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CHAPITRE PREMIER

GÉNÉRALITÉS

| 1. — Le Pays.

Séparée de la mer par la Phénicie et entourée d'ennemis, sans frontières naturelles que le Liban et le Jourdain, la Judée ne pouvait être qu'un pays agricole.

S 2. — La Race.

Ibrim Hébreux désignaient Ammon, Moab, Ismaël, Edom, descendaient d'Abraham fils de

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Therog et natif d'Our en Kaldée ; un roi Hyksos leur permit de séjourner en Egypte, ils y vécurent en pasteurs. Moïse les emmena au désert, leur donna le décalogue au Sinaï et pendant trente-huit ans ils vécurent errants. On a cru que cette errance fut un calcul de Moïse voulant modeler ce peuple dans la solitude : on peut l'attribuer à l'état du pays tout soulevé par les expéditions de Ramsès III. De toutes les races orientales, c'est la seule qui se soit mêlée aux Occidentaux, sans se fondre avec eux. Quand on songe qu'il leur était défendu de prêter à intérêt, dans leur propre pays, on se demande si l'éclosion de leur génie financier n'a pas été retardée par les Phéniciens qui remplirent ce rôle.

Cette destinée orientale dominée par la foi religieuse ne laisse pas pressentir le terrible essor pratique, au détriment des sociétés modernes. Longtemps leur histoire fut l'histoire sainte ; et même aujourd'hui où la découverte des anciennes religions a détruit le prestige de Iaveh, notre littérature reste pleine de leurs allégories et de leurs symboles : nous apprenons encore à penser avec des métaphores juives, elles occupent dans notre éducation la place légitime des mythes de l'Inde et de la Perse qui devraient être les nôtres.

En i863, M. V. Duruy commençait son Histoire

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sainte (Hachette) par le Ier chapitre de la Genèse et à la page 6, on lit : « L'arche doucement portée par les eaux, s'arrêta sur le mont Ararat, 2482 » et page 7 ,« Noë mourut à 950 ans : à l'époque du déluge, il avait 600 ans. » Or, en l'an 2482, les deux rives du Nil à Thèbes portaient des temples magnifiques, et 200 ans plus tard, les Kaldéens enlevaient et transportaient à Ereck les statues divines que Assourbanipal devait remporter en trophée i63o ans après.

L'archéologie a ruiné le prestige religieux d'Israël.

François Lenormant, en 1868, commence son histoire de l'Orient par les Israélites, c'est-àdire par un peuple qui date du XIe avant J.-C. et cependant le même ouvrage porte la date de 5oo4 pour la dynastie thinite et celle de 2898 pour la XIVe dynastie, alors que M. Bunsen tenait pour la fondation de la monarchie en 3Ô23.

C'est sous Seti II qu'eut lieu l'exode.

Nous en avons une version égyptienne qui est peut-être la vraie.

Parmi les Sémites isolément transportés par les Ramessides et sous Ramsès II, les Bene-Israël peinaient à construire. Aménophis sur l'oracle d'un voyant qui voulait qu'on débarrassât le pays d'hommes impurs, fit jeter quatre-vingt mille hommes dans les mines de Tourah : puis il

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leur concéda la ville d'Avarits, déserte depuis le temps de Hycksos. Là, ils se constituèrent en nation, sous la conduite d'un prêtre d'Héliopolis, Osarsyph.

On a été trompé jusqu'à ces derniers temps sur l'origine et le centre véritable de l'humanité. Jérusalem ne sera plus désormais pour un homme cultivé ce qu'elle fut pour Racine. Cette ville médiocre tint la place d'un passé plus vénérable. La bibliothèque en briques gravées d'Assourbanipal a révélé les sources du judaïsme et son temple phénicien achève de lui ôter le prestige d'aucune invention. Comme de nos jours, Israël fournit tous nos théâtres, il a fourni longtemps nos églises, avec la même faculté prodigieuse de mise au point et d'adaptation.

