‹ Antiquité orientaleChapitre 5 sur 49 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

LE PRÉ-HISTORIQUE

§ i. — L'humanité primitive d'après la Genèse.

Dans une étude où Ton envisage l'œuvre humaine il n'y a pas à tenir compte de la cosmologie : mais l'art n'étant qu'une forme sensible de la pensée, il convient de citer la fable la plus belle et la plus générale, comme type d'invention. Que le Bereschit s'accorde ou non avec l'Académie des sciences, il donne un poème complet de la création, en une coordination curieuse. D'antiques traditions, Kaïn et Abel, Henock et Worad, Melhousael et Lamech, que sont-ils ? Evidemment, des allégories dont nous ignorons le sens.

Dans le livre des générations adamiques, il y a autre chose qu'une rêverie, un legs d'une conception très vénérable. Sem, Cham et Japhet dont on a fait des prototypes de race représentent peut-être des périodes évolutives.

LES IDÉES ET LES FORMES

Quoique le texte de la Genèse (Sepher Bereschet) ne nous soit parvenu qu'en langue hébraïque, il est de toute évidence que Moïse n'en est pas l'auteur, tout au plus le copiste. Le tenait-il des prêtres égyptiens qui l'élevèrent?

Serait-il vrai que l'hébreu ait servi de langue secrète au sacerdoce pharaonesque et que Moïse renseigna comme langue nationale à cet amas sémitique dont il fit un peuple? Comme la Bible a servi de base à la totalité des livres occidentaux, qu'elle fournit, à tort ou à raison, la base de la croyance et de la recherche, il fallait la citer. Aussi bien les autres versions de l'humanité primitive sont moins plausibles encore.

La traduction qu'on va lire, et qui a eu pour point de départ celle de Fabre d'Olivet, ne prétend pas éclaircir un texte énigmatique de façon satisfaisante, mais seulement avancer un peu vers le sens probable et rationnel.

Genèse, C. IV

v 1 . Et le principe Adamique copula avec le principe Héwaïque, son complémentaire; et il en résulta le principe Ka'ïnique, force centripète. Héwa dit alors : « J'ai acquis un nouveau principe hominal selon Ioah. »

v 2. Héwa, c'est-à-dire la passivité dAdam, compléta sa manifestation en enfantant Habel, force cen-

LE PRÉ-HISTORIQUE

trifuge, principe parallèle à Kaïn; or Habel, devait présider au macrocosme (cosmos) et Kaïn à l'évolution du microcosme (adamité) ou terrestrité.

v 3. Le principe Kaïnique projeta vers Ihoah un effort conforme àl'Adamité mais dépassant Factuelle stase phénoménique.

v 4- Habel lui aussi, des prémices de son activité cosmique projeta son effort également à l'état de quintessence; et Ihoah confirma l'effort d'Habel et l'agréa comme harmonique à son verbe.

v 5. Ihoah ne confirma pas l'effort du principe Kaïnique et ne l'agréa pas comme harmonique à son verbe; et sitôt le principe Kaïnique se contracta, s'embrasa et ses manifestations stérilisées cessèrent.

v 6. Alors Ihoah dit au principe Kaïnique: « Pourquoi t'es-tu contracté en t'embrasant et pourquoi astu cessé ta manifestation. »

v 7. Si ton effort est harmonique tu es confirmé ; et si tu n'es pas confirmé c'est que ton effort est inharmonique. Et cela se voit à tes manifestations. Ou la désharmonie t'entraîne en son vertige ou bien tu te complais à y céder.

v 8. Alors l'entité Kaïnique projeta sa norme vers son parallèle Habel; c'était pendant une élaboration énormonique où tous deux agissaient ensemble : le principe Kaïnique exaltant sa substance, absorba le principe Habélique, son parallèle*

v 9. Ihoah dit au principe Kaïnique : « Où est le « principe Habélique, ton parallèle ? » Et Kaïn dit « Le sais-je; suis-je son gardien? »

LES IDÉES ET LES FORMES

v îo. Ihoah dit: « Ou'as-tu fait? La série évolutive « Habélique s'élève vers moi réclamant son principe « qui était ton parallèle.

v n. « Désormais tu seras maudit par ce principe « Habélique, lequel a dû subir une douloureuse « résorption par le fait de ta brutale absorption en- <( vers lui ton parallèle.

