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ORIGINE DU LANGAGE. — GÉNÉRALITÉS

tions extérieurement manifestées par une émission sonore plus ou moins complexe et variée selon le degré de perfection de l'appareil ;

Et, dans Tun ni Tautre cas, la question n'est nullement linguistique, mais anatomique dans le premier, physiologique dans le second ; et, dans Tun et l'autre, elle remonte, quant aux origines, bien par delà l'homme primitif et Tanthropopithèque, jusqu'au premier animal dans lequel s'est développé un larynx rudimentaire ou tout autre appareil susceptible d'engendrer quelque émission sonore au passage d'un courant d'air * .

Ce que les naturalistes nous pourront enseigner à ce sujet, je l'ignore ; mais il est clair que la linguistique n'a rien à y apporter, ni même, quant à ses données positives, rien d'immédiatement utile à en tirer.

Poursuivons. Pour l'anatomiste et le physiologiste, il n'y a évidemment entre le langage des animaux et la parole humaine qu'une simple différence quantitative, celle-ci possédant un registre beaucoup plus étendu, un timbre et des articulations infiniment plus variés. Mais le problème du langage, réduit à ces termes, serait trop aisé, puisque, l'existence d'un animal à larynx étant une fois supposée, il suffirait de constater que la sélection a dû peu à peu perfectionner l'appareil jusqu'à en faire l'instrument de musique et de précision dont l'homme est doué. Il n'échappera à personne que, prise à un autre point de vue, la différence entre les deux facultés comparées est également et surtout qualitative, en ce que le cri animal n'est que l'expression momentanée d'une émotion aussi passagère que lui, la parole humaine, au contraire, un signe d'idées, bien mieux encore, un ensemble complet de signes permanents -. et l'unique moyen par lequel l'homme a pu s'élever à la conception d'idées abstraites et générales. Ici, le problème du langage revêt un nouvel aspect : il ne s'agit plus de la faculté de parler, ni de l'exercice de cette faculté, mais de sa fonction mentale et sociale, et l'on se demande : comment cette fonction a-t-elle pris naissance? comment s'est établie, entre les idées et leurs signes sonores, cette mystérieuse

1 . C'est à dessein qu'on a négligé ici les strideurs des élytres du grillon et similaires, ou le langage de gestes et d'attouchements des fourmis, qui ne ressemblent aux autres langages animaux et à celui de l'homme que par le résultat, mais en diffèrent profondément quant au mécanisme.

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