A Pombre du Christianisme, il a conquis l'Occident, malgré la méfiance qu'il inspirait, et maintenant que la religion perd de sa force, il s'implante sur la scène et nous fournit des pièces, comme il nous a autrefois fourni des oraisons. Le don littéraire du Phénicien intellectuel est indéniable. Il n'y a qu'à comparer les tablettes de Ninive racontant le déluge avec la version biblique pour découvrir le secret du génie sémitique. Il trouve la forme expansive des traditions ; l'ancien Testament a été un ensemble de thèmes féconds pour nos arts : les types de la

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Comédie humaine n'ont jamais été présentés si synthétiquement que par cette série commencée avec Kaïn et Abel qui se continue jusqu'à la prétendue sagesse de Salomon, le magicien commandant aux djinns. Là, se borne l'œuvre israélite, œuvre d'un mérite exclusivement littéraire et psychologique.

11 n'y a pas d'art juif : le Décalogue défendait l'image taillée et la représentation de choses célestes, terrestres ou infernales. Aucune forme ne porte le nom d'Israël, mais son histoire s'appelle l'Histoire sainte et son livre, le livre par excellence, la Bible. L'importance de la religion de la littérature et de la race sont si grandes encore aujourd'hui qu'il n'est pas indifférent de rechercher les emprunts que fît Israël à ses voisins lorsqu'il voulut construire et les symboles qu'il emprunta.

Les récents travaux, pour la comparaison des textes, démontrent que l'originalité de la Bible résida plutôt dans la perfection d'une poésie incomparable que dans les idées et que seul en Israël le littérateur fut grand : c'est ce qui a conquis l'imagination occidentale, lorsque l'Evangile a paru sortir du livre sémitique comme un second tome et une réalisation du premier. Il est du plus haut intérêt de se figurer cette Jérusalem qui fut le sinistre berceau de la Rédemp-

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tion et qu'un supplice a rendue plus illustre que tous les autres lieux de l'univers.

Jusqu'à Leibniz, on crut que l'hébreu avait été la langue primitive de l'humanité ; on croit encore à la longévité des patriarches.

§3. — Les Idées.

Malgré l'expression OElohim (les Dieux), les Betyles (pierres sacrées), les Téraphim, l'originalité de l'Hébreu est dans son monothéisme, en l'honneur du Iaveh ou Jehovah, avec qui Abraham Pancêtre a fait un pacte.

Que la Genèse (Bereschit) soit un livre sacré parmi les autres livres sacrés et non le livre par excellence, cela ne lui ôte pas son importance, ni son rôle unique dans la culture occidentale. C'est le seul qui donne une version suivie des origines humaines et, jusqu'aux découvertes archéologiques, on ne l'a contredit que par des plaisanteries. Il est impossible d'ouvrir un ouvrage ou de regarder une œuvre d'art antérieure au quatorzième siècle sans y trouver ce vieux texte hébreu invoqué ou illustré ; les plus hardis contemporains s'attachent à sa réfutation. En outre, par sa juxtaposition, si illégitime qu'elle

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soit avec notre Évangile, il se trouve enseigné à tous les Aryas ; on ne saurait donc lui refuser la place qu'il a conquise : au reste les idées exprimées dans les onze premiers chapitres de la Genèse n'appartiennent pas aux Bene-Israël. Selon leur faculté d'assimilation, ils ont pris des mythes, comme ils prirent des formes, comme ils prennent aujourd'hui les places et l'argent.

Les rédacteurs du Bereschit (distingués en Elohiste et lahviste suivant le nom donné à la Divinité) et la date de la rédaction n'importent pas au caractère vraiment antique des traditions exprimées.

Conception et plan de la Création.

v î. Après la période des Archétypes, les êtres, délégués par l'Être (Elohim) modalisèrent la substance en mouvement et en matière.

v 2. La terre était une latence de mouvement dans l'omnisubstance à l'état hyperconcentré. Aucun fluide n'était encore en vibration ; les semences et les germes se trouvaient comme annulés par la compression moléculaire. Le verbe divin individualisé dans les Elohim était seul vivant sur la totale passivité négative des forces.

v 3. Or, les êtres délégués de l'Être avaient dit que le mouvement commencerait par la lumière.

v 4- Et la propriété de la lumière étant dilatante

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opéra dans la stase moléculaire un état médian entre l'être et le non-être et la pénombre fut entre la lumière et l'ombre.