v 12. « Aussi lorsque tu devras manier par ton « énergie propre l'élément adamique, il opposera sa « propre énergie à ta virtualité ; — intermittent, « errant, tu seras sans localisation sur la terre. »

v 12. Et Kaïn dit : « J'ai donc produit un grand « désordre, à en juger par mon dam.

v i3. <( Ainsi tu me bannis de la sphère adamique. <( Je dois fuir hors de tes normes; intermittent, « errant, je serai sans localisation sur la terre. Ainsi « donc je serai à la merci de tous les autres principes « cosmiques. »

v i4- Ihoah déclarant sa volonté dit au principe Kaïnique : « Celui qui voudra t'accabler septimera ta force. )) Et Ihoah attribua au principe Kaïnique une extériorité qui le protégea.

v i5. Et le principe Kaïnique se retira de l'évolution terrienne et il s'exila au centre même delà compression moléculaire (feu central).

v 16. Le principe Kaïnique copulant avec sa faculté passive, celle-ci enfanta Henoch (élément de fixation) : puis le principe Kaïnique solidifia un abri sphérique qu'il nomma du nom de sa filiale modalité Henochia.

LE PRÉ-HISTORIOUE

v 17. L'élément Henoch se modalisa, à son tour, en Worad (énergie diffuse).

Worad se modalisa en Méthousaël (force concrétive extérieure); Méthousaël se modalisa en Méthousaël, force dissolvante intérieure.

Enfin Méthousaël, la force dissolvante intérieure se réalisa en Lamech (l'agglutinatif, le cohésif).

v 18. Le cohésif Lamech se combina avec deux facultés cosmiques : Wadah, la régularité phénoménique, et Tzillah, la potentialité latente (cynétisme).

v 19. La potentialité latente Tzillah se modalisa en Ioubal (la production fertile) la germination de la terre, la force distributive et qui fermente.

v 20. Et la parallèle de Ioubal, le producteur fertile fut Tubalkaïn, c'est-à-dire cette même production fertile transportée dans le monde inorganique et invisible des affinités. Tubalkaïn avait pour parallèle passive Nahamah le principe sériel.

v 21. Alors Lamech, le cohésif, dit à ses facultés cosmiques, Wadah, la régularité phénoménique, et Tzillah, la potentialité latente : « Écoutez, modalités de Lamech, entendez mon verbe; j'ai dissous les individualités, de la substance pour la dilatation de mon principe et l'évolution de mes modalités.

v 22. « Comme il a été dit que toute opposition au principe Kaïnique septimerait sa force, toute opposition à Pélément Lamech, l'exaltera septante fois sept fois. »

v 28. Cependant TAdamité copula avec son passif Hewaïque et Hewa enfanta de nouveau un principe

LES IDÉES ET LES FORMES

du nom de Seth, et elle dit : « Suivant son nom il sera la base de mes générations », car les êtres délégués de l'Être avaient résolu la naissance de Seth pour tenir la place de Habel que le principe Kaïnique avait absorbé (vaporisé).

v 2/J. Et Seth engendra à son tour et nomma sa modalité iEnosch (l'homme propre à évoluer) et dès lors, l'Adamité enfin sortie des élaborations cosmiques espéra et connut en son cœur son Dieu, et créateur, Ihoah.

Genèse V

v 1. Voici le livre des générations Adamiques. Les êtres délégués de l'Être, en concevant la création de l'espèce humaine avaient dès lors déterminé la loi de son évolution.

v 2. Ils créèrent l'espèce humaine androgyne et l'appelèrent Adamité, ils la bénirent et la nommèrent dès l'abord, du nom sériel Adamité.

v 3. Après une période de trois décuples et une centaine, l'Adamité, grâce à sa faculté assimilatrice, généra d'après elle, projetant son ombre en réalisation : une entité qu'elle nomma Seth.

v 4- Après que l'Adamité eut généré l'entité Seth, elle évolua pendant huit centaines ontologiques, générant encore des activités et des passivités.

v 5. Et les périodes ontologiques de l'Adamité atteignirent neuf centaines et trois décuples et l'Adamité fut absorbée.

