croire qu'au nombre des criminels que renfermait la société, il s'en joint d'autres successivement qui, si l'on suit les listes des tribunaux, n'auraient point été primitivement coupables, mais qui se sont joints à eux, pendant l'activité de l'âge et au moment de toute la violence des passions, pour laisser, après 40 ans, à la nature le soin de suivre son œuvre primitive.
Supposons en effet deux populations, l'une immorale et suivant absolument, comme le feraient les animaux, les instincts de la nature, sans se laisser guider par le bon sens ni par les lumières ; et l'autre au contraire une population éclairée, ne connaissant ni le vice, ni de faux principes. La première, dan^ son existence brute, aura une carrière courte en courant au devant des dangers ; l'autre, au contraire, tâchera de la rendre la plus longue possible. Ces deux carrières, bien différentes, pourront présenter des excès opposés : l'une aura la vie la plus courte, et l'autre la plus longue. Cette probabilité de longueur de la vie est donc inhérente à l'homme, et il faudrait en chercher la valeur dans un calcul qui n'a jamais été fait, — et qu'on ne pourra jamais faire, ajouteront quelques pessimistes. Nous croyons au contraire qu'on peut y parvenir, en déduisant de l'observation même les quantités qu'on veut connaître, du moins approximativement, car il ne peut point ici être question de calculs ayant une rigueur mathématique.
De sorte que l'avant-dernière colonne du tableau pré-
cèdent énonce ce qui est plus particulièrement le fait de la nature et de la mauvaise organisation des hommes et des milieux dans lesquels ils sont nés ; et la dernière colonne indique une classe d'hommes d'une moralité qui leur permet d'atteindre un siècle entier d'existence. Si l'on pouvait faire des conjectures dans un sujet encore si neuf et si difficile, je dirai que, jusqu'à 30 ou 40 ans, les criminels qui se présentent sont bien véritablement ceux dont le cœur était déjà gâté depuis la jeunesse, quoique des crimes involontaires et non prémédités pussent déjà les affecter aussi: mais le nombre de ces derniers se formera plus spécialement après l'âge de 30 ans. ■ '
Les personnes qui suivent ces études en sentiront toutes les difficultés, que je n'ai certes point l'idée de chercher à surmonter; mais je serais heureux si j'avais laissé entrevoir l'utilité et la grandeur de recherches pareilles, qui ont toujours été rejetées avec tant de dédains pour des motifs plus ou moins spécieux.
Il se présente ici une sciçnce tout à fait nouvelle : je m'estime heureux d'être un des premiers à la saluer, et de pouvoir applaudir aux succès des savants qui voudront l'approfondir. Il ne faut pas se faire illusion, toutefois : on aborde difficilement d'aussi vastes travaux, sans entrevoir la certitude d'obtenir des résultats qui puissent leur servir de compensation.
RÉSUMÉ
Avant d'entrer dans la carrière des sciences,, mes regards s'étaient portés vers les travaux des beauxarts, qui toujours m'ont occupé d'nne manière spéciale et ont fait le charme de mes loisirs. Si cependant je n'ai pu continuer à les cultiver avec toute l'assiduittl nécessaire, j'ai voulu du moins étudier avec soin leur théorie, qui a formé les plus grands artistes de la Renaissance et excité le zèle des hommes distingués qui ont fleuri aux différentes époques.
Ce travail que j'ai continué silencieusement pendant plus d'un demi siècle, et qui m'a mis en relation avec plusieurs des artistes et des savants qui s'en sont occupés avec le plus de succès, m'a permis de réunir des matériaux dont je suis heureux de pouvoir faire usage.
Dans le premier livre de cet ouvrage, j'ai essayé de tracer largement les principes les plus importants de l'Anthropométrie, et de poser quelques lois qui doivent dominer dans cette partie essentielle. Qu'il me soit permis cependant d'exprimer, à cet égard, combien j'ai été étonné de voir une aussi belle théorie traitée parfois avec peu de soins par les artistes les plus illustres : il semblait que leur art favori leur fit absolument défaut, et que l'objet de leurs études les plus essentielles fût sans charmes pour leurs ouvrages.
412 ANTPIROPOMÉTRIE.
J'ai essayé de donner, dans le second livre de mon écrit, un aperçu des principaux travaux sur les proportions de l'homme, en consultant les différents temps et les différents peuples. J'ai été étonné, je l'avoue, du peu de documents originaux que j'ai trouvés. D'après les ouvrages même auxquels on les doit, les auteurs employaient à peine quelques modèles pour fixer la grandeur et la beauté de conformation des membres ; et, le plus souvent, les proportions de l'enfant manquaient totalement à ces recherches. On voit seulement d'après les œuvres des Grecs, toujours restés maîtres dans ces matures, les précautions infinies qu'ils prenaient pour arriver à leurs fins et pour unir l'élégance des proportions à l'exactitude des formes : pénétrés de la connaissance des grandeurs, ils ne consultaient guère la stature de l'homme que pour l'assemblage et la convenance des parties. Phidias, dit-on, pour arriver à l'élégance, employait une vingtaine de modèles ; il empruntait à chacun d'eux les parties les plus belles, et ses connaissances des formes humaines lui permettaient de les agencer avec toute la force et la noblesse nécessaires.
Mais, au milieu des travaux des maîtres les plus habiles qu'aient formés les temps anciens et le moyen-âge, on n'a point essayé jusqu'à nos jours d'employer, pour les beaux- arts, une des théories qui semble le mieux répondre à leurs besoins : je veux parler de la théorie des proportions moyennes, qui était inconnue aux anciens et qui n'a guère été cultivée par les modernes : nous lui avons consacré les dernières parties de cet ouvrage.
L'homme, .disons-nous, n'est point isolé : c'est une fraction du vaste ensemble, un élément de la race à laquelle il appartient. Cette race elle-même a, comme lui, ses principes d'existence ; elle vit, elle croît, elle se déve-
RÉSUME
loppe, selon les lois les plus remarquables : l'homme, à chaque âge , forme un tout des plus parfaits et peut se groupér sous quelque ordre que ce soit.
Un peuple ne doit donc point être considéré comme un assemblage d'hommes n'ayant aucuns rapports entre eux : il forme un ensemble, un corps des plus par faits , composé d'éléments qui jouissent des propriétés les plus délies et les plus admirablement coordonnées. C'est cette unité, c'est ce bel ensemble que j'ai tâché de rappeler dans le troisième livre. Cet ordre, dira-t-on, s'il existe, peut se relâcher un jour; un peuple a une existence qui doit se renouveler ou s'éteindre : l'ancienne Rome et la Rome catholique n'ont rien qui s'identifie ; ce sont deux corps puissants qui ont succédé l'un à l'autre, et la ville éternelle est à la veille sans doute de prendre encore une existence nouvelle. La vie d'un État est comme la vie d'un simple particulier : elle a sa jeunesse, son âge mûr ; elle atteint le développement de sa puissance, de sa richesse, en même temps que se produit le complet épanouissement des arts, des sciences, des lettres, qui est assez généralement l'indice de sa prochaine réforme ^
Qu'on prenne les hommes d'un même âge, — j'entends ceux qui sont nés dans la même année, — qui ont trente ans par exemple ; qu'on les mesure pour la hauteur, pour le poids, pour la force, ou pour toute autre qualité physique quelconque, même pour une qualité intellectuelle ou morale, et l'on verra ces hommes se ranger, à leur insu et d'après la grandeur des mesures, de la manière la plus régulière. Dans quelque ordre qu'on les prenne, ils se classent numériquement pour chaque âge, comme
1 J'ai essayé de développer cette pensée dans un écrit particulier : elle m'a souvent et vivement frappé au milieu de mes recherches sur la force des Etats et sur la régénération des peuples.
les ordonnées d'une même courbe. Cette loi est uniforme, et la courbe que je nomme Mnomiale reste la même ; elle est parfaitement régulière, quelle que soit l'épreuve à laquelle on veuille soumettre la nature humaine. En procédant d'une année à l'autre, on passe ainsi d'une courbe binomiale de tous les individus d'un même âge, à une autre courbe semblable pour l'âge qui doit suivre : c'est ce qu'on a toujours perdu de vue, et peut-être était-il difficile d'en obtenir la pleine conviction.
Cette remarque est d'une haute importance: elle donne, en quelque sorte, la solution du problème le plus intéressant de la théorie de l'homme. Elle nous apprend en effet que celui-ci est unique dans son espèce ; et qu'autour d'une constante, ses variations ont lieu selon la loi qui accuse cette unité , et qui est une des lois les plus remarquables, je ne dirai pas pour l'homme, mais pour la nature en général. Quand l'unité se manifeste dans une espèce, et que des écarts se montrent autour d'elle, les mesures diverses sont assujéties à une même loi mathématique, qui se trouve fidèlement représentée par des valeurs dont le tout forme un vaste ensemble, autour duquel les valeurs individuelles plus ou moins grandes se rassemblent. Cette loi remarquable a été entrevue , comme je l'ai dit, par quelques philosophes des plus éclairés, mais sans qu'ils fussent frappés par l'élégance et la généralité qu'elle comporte.
Chaque ligne Nnomiale ^ a trois points qui doivent être considérés séparément : ce sont les deux points extrêmes par lesquels elle va toucher l'axe des abscisses, puis le point 7naœimum intermédiaire, le plus élevé au-
1 La ligne binomiale est bien connue des géomètres, par les propriétés qui lui ont été trouvées, mais sous d'auti'es rapports, par Pascal, Newton et plusieurs autres grands mathématiciens qui ont suivi la Renaissance.
RÉSUMÉ. 415
dessus de ce même axe. Ce point maximum, daus l'ordre de croissance, fait connaître, par sa hauteur, le nombre d'hommes de taille moyenne; les deux points extrêmes représentent, l'un les nains, et l'autre les géants.
Dans le véritable état de la science, il ne suffit donc plus de donner la taille moyenne de l'homme d'un pays, pour connaître ce qui concerne sa grandeur : il faut donner encore la taille extrême ou maximum ou minimum ; il faudra de plus la surface de la courbe et son centre de gravité. Ces éléments, jusque dans ces derniers temps, ont été constamment négligés dans les recherches relatives à l'anthropométrie ^
Le quatrième livre traite spécialement des parties les plus intéressantes de la théorie de l'homme, en faisant usage du langage mathématique. La courbe binomiale exige un soin particulier : elle présente par la longueur de ses ordonnées, d'un côté tous les individus plus petits que la moyenne, et de l'autre côté ceux qui sont plus grands. Tous ces individus ont le même âge, et une surface se produit par cette courbe qui passe parallèlement d'un âge au suivant. Ce passage établit entre les lignes binomiales et les lignes qui l'avoisinent une continuité remarquable, dont on n'a jamais étudié l'ensemble ni examiné la forme première, du moins ence qui concerne la théorie de l'homme.
1 Je parle de l'époque antérieure à 1835, où je crois avoir énoncé, le premier, la nécessité d'examiner à fond les différentes parties du problème, envisagé sous ce point de vue :
P En considérant le cas le plus simple, celui relatif à la croissance de l'homme : la courbe binomiale est parfaitement symétrique^ 2° dans les autres cas, pour le poids, la force, la vitesse, etc., la même équation de la courbe est encore très-simple, mais n'a plus sa parfaite symétrie.
Un plan perpendiculaire aux plans successifs des lignes binomiales, en les partageant toutes symétriquement contiendrait donc, comme ordonnées, tous les grands axes des lignes et présenterait un second système des plus remarquables. Nous le nommerons plan des tailles moyennes.
Le même livre renferme des séries de recherches que j'ai faites successivement sur la taille, sur la force et sur le poids de l'homme et de la femme aux différents âges : ces résultats m'ont servi à vérifier ceux que j'avais obtenus déjà dans ma Physique sociale, publiée en 1835.
Dans la cinquième et dernière section de cet ouvrage, j'ai essayé de faire voir que les mêmes formules, qui m'ont servi à déterminer la partie physique chez l'homme, peuvent servir également à déterminer ses qualités intellectuelles et morales, malgré la difficulté qu'on rencontre, ici, à faire l'application des nombres.
Il y a plus, les hommes ne sont pas seuls liés entre eux par des lois communes : il en est de même des animaux, il en est de même des végétaux. Tout être qui vit est soumis à des lois appropriées à son espèce; et ces lois ont plus de principes communs qu'on ne le suppose. Si l'attention se fixe sur elles, et dans l'état de progrès où se trouve l'intelligence humaine, le moment n'est pas éloigné où l'on concevra mieux les rapports qui existent entre les différents corps vivants de la nature. On les étudiera plus intimement : on ne se bornera plus à reconnaître les principales phases qui les représentent et qui jusqu'ici avaient échappé à l'attention des observateurs. On voudra en connaître le mode d'action, les forces qui les développent, et spécialement les grandes lois qui, à son insu, concernent l'homme et règlent son développement ph}^sique, en même temps que son développement moral et intellectuel .