v 5. Et les délégués de l'Être assignèrent à la lumière une périodicité qui fut le jour et une autre périodicité qui fut l'inverse quantitatif ou nuit. Après cette mensuration de la durée eut lieu comme mensuration de l'espace, la pose des points métriques Orient et Occident. Ainsi fut conçu le premier cycle phénoménique.

v 6. Et le verbe divin individualisé dans les Elohim ordonna une raréfaction de l'élément gazeux.

v 7. Et par cette raréfaction ils établirent l'atmosphère entre la fluidité d'en haut (ciel) et la fluidité d'en bas (eau).

v 8. Et cette pondération équilibrée de la zone gazeuse et de la zoneéthérée et cette limitation d'en haut et d'en bas fut la conception du second cycle phénoménique.

v 9. Et le verbe divin individualisé dans les Elohim opéra la centralisation de l'eau et le dessèchement de cette partie de l'espace nommée terre et cela était conçu ainsi.

v 1 o. Et les Êtres délégués de TÊtre accomplirent alors les deux catégories de la substance générale ; et alors la terre eut pour premières divisions celles de mers et de continents, selon la norme même de la création.

vu. Ensuite selon le plan des Êtres délégués de l'Être, le règne végétal devait apparaître le premier portant en lui la graine de sa reproduction avec

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toutes ses variétés d'espèces ; l'arbre devait paraître ensuite avec ses fruits contenant chacun leur élément de reproduction suivant leur espèce.

Et ils harmonisèrent toute cette série.

v 12. La terre devait donc germer et la végétation paraître portant son germe en soi suivant la variété des espèces et l'arbre devait surgir avec ses fruits portant chacun l'élément de sa reproduction ; et les Elohim harmonisèrent cette série.

v i3. Et cela devait avoir lieu pendant le temps d'une révolution solaire et ce serait le troisième cycle phénoménique.

v i4. Le verbe divin individualisé dans les Elohim ordonna ensuite les points d'attraction pondérée entre la terre et les mondes lumineux de l'éther. Car ces mondes lumineux devaient régir les intervalles de la lumière, présider aux périodicités phénoménales et même déterminer par leur influence multiple tous les accidents de l'ontologie.

v i5. Et ces mondes lumineux devaient être les foyers des influences diverses qui timbreraient de différenciation les êtres et les choses et seraient comme la manifestation physique de la vérité.

v 16. Et les Êtres délégués de l'Être organisèrent ce couple lumineux : le plus grand, principe mâle et actif du jour; le petit, principe féminin et passif de la nuit : et cela par rapport à la terre sans modifier Fipséité potentielle des autres étoiles.

v 17. Et les étoiles furent instaurées rectrices de la sensibilité comme de la vie élémentaire.

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v 18. Et le monde céleste devait être le régulateur du temps et de la vie par la périodicité exacte de ses phénomènes; et les Elohim harmonisèrent la sphère céleste dans ses relativités avec la terre.

v 19. Et cela devait avoir lieu pendant une révolution solaire et ce devait être le quatrième cycle phénoménique.

v 20. L'esprit divin individualisé dans les Elohim devait fomenter par la propriété agglutinante des eaux la première force vitale organique de la cellule et opérer en propriété volatile les germes qui devaient être charriés par F air et l'eau.

V21. Et les Elohim réunirent d'abord en appareil les cellules stagnantes de l'élément aquatique ; et de ce fait naquirent les grands sauriens, les amphibies ; les animaux terriens au vol rapide vinrent immédiatement après selon la norme sérielle.

v 22. Et les Elohim s'applaudirent de leur conception et ils dirent que toutes ces formes de la vie se propageraient, se multiplieraient et animeraient de leur présence accrue la mer, la terre et le ciel.

v 23. Et ce fut l'œuvre marquée pour une révolution solaire, cinquième cycle phénoménique.

v 24. Et les Elohim avaient encore conçu une autre série terrestre, l'animalité harmonique des quadrupèdes et des reptiles vivant à la surface du sol et cela fut arrêté ainsi.

v 25. Et les Elohim accomplirent l'animal terrestre avec ses catégories selon l'économie générale de la

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sphère adamique et ils reconnurent que cela s'harmonisait avec le reste.