LE PRÉ-IIISTORIOUE

v 6. Mais Seth (le fondement) existait depuis cinq périodes ontologiques et une centaine lorsqu'il généra iEnosch (l'homme évolutif).

v 7. L'entité Seth évolua encore après la génération iEnosch sept périodes ontologiques et huit centaines et il généra encore des activités et des passivités.

v 8. Or l'ensemble des périodes ontologiques de l'entité Seth furent au nombre de deux et un décuple et une centaine : et il fut absorbé.

v 9. Cependant iEnosch (l'homme évolutif) existait depuis neuf décuples ontologiques lorsqu'il généra l'entité Kaïnan.

v 10. iEnosch exista encore après cette génération pendant cinq périodes, un décuple et huit centaines; il engendra des activités et des passivités.

v 11. Or l'ensemble des périodes ontologiques de l'entité JEnosch atteignit cinq périodes et neuf centaines : et il fut absorbé.

v 12. Kaïnan existait depuis sept décuples, quand il généra Méthousaël le splendide.

v i3. Et Kaïnan exista encore après, pendant quatre décuples et huit centaines, et il engendra des activités et des passivités.

v 14. Or l'ensemble des périodes ontologiques de l'entité Kaïnan fut de dix périodes et neuf centaines et il fut absorbé.

v i5. Cependant le splendide Méthousaël existait depuis huit périodes et six décuples quand il généra Ired (analogue à Whorad, modalité de Kaïn).

LES IDÉES ET LES FORMES

v 16. Et Méthousaël exista encore, trois décuples et huit centaines et engendra des activités et des passivités.

v 17. Ainsi, l'ensemble des périodes ontologiques de l'entité Méthousaël fut de cinq périodes neuf décuples et huit centaines et il fut absorbé.

v 18. Cependant Ired avait existé pendant deux périodes, six décuples et une centaine lorsqu'il généra iEnosch.

v 19. Or Ired exista encore après huit centaines et il engendra des activités et des passivités.

v 20. Ainsi l'ensemble des périodes ontologiques de l'entité Ired atteignit deux périodes, six décuples et huit centaines et il fut absorbé.

v 21. Cependant iEnosch avait existé pendant cinq périodes et six décuples lorsqu'il généra Méthousaël (le mouvement de la mort).

v 22. Or iEnosch suivit les enseignements des OElohim et il exista encore trois centaines, après avoir généré et il produisit des activités et des passivités.

v 23. Or l'ensemble des périodes ontologiques de l'entité iEnoch atteignit cinq périodes, six décuples et trois centaines.

v 24. Il s'efforça à l'imitation des OElohim et se sublimisa; et il entra dans la sphère spirituelle.

v 25. Cependant Méthousaël existait depuis sept périodes, huit décuples et une centaine, quand il généra l'entité Lamech.

v 26. Or Méthousaël exista encore après deux

LE PRÉ- HISTORIQUE

périodes, huit décuples et sept centaines et il généra des activités et des passivités.

v 27. Ainsi, l'ensemble des périodes ontologiques de Méthousaël, atteignit neuf périodes, six décuples et neuf centaines; et il fut absorbé.

v 28. Lamech existait depuis deux périodes, huit décuples et une centaine lorsque qu'il engendra un fils.

v 29. Il le nomma Nouah (l'équilibre hominal) et lui déclara sa pensée : « Celui-ci nous souiagera de notre effort et de ce qui l'augmente, en cette sphère Adamique qui évolue sous la sévérité de Iohah. »

v 3o. Lamech exista encore après cinq périodes, neuf décuples et cinq centaines et il généra des activités et des passivités.

v 3i. Ainsi l'ensemble des périodes ontologiques de Lamech atteignit sept périodes, sept décuples et sept centaines et il fut absorbé.

v 32. Nouah (l'équilibre hominal, l'homme évolué qui était le résultat de cinq centuples périodes ontologiques), généra Sem, le corporel, Cham, l'animique, et Japhet, l'intellectuel expansif.

| 2. — La Forme primitive.

Sous les noms successifs de monuments druidiques, celtiques, mégalithiques, on désigne des ouvrages singuliers, sans aucune indication de date ni de race.

LES IDÉES ET LES FORMES

Sont-ils contemporains de l'aube égyptienne et kaldéenne ou antérieurs ou postérieurs?

Ils affectent deux formes.

Le mene-hir ou peulvn, pierre verticale, prototype de l'obélisque (Pennmark).

