CHAPITRE II
ARCHITECTURE
§ 1. — Le Temple.
A la quatrième année de son règne, en 1004, Salomon choisit pour élever un temple à lahvé le mont Moria, car il s'y trouvait une pierre que le déluge n'avait pas mouillée Eben Schatigah (on la plaça plus tard dans le Saint des Saints). Ce mont était séparé par un ravin de Zion où s'élevait Jérusalem et son plateau servait d'aire à un Iebousite.
Pour donner au plateau l'étendue plane nécessaire, il a fallu des remblais et des soutènements très considérables. Le Haram actuel a 462 et 491 de l'est à l'ouest et 2281 et 3io du nord au sud.
L'agrandissement du plateau, que fît Hérode
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pour le temple qu'il voulait plus beau que ceux de Salomon et de Zorobabel, a été le dernier changement.
Les pierres tirées des cavernes royales au nord de Jérusalem, d'un calcaire crayeux qui durcit à lair, sont plus grosses à la base et aux angles, elles sont bien jointes, sans mortier.
Il faut lire les Recovery du capitaine Warren qui a conduit les sondages autour du Haram, pour estimer la difficulté des fouilles et du sondage.
David avait acheté Taire du jebuséen où par trois fois le temple d'Israël devait être reconstruit et aboli si complètement, que vraiment et sans figure, rien n'en reste que la place et des cryptes.
Le judaïsme nous a laissé ses catacombes. Elles furent creusées au temps de la puissance et de la prospérité et font partie d'une colossale entreprise d'aqueducs, de réservoirs et de couloirs.
Comme les thermes de Caracalla donnent seuls Timpression de la Rome impériale, les cryptes du Moriah témoignent, mieux que le fameux mur des lamentations, de la plus irréductible nationalité que connaisse l'histoire.
Ces galeries de 120 pas sur 12, séparées par un mur qui se résout bientôt en arcades à pi-
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liers carrés, n'ont pas été entièrement explorées. Les blocs delà voûte sont énormes et inégaux; vers le sud, il n'y a qu'une seule nef.
On donne le nom d'Écuries de Salomon à d'autres souterrains que Catherwood et Barclay ont explorés; ils y ont vu quinze rangées de piliers carrés avec la base en bossage. Ici la signature Salomonienne est plus visible encore. Les anneaux qui servaient aux chevaux des Templiers casernés à l'Aska, se voient encore.
L'importance de l'Aksa vient de ce qu'elle occupe exactement la place du temple de Salomon, puisque le Talmud le place au nord-ouest de Penceinte.
Si on en doutait, la prodigieuse crypte où on descend par dix-huit marches serait une confirmation suffisante; elle s'étend bien au-delà de l'Aksa.
Les Romains trouvèrent la piscine de Silœ encombrée de cadavres apportés par le cours des sources, et fouillèrent alors la crypte, elle apparut pleine de morts et de mourants.
On connaît le tragique épilogue de la résistance juive : l'apparition de Bargioras, en fantôme, voulant effrayer les soldats pour leur échapper. « Leur audace, dit Tacite, dépassait leur nombre et ils redoutaient davantage de vivre que de mourir. »
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L'attribution des cryptes à Justinien ou à Hérode n'est pas soutenable. Ce sont les fondateurs d'un monument qui seuls en creusent les assises et le font, pour ainsi dire, en double, sous la terre.
La description du temple se lit au ier livre des Rois (V à VIII), on la retrouve dans les chroniques et enfin dans Ezéchiel. Ce dernier donne le projet de la reconstruction. MM. Perrot et Chipiez, dans un beau travail, qui tient un tome de leur Histoire de l'art, ont restitué le monument d'après le nabi.
Selon Saulcy le plan était égyptien et se divisait en vestibule (Aoulem) (le saint), Echal le saint des saints (Debir) correspondant à Pousekht, à Thotep et à l'ouseht-ka du Nil.
Au seuil du Debir deux keroubnn (taureaux en bois d'olivier doré de dix coudées avec des ailes de cinq coudées).
Le naos renfermait la barque d'alliance, la table d'offrande et le chandelier à 7 branches.
Dans l'Ekal, il y avait dix tables et dix chandeliers, le long du mur.