v 26. Et les Elohim selon l'échelle organique suivie projetèrent leur ombre et d'après elle ils délinéèrent la forme d'Adam, celui qui devait régner sur tous les êtres organiques des mers, des airs ou de la terre et qui se trouvait être le centre des rapports et le couronnement des séries (microcosme).

v 27. Et les Elohim donnèrent à l'être adamique la forme que projetait leur ombre et ils le créèrent androgyne afin qu'il contînt analogiquement les deux courants de la force.

v 28. Et les Elohim s'applaudirent de cette série adamique. Ils devaient la pousser à engendrer, à se multiplier, à remplir la terre afin de la dominer dans tout ce qu'elle présente de vivant depuis la forme ichtyenne jusqu'à la forme ptérienne.

v 29. Et alors le verbe divin ministérialisé dans les Elohim s'écria : Voici le plan complet de la création. Le Verbe devait dire à Adam : « tout ce qui germe et croît sur la surface de la terre et tout ce qui porte en lui son élément de reproduction, tout le monde de la substance, sera ton domaine.

v 3o. Et à toute l'animalité terrestre, volatile, reptiforme ou enfin possédant le principe vital, je donne le règne végétal (instinctif) pour domaine » et cela fut arrêté ainsi.

v 3i. Et le verbe divin ministérialisé dans les Elohim envisageant le plan complet de la création

s'applaudit et cela eut lieu pendant une révolution solaire et ce fut le sixième cycle phénoménique.

Les modalités de la force et l'apogée de la série.

v 1 . Ainsi furent accomplis en puissance, avant d'être accomplis en acte, le ciel et la terre et la norme régulatrice de leur évolution,

v 2. Et l'esprit divin ministérialisé dans les Elohim termina par un septième cycle le plan phénoménique de la création et l'esp rit divin quitta ses ministres, réintégra sa séité après ce septième cycle conceptif qui terminait l'ordonnance de son œuvre.

v 3. Et les Elohim adorèrent ce septième cycle où l'esprit divin se rétractait en lui-même après avoir donné la délégation de force pour la réalisation de l'univers.

v 4- Telle est l'économie schématique de la création du ciel et de la terre, suivant le verbe de Ihoah, le Créateur, qui fit en principe le ciel et la terre devant les accomplir en acte.

v 5. Et toute l'économie de la nature fut conçue avant qu'elle existât et toute la végétation avant qu'elle germât. Car Ihoah n'avait pas donné d'abord le mouvement à la formation et Adam n'existait encore qu'à l'état de divin concept.

v 6. Mais une énergie virtuelle se dégageait des éléments et les pénétrait.

v 7. Ihoah forma l'ipséité d'Adam par la sublimation de tous les éléments naturels; il lui attribua une

essence exhalée de la vie substantielle afin qu'il fût une individualisation de la vie universelle.

v 8. Et Ihoah ensuite attribua un plan sensible et temporané selon l'antériorité universelle et il devait y placer Adam afin qu'il évoluât vers l'éternité.

v 9. Et Ihoah conçut un développement de la sphère adamique qui comprenait la croissance de toute végétation et de ce qui correspondait au phénoménisme affectif ; et il voulait aussi que le principe vital de la substance se développât dans la stase organique selon une polarisation analogue au bien et au mal.

v 10. D'abord une émanation de la vie générale vivifiait la sphère organique et organiquement se divisait en quatre principes particularisateurs de sa force.

v 11. Le nom de la première force émanée Phison était la densité et le volume, qui limitent l'extériorité des énergies souterraines qui forment l'or et les métaux.

v 12. Et le lieu de l'or et des métaux est encore le lieu des formations potentielles par l'effet de la force centrifuge.

v i3. Le nom de la seconde force émanée était Gihon ou la forme centripète qui fomente la densité.

v. 14. Et le nom de la troisième force émanée était le fluide qui est l'élément magnétique et énormonique de la pondération attractive. La quatrième force émanée était l'énergie intrinsèque de la molécule.