Le dolmen ou pierre horizontale posée sur deux verticales, prototypes de la porte et du portique, de l'autel. Une suite de mene-hirs de moyenne dimension forment les alignements célèbres de Karnach (Morbihan). Une succession de dolmens juxtaposés constitue une allée couverte (Saumur). Les cromlechs sont des pierres arrangées en cercle. Tous ces ouvrages sont-ils funèbres ou religieux? A une époque primitive, ces deux idées devaient se fondre.

Leur caractère essentiel consiste dans le rapprochement ou la superposition de gros blocs bruts sans aucune maçonnerie.

En Égypte, les tombes de la quatrième dynastie ont à droite et à gauche de la porte de petits mene-hirs calcaires d'un mètre, tandis que celui de la reine Hatshopsitou, à Karnach, atteint 33 mètres. Au quatrième siècle de notre ère, on retrouve encore le mene-hir, à Axoum (Ethiopie),

Hypothèse. — La plus haute antiquité se rencontre au delta du Nil et à celui de TEuphrate. Toutefois la civilisation a remonté le fleuve

LE PRÉ-HISTORIOUE

au lieu de le descendre : ce qui induirait à penser qu'elle y a été apportée par mer et toute faite, puisque l'œuvre memphite s'affirme la plus parfaite de toute l'Egypte.

D'après les traditions, le fameux déluge aurait englouti un continent, Y Atlantide, qui portait alors une civilisation complète; et la race Atlante ou rouge, dispersée par le cataclysme se retrouverait prospère vers le Nil, moins nombreuse et vite mélangée en Kaldée, errante et désemparée sur la côte Armoricaine, stupéfiée et déchue dans l'Amérique du Nord.

Cette hypothèse qui engage et la géologie et la paléontologie ne recevra jamais de solution; mais les relations de formes entre les mégalithes et les types égyptiens s'imposent.

On suppose encore que ceux qui devaient se fixer au Nil abordèrent d'abord au delta du Tigre et de l'Euphrate et ne trouvant pas ce lieu marécageux propice à leur établissement, quittèrent en grand nombre le delta persique, traversèrent le désert, et se fixèrent à l'autre delta.

Je crois utile de donner ici l'ethnologie biblique pour la commodité du lecteur ; tous les livres la discutent, quand ils ne l'adoptent pas.

LES IDÉES ET LES FORMES

| 3. — Identification historique des fils de Noë.

v 1 . Or voici les générations émanées des Noahides, selon la prédominance en eux d'une des trois facultés; les Shemides, les Hamides et les Japhetides ! voici les subdivisions de la prédominance expansive d'icelles, après l'intumescence des eaux.

v 2. Voici donc les tribus Japhetides :

Gomer (Kimmériens, Kersonèse Taurique ; en assyrien Gimirraï; Trako-phrygiens établis des deux côtés du Pont-Euxin, Cappadoce).

Magog (Scythie, prophétie d'Ezechiel, il parle de Gagie, le Gog du prophète).

Madaï (Medie).

Yavan (Yavanas, ioniens).

Tubal (Asie Mineure, Tibadéniens).

Mottsc/z/a (Moschiens, Cappadoce, Haut Euphrate).

Thiras (Taurus, Gilicie ou Thrace ?)

v 3. Les peuplades émanées de Gomer :

Ashkaniens (nord de la Phrygie, Ashkagne fils d'Enée ou Phrygie).

Ripha (Paphlagonie, monts Riphées).

Toghorma (au nord de la Syrie Arménie Occidentale, tradition : Thorgome, ancêtre).

v 4- Les Bené Javan (Ioniens).

Elischah (Eoliens?)

Tarsis (Touirscha, Tursans ou Gélages Tyrherdas, côte Asie Mineure, îles de la Mer Égée).

LE PRÉ-HISTORIQUE

Kittim (Chypre ou ville de Kit).

Dodanim (Samaritain Rodanim, îles de Rhodes et Cariens).

v 5. Ainsi par ces expansions populeuses, l'humanité établit des centres civilisateurs : chaque race obéissant à sa propension et se constituant en état, suivant ses appéiences diverses.

v 6. Les peuplades émanées d'H'am furent : H'am (race brune, Egypte, Phénieie et Éthiopie ; actuellement Nubiens, Abyssins et Touareg avec une sous-race Égypto-Berbère), généra quatre peuplades.