L'Aoulem formait un portique avec deux colonnes de bronze de 4 coudées à la base et de 18 de haut, selon la proportion égyptienne. Un chapiteau en forme de lis avec un cordon de grenades couronnait à droite Iakin, à gauche
Boaz, éloignées Tune de l'autre de six coudées; ce sont là des obélisques et ces fameuses colonnes cle la franc-maçonnerie prétendument fondé par Adoniram, le fondeur ou ciseleur auteur de la mer d'airain qui dirigeait les travaux comme Phidias au Parthénon.
Addoniram semble un sculpteur-architecte, un maître doeuvre.
Des cours entouraient le temple, la cour intérieure fut construite sous Salomon; à l'entrée la mer d'airain, ce vaste bassin porté par douze taureaux, en groupe de trois et ces groupes orientés aux points cardinaux. Autour du réservoir d'autres bassins plus petits pour le lavement des pieds et des mains.
L'édification dura sept ans ; 1006 vit la dédicace. Les lévites transportèrent la barque d'alliance du mont Zion au Debir. Iavhé avait sa maison et n'enviait Ammon, ni Melquart, mais en 587 les Assyriens surgirent avec Nabouziriddina.
Le retour de la captivité 53y avec Zarobabel aboutit à une réédification. Le nouveau temple dédié en 5i6 avait été élevé en 4 ans, 70 ans après sa destruction : nous n'avons pas de description de ce nouvel édifice. Les chroniques donnent i54 sur 02 pour l'enceinte sacrée.
Lorsque Josèphe, dans ses antiquités judaï-
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ques, prétend que les fondations s'enfonçaient dans la terre aussi profondément qu'elles s'élevaient au-dessus, il comptait dans cette mesure les travaux de soutènement.
MM. Perrot et Chipiez en donnant la restitution du temple d'Ezéchiel décrivent un sanctuaire idéal qui n'est ni celui de Salomon, ni celui de Zorobabel, ni celui d'Hérode.
D'après Ezéchiel,les Keroubs du Debir avaient deux faees, une humaine, l'autre léonine, chacune tournée vers un palmier « et c'était sculpté sur tout le temple, tout autour ». La première vision donnait en plus, une face de taureau et une d'aigle.
Le chandelier à 7 branches nous est montré sur le triomphe de l'arc de Titus.
Le temple du mont Garizim ne fut élevé par les Samaritains qu'au temps d'Alexandre.
On a recherché les bamoth (hauts lieux, autels sur la montagne) et on en a retrouvé, mais Iahvé n'a-t-il pas dit : que mon autel ne soit pas en pierre taillée, le fer profane la pierre.
M. Clermont-Ganneau dans la Palestine inconnue prétend que les petites coupoles (Koubhes) si fréquentes dans la campagne palestinienne remplacent les anciens bamoth.
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§ 2. — Le Palais.
Celui de Salomon demanda treize années de travail à l'endroit nommé Millo; les colonnes de cèdre le firent appeler Maison du Liban. Il y eut aussi une salle de justice, lambrissée de cèdre, avec un trône d'ivoire à sept marches et sur chaque marche deux lions sculptés; il y avait aussi un paradis (parc). Ce faste ne survécut probablement pas au monarque. Il devait comprendre les trois parties classiques en Orient, sérail, harem, et khan.
§ 3. — La Tombe.
La vallée du Cedron montre des tombeaux dont Saulcy a défendu l'antiquité avec aveuglement.
Celui qui frappe le regard particulièrement et qu'on appelle tombe d'Absalon montre un ordre de pilastre dorique sur ses quatre faces : moitié taillé dans le roc, moitié construit. Il se couronne d'une partie de tour à toit rond décroissant, à la façon d'une pointe de casque.
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Le monolithe de Siloam dégagé du roc de trois côtés a une hauteur de 4 mètres. C'est un hypogée que M. Clermont-Ganneau croit antérieur à la captivité.
M. de Vogué a tiré duTalmud l'indication que les tombes juives présentaient la disposition phénicienne : c'était la chambre percée de fours à cercueil.
M. Perrot pense que rien ne signalait la tombe ancienne.