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v i5. Et il instaura — Ihoha Elohim — Adam au milieu de la vie phénoménale, afin que sa sensibilité s'ébranlât et le fit conscient.

v 16. Et il recommanda — Ihoah Elohim — à Adam, « de tout le phénoménisme substantiel de la vie, alimente ta sensibilité ».

v 17. Mais de la notion essentielle du bien et du mal éloigne-toi, car, dès que tu la concevrais, tu sortirais de la stase présente.

v 18. Ensuite Ihoah Elohim, prévoyant qu'Adam n'arriverait pas de lui-même à l'état de conscience : « Je lui ferai une parèdre, en le dédoublant de son réflexe. »

v 19. Or il avait formé — Iboah Elohim — en vitalité organique, toute l'animalité de la nature et toute la série de l'invisibilité. Et il fit présent devant la sensibilité d'Adam tout le phénoménisme, afin qu'Adam nommât chaque série selon la relativité d'icelle ; et les noms par lesquels Adam nommerait les séries marqueraient leur échelle hiérarchique.

v 20. Adam nomma de leur nom de relation tous les animaux et la série d'invisibilité. Mais il n'y trouva pas l'être de transition entre lui et la nature, l'être qui fut le rapport de l'élémentaire, à lui l'essentiel — c'est-à-dire son réflexe.

v 21. Alors Ihoah Elohim suspendit la sensibilité d'Adam et il rompit son unité androgyne, et prenant le passif ou réflexe, il l'individualisa par une forme où la courbe, qui est la beauté, dominait.

v 22. Ensuite il développa le positif d'Adam quan-

titativement, pour tenir la place de son entité passive Aïscha, désormais personne distincte, et il amena Aïscha à Adam.

v 23. Celui-ci s'écria : « Voilà le réflexe de ma sensibilité et la forme qui correspond à ma forme », et il l'appela Aïscha, principe inconscient passionnel, parce qu'elle était le dédoublement de l'intellectuel sensible ou androgyne.

v 24. Aussi Aïsch, l'intellectuel sensible, doit oublier son état androgyne où il était à la fois Aïsch et Aïscha, c'est-à-dire relatif à lui-même, pour se complaire en son inconscient passionnel Aïscha, afin de reformer avec lui, momentanément, l'androgynatinitial.

v 25. Or l'intellectuel sensible Aïsch et le passionnel inconscient Aïscha se possédaient sans corporéité organique, car l'harmonie résultait fluidiquement de leur accord d'actif à passif.

Conflit du microcosme et du macrocosme.

v 1. Nahash, le courant normal de l'instinct, dominait comme principe dynamique inférieur, la création de Ihoah, et ce courant instinctif attaqua la sensibilité d' Aïscha, lui suggérant :

« Pourquoi Ihoah Elohim ne vous a-t-il pas permis de cultiver votre sensibilité par tout le phénoménisme... »

v 2. Aïscha opposa à ce courant de vertige : « Nous pouvons exercer notre sensibilité sur tout le phénoménisme de la substance. »

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v 3. « Quant à la notion essentielle qui est le centre des rapports, Ihoah Elohim a dit : « Il ne convient pas de vous en approcher, votre sensibilité ne l'affrontera pas, sinon vous mourrez à la vie présente. »

v 4- Alors Nahash, le courant instinctif, opposa : « Vous ignorez la conséquence de cette mort à la vie présente. »

v 5. « Car il sait, — Ihoah Elohim, — que votre sensibilité affrontant la notion essentielle, la conscience naîtra en vous et vous concevrez le dualisme du bien et du mal. »

v 6. A'ïscha, l'inconscient passionnel, se prit à désirer cet inconnu, aspira à le posséder, y devinant l'accomplissement de sa personnalité : sa sensibilité affronta donc le mystère et s'en étant fécondée passionnément, elle usa de sa puissance de réflexe sur Aïsch, qui l'écouta comme elle avait écouté Nahash.

v 7. Alors ils connurent avec lucidité qu'ils étaient mutuellement imparfaits et incapables de supporter les mystères qu'ils avaient provoqués, leur esprit se voila et ils tremblèrent dans leur faiblesse.

v 8. Ils entendirent le verbe même de Ihoah Elohim qui remplissait le monde de son rayonnement, et Adam et sa compagne, effrayés de cette lumière comme d'une voix, eux obscurcis, ils cherchèrent encore à pénétrer la notion mystérieuse comme pour s'y réfugier.

v 9. Le verbe de Ihoah Elohim appela Adam disant : « Ou'as-tu osé ? »

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v 10. Et Adam répondit: « L'essence qui m'a ébloui jusque dans ma substance m'a fait voir ma basse relativité et j'en ai été eflrayé. »

v 11. Et Elohim lui dit : « Qui a pu te révéler ta relativité si ce n'est cette essence dont j'avais interdit l'approche à ta sensibilité. »

v 12. Et Adam : « Aïscha, le réflexe que tu as individualisé pour m'être compagne, a provoqué sur sa sensibilité l'action de l'essence et par conséquent sur la mienne. »

v i3. Ihoah Elohim dit à Aïscha : « Qu'as-tu osé? » Et Aïscha répondit : « Nahash, ce courant vertigineux de l'instinct, a entraîné ma sensibilité vers cet inconnu. »

v 14. Ihoah Elohim dit alors à Nahash : « Puisque tu as rompu l'équilibre, tu seras le principe incohérent, dangereux à tout ce qui respire, selon ta norme d'attract inconscient : tu seras le bas tourbillon de l'expir élémentaire et toutes les dissonances viendront de toi. »

v i5. Entre toi, l'inconscient élémentaire, et Aïscha, l'inconscient supérieur, je mettrai une hostilité. Elle opposera sa passion à ton vertige et ton vertige viendra stériliser sa passion. »

v 16. Et à Aïscha : « Je multiplierai les points vulnérables où Nahash pourra t'attaquer sans cesse, mais je multiplierai aussi tes points sensibles avec ton conscient intellectuel, Aïsch : et tu seras toujours extrême dans les deux sens, en perpétuelle et douloureuse appétence, et sans cesse entraînée vers

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ton positif Aïsch, dont tues le réflexe; tu n'auras jamais d'existence propre et tu ne seras colorée que par son reflet. »

v 17. Et à Adam : « Puisque tu as cédé à ton réflexe inconscient et que ta sensibilité Ta suivi en son vertige, devant cette notion de l'essence que je t'avais interdite, condamné par toi-même, sois donc conscient : conçois tes relativités et tes rapports ; et vois qu'il te faut désormais mériter par la douleur, geule salutaire maintenant, ton immortel devenir. »

v 18. « La nature, désormais indépendante de toi et désobéissante, te forcera à tout mériter, même les éléments de ta vie végétative.

v 19. « Ton esprit s'embarrassera sans cesse dans ces relativités et ces rapports que tu as voulu connaître, jusqu'au jour où tu redeviendras androgyne par ta réunion à ton passif réflexe, Aïscha: car ayant été dualisé, tu dois par ton propre effort revenir à ton unité. »

v 20. Alors Adam appela Aïscha, son passif réflexe, du nom de Héva, inconscient supérieur, parce qu'elle était le commencement et l'occasion de son devenir,

v 21. Alors Ihoah Elohim réalisa en corps organique la corporéité substantielle d'Adam et de Héva.

v 22. Ensuite Ihohah Elohim dit : « Voilà Adam à l'état de conscience et à l'état d'option entre le bien et le mal, comme un de la série spirituelle ; mais pour qu'il ne tente pas de se refuser au devenir impérieux et qu'il ne cherche à s'immobiliser dans cette stase imparfaite : »

v 23. Ihoah Elohim isola Adam-Héva du phénoménisme supérieur, afin que sa sensibilité ne se cultivât que par les éléments analogues à son nouvel état.

v 24. Adam-Héva ainsi réduit à la norme de la série hominale, Ihoah Elohim interposa l'entité collective dite Kherubim, en une circonvallation allant de la stase primitive, ou édénique, au nouveau devenir par la douleur. Et l'entité collective Cherubim était cette cause seconde, partie conceptible et fécondante du mystère, destinée par ses mirages impérieux à représenter devant la conscience d'Adam, en atmosphère intellectuelle, un Nahash de lumière dont le vertige incessant décrirait autour de la vie sensible un orbe incitant d'idéalité.

| 4- — Les Dates.

La seule date artistique de la Judée est 1006, celle de la dédicace du temple de Jérusalem.

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