‹ Antimonies linguistiquesChapitre 30 sur 41 · Rev. de Ling., XXIV, p · texte numérisé non relu

Rev. de Ling., XXIV, p

3. Cette dernière et fort juste réflexion montre que, dans la pensée de M. Deville aussi, le langage de l'enfant ne diffère de celui de l'adulte que par la forme extérieure, et non par l'adaptation à la pensée.

LANGAGE ET PENSÉE. PLUS DE MOTS QUE d' IDÉES ? 53

Suzon, elle ne répond pas et n'a pas l'air de comprendre si on l'appelle iaia ou iaio *. » — « J'ai connu une petite fille qui disait tosson indistinctement pour « garçon » et pour « cochon » ; du moins personne n'y entendait de différence ; ce qui ne l'em-. péchait pas de protester, si l'on disait d'im petit garçon « c'est un petit cochon », ou réciproquement ^. »

De l'ensemble de cette discussion il me semble résulter à l'évidence que la formule « moins de mots que d'idées » est, pour la généralité des cas observables dans le parler enfantin, ou erronée, ou du moins singulièrement exagérée. Il faut, ou l'atténuer à tel point qu'elle se volatilise, ou bien la traduire en langage correct parla formule « moins de mots que de représentations », laquelle sans doute est irréprochable, mais — faut-il le démontrer 3? — ne place pas l'enfant dans une situation différente de celle de l'homme' fait par rapport à l'équation psychique de la parole et de la pensée. Et la question est de savoir, au contraire, s'il ne conviendrait pas d'y substituer ou d'y superposer, si paradoxale qu'elle puisse paraître, la formule précisément inverse « plus de mots que d'idées ». C'est ce que nous allons examiner.

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