Kusch (le Nil, sud de la Nubie et de la mer d'Oman aux embouchures de l'Indus).

Misraim (Egypte).

Puth (Lybie fleuve Fut, en Mauritanie, Pount, côte africaine des Somalis et côte orientale de l'Arabie heureuse).

Kanaan (Phéniciens).

v 7. Les Bene-Kusch se subdivisèrent en :

Séba (Sabata de Ptolémée, rive occidentale de la mer Rouge).

Avila (Avalit, au sud du golfe de Zeïlah).

Sapta (Sabota capitale des Khatramotites, Hadhramant).

RcCemah (Regma. golfe persique).

Sabteka (fleuve Samydaces, littoral de la Carmanie).

Les Bene RcCemah se subdivisèrent en :

Schéba (Isebes, côte d'Oman, Sabéens de Pline).

LES IDÉES ET LES FORMES

Dadene (Iles Bahreïnes).

v 8. DeKusch sortit Nimroud namarud (splendeur), en lui commença la royauté. Il s'établit puissamment sur la terre. Il dressa son orgueil de conquérant devant l'éternel et depuis l'on a dit proverbialement : comme Nimroud le conquérant qui oppose son despotisme à la face de l'éternel.

Il régna sur Babel (Babilou). Ereck (Eridou). Accad et Kalané au pays Schinaar.

De ce pays sortit Assour. Il bâtit Ninive.

Réhobothhir, Kalsk, Resen, cité entre Ninive et Kalak, c'est la grande ville, bâtie en i3oo par Salmanasar.

v i3. Les Bene Misraim furent:

Les Ludim (Égyptiens), Lot la race par excellence.

Les Anamim (Les Anous des inscriptions de Dendérah et d'Ermonthis).

Les Lehabim (Labou, Lybiens).

Les Naphtuhim (Memphis, Na-phtah).

Les Palrusim, Thébaïde. Pathrouscites(Thébaïde).

Les Casluhim, pays du natron, Hesmen,nome lybigades d'où sont sortis :

Les Philistim (Phéniciens).

Et les Caphtorim (île de Kaphthor, la Crète).

v i5. Les Bene-Kenahan engendrent Sidon, Çidon (Phéniciens).

Heth (Kéthae, Hatti, Hittim).

v 16. Et les Iebusiens (Yebous, plus tard Yerouschalaim).

Les Amoréens (Montagnards d'Ephraïm et de Juda).

LE PRÉ-HISTORIQUE

Les Guirgasiens (Kanaan?)

v 17. Les Héviens (Hivi, Sichem et mont Hermon). Les Arkiens (Arka, Liban).

Les Siniens (Liban).

Les A rvadiens (Arvad, Aradus classique).

Les Tsemariens (Çimirra classique).

Les Hamatiens (Hamath, vallée de TOronte).

v 19. Ensuite les tribus Kananéenes se dispersèrent, elles allèrent du côté de Ghuérar.

Jusqu'à Gaza et jusqu'à Lexha du côté de Sedom, Ghamora, Adma, Çeboim, Lescha.

v 20. Telles sont les générations de H'am selon leur race et leur progression.

v 21. Les Bené-Shem, les frères du splendide Iaphet furent:

v 22. Elam, Suzian ou Elimaïs grec, entre le Tigre et la Perse.

Assur, Assyrie.

Arpha Kasd (Limitrophe du Kaldéen).

Lud (peuple de Lot, ^Egyptiens), v 23. Aram (Syrie méridionale).

Les Bene Aram furent:

Usts (au nord des D'om).

Hul (sur le lac Méroé).

Gueter (Huree).

Maech (Mezene).

v 24. Arphakazd engendra Schélasch qui alla vers l'occident et Schélasch engendra Héber au delà de l'Euphrate, hébreu.

Héber engendra Peleg (division).

LES IDÉES ET LES FORMES

Son frère s'appelait Iokthan (canton au nord de l'Yémen.

v 25. Iokthan engendra :

Almodad (partie du Hedjaz).

Scheleph (Salapeni grec).

Hatsarmaveth (Schatramotites).

Ierak (Àliléens).

v 27. Hadoram (Adramites).

Uzal (canton de Yémen).

Dikla (pays de palmier).

v 28. Obal (Gebanitae de Pline, àFO. de l'Aouzal).

Abimael (canton de Mahrah, Mali).

Séba (Sabéen, Arabie heureuse).

V29. Ophir (Yémen).

Havila (Yémen, à l'orient de Aden).

Yobab (Yobar, Arabie méridionale).

v 3o Telle fut la distribution des peuples sur la terre depuis l'homme évolué jusqu'à la forme sociale et civilisée.

v 3i. Tels les peuples de Sehm suivant leur race et leur succession, leur lieu et leur tendance.

§4- — Classification anthropologique.

L'anthropologie fournit une nomenclature puérile, comme des sauvages la concevraient ; elle divise les hommes en blancs, jaunes et noirs. Cette ineptie, digne d'un planteur, ne devrait pas

LE PRÉ -HISTORIQUE

sortir de la conversation courante. La coloration du pigment change avec le climat ; le simple passage du midi au nord suffit à pâlir le visage en quelques générations.

Les désignations de formes valent mieux que celles de couleur : le prognathisme ou avancement de la mâchoire supérieure est bien un stigmate de race.

Quant aux désignations de source géographique, elles ont le tort de donner à chaque type un point de départ sans aucune historicité.

Qu'est-ce quec'estque la race boréale? Celle qui est intermédiaire entre les blancs et les jaunes !

La race Altaïque comprend les Japonais et les Lapons !

Voulez-vous être informé sur la race malayopolynésienne ? Elle participe à la fois du type nègre, du mongolique et du blanc !

On est arrivé à décrire dix familles humaines avec cette précision.

La classification linguistique seule présente de la sûreté pour l'étude de l'homme civilisé, penseur et artiste ; l'humanité se divise par ses œuvres et se classe suivant leur date.

C'est en Afrique qu'elle apparaît d'abord sous les traits de l'Egypte et d'une race particulière, rouge (?) Atlante (?), en tout cas différente des autres et antérieure à toutes.

LES IDÉES ET LES FORMES

L'Égyptien n'est ni mongol, ni sémite, ni arya.

Le second acte de la civilisation se passe en Kaldée, ayant pour protagoniste un élément jaune (?) mongolique (?) touranien (?) et pour écriture le système cunéiforme, visiblement apparenté aux caractères chinois.

Le troisième acte a lieu encore en Kaldée, l'élément sémitique se mêle à l'élément touranien et forme l'Assyrie. C'est la première civilisation sémitique. La Phénicie sera la seconde, la Judée la troisième, l'Arabie musulmane la dernière.

Au quatrième acte, la race Arya (Inde et Perse) se montre et entre en contact avec les éléments sémitiques et touraniens.

§ 5. — Incertitude de l'histoire primitive.

Notre grand siècle ne connaissait l'Orient que d'après la Bible, Hérodote et Diodore; il confondait même l'œuvre de Rome avec celle d'Athènes.

Il n'y a pas longtemps que nous distinguons la beauté hellénique de l'imitation italique.

Winckelmann, admirable en 1764, n'est^plus qu'un précurseur, aujourd'hui.

LE PRÉ-HISTORIQUE

C'est la France qui a découvert l'Égypte : l'expédition de Bonaparte donna lieu à une publication splendide, et Champolliondevina l'énigme du hiéroglyphe.

Botta et Layard retrouvèrent Ninive et l'Assyrie.

C'est encore la France qui, avec M. Renan, a le mieux étudié la Phénicie.

Enfin, le fameux mot du prêtre Svaïte à Solon : « 0 Grecs vous n'êtes que des enfants », ne prend son sens que des nouvelles découvertes qui ont ressuscité l'histoire et l'art de la Méditerranée.

Traçant une ligne partant de Memphis, joignant le delta du Nil et de l'Euphrate, englobant l'Asie Mineure et revenant par la Phénicie sur les îles, le lecteur se demandera pourquoi on laisse de côté la Haute Asie, la civilisation du Gange et celle du fleuve Jaune, puisque les Ioniens sont fils des Yavanas, que Ahana (l'aurore) fut le premier nom d'Athena ; et que l'identité des trigrommes de Fohi avec les cunéiformes, et celle des races kaldéennes et touraniennes ne font plus de doute.

D'abord, les rapports de guerre et de commerce entre la Haute Asie et l'Asie Mineure n'ont pas été établis avec sûreté. L'histoire actuellement touche à l