‹ Antidote. Réponse à une compilation anonyme intitulée: Le monde phalanstérienChapitre 4 sur 4 · Le typhus, qui tient rang de peste européenne · texte numérisé non relu

Le typhus, qui tient rang de peste européenne

4. Le cholera-morbus, ou peste indienne , qui fait des progrès et gagnera bientôt la Turquie et l’Afrique.

( Traité de 1822 , i , p, siv. )

On a vaguement posé en principe que les hommes sont faits pour la société on n’a pas observé que la société peut être de deux ordres, le morcelé et le combiné , l’état insociétaire et l’état sociétaire. La différence de l’un a l’autre est celle de la vérité a la fausseté, celle de la richesse a la pauvreté, celle de la lumière a l'obscurité, celle de la planète à la comète , celle du papillon a la

chenille. ( Traité de l’Associat ., i , p. xxyii , 1822. )

Je ne prétends pas dire que mes vues soient immenses parce qu’elles s’étendent la ou les vôtres n’ont point atteint ; j’ai fait ce que mille autres pouvaient avant moi, mais j’ai marché au but seul, sans moyens acquis et sans chemins frayés. Moi seul j’aurai confondu vingt siècles d’imbécillité politique , et c’est à moi seul que les générations présentes et futures devront l’initiative de leur immense bonheur. Avant moi , l’Humanité a perdu plusieurs mille ans a lutter follement contre la nature ; moi , le premier, j’ai fléchi devant elle en étudiant l’attraction , organe de ses décrets : elle a daigné sourire au seul mortel qui l’eût encensée , elle m’a livré tous ses trésors. Possesseur du livre des Destins , je viens dissiper les ténèbres politiques et morales , et sur les ruines des sciences incertaines j’élève la Théorie de l’Harmonie universelle.

Exegi monumentum ære perennius.

( Th. des l\ Mouv,, 1808. )

À qui ferez-vous croire, Monsieur, que ces phrases ont été écrites, ces pensées conçues, par un homme auquel on puisse parler avec le ton que vous essayez de prendre? Mais déjà les publicistes les plus remarquables de l’époque , les journaux de tous les partis ont salué Fourier des titres de grand et d’illustre , de génie parmi les génies, quoiqu’ils soient loin encore d’avoir compris la valeur de cet homme, d’avoir senti que l’humanité lui devra son salut! Et vous, M. Crestin, vous prétendez renverser Fourier par un croc en jambe, vous voulez le terrasser par une croquignole! En vérité, en vérité, vous n’avez su mesurer ni sa taille, ni la vôtre! Ou bien pour la comparaison , vous avez pris alternativement des verres grossissant et rapetissant singulièrement les objets.

Pardon, Monsieur, si nous n’avons pas respecté le voile de l’anonyme derrière lequel vous vous étiez caché! C’est que nous trouvons bien que chacun réponde de ses actes; c’est qu’il ne nous plaît pas qu’un imprimé se glisse frauduleusement dans le monde; c'est que nous aimons à voir nos adversaires en face et à visage découvert.

D'ailleurs il vous sera facile de nous rendre la pareille en devinant le nom caché sous la signature ci-dessous , surtout si , pour aider au

travail de votre intelligence , nous vous disons que H représente probablement un prénom comme Hippolyte, et que R peut bien être l'initiale d'un nom de famille, tel que Renaud.

P. S. Je ne puis résister au désir de citer encore Fourier , pour donner une des applications qu’il a faite de la grande loi de I’analogie universelle.

Si rien ne marche au hasard, tout phénomène, tout mouvement (la distribution des formes, des odeurs, des saveurs, des couleurs, des instincts aux animaux et végétaux, par exemple), doivent être le résultat mathématique de lois précises et immuables.

Si, comme on l’a souvent avancé, instinctivement et presque sans y croire, il y a unité dans le système de la nature, toutes ces lois doivent être en rapport les unes avec les autres, et un mouvement quelconque, le mouvement passionnel ou social , par exemple , doit être emblème , reflet , analogie de tous les mouvements. Tel est le principe dont voici une déduction assez heureuse.

« J’explique ici l'analogie dn perroquet, emblème des faux-savants, des gens habiles à manier la parole, et en abuser en discours et en écrits. Tout est magnifique dans leur plumage littéraire. On n’y trouve que perfectibilités perfectibles, vertus civiques, amour du commerce, balance, contre-poids, garantie, équilibre et bonheur suprême assuré au peuple si l’on veut mettre les philosophes à la tète du gouvernement. La nature a dû donner un superbe plumage à l’oiseau emblématique de ces hâbleurs ; il étonne , comme nos sophistes , par son habileté à manier la parole ; mais c’est l’oiseau le plus perfide par ses morsures.

» Comme il n’y a qu’astuce et pièges dans leurs discours , la nature en dépeint la fausseté dans certains perroquets, par la double couleur du bec montrant une mandibule blanche, symbole de la pureté qu’affectent ces beaux parleurs. Le bec présente un énorme crochet, image de la rapacité de tous ces êtres à parole fleurie, démagogues, gens de loi, sophistes, etc., gens qui par le verbiage s’accrochent à tout, comme le perroquet par son bec.

» Leur éloquence ne tend qu’à la rapine ; elle ne couvre que pièges et noirceurs , figurées par la langue noire du perroquet. Il est inutile et immangeable, en symbole de l’inutilité de leur bel esprit. Il est bateleur comme eux, habile à faire cent minauderies et se retourner en tout sens; image des caméléons littéraires, il harasse, il étourdit par son cri aigre et perçant , son bavardage perpétuel ; comme ces sophistes qui étourdissent le siècle de leur phébus de perfectibilité , et harassent l’administration sur ce quelle ne veut pas élever le peuple au vrai bonheur, en donnant de bonnes places aux philosophes. »

( Sommaire de la Théorie, 1446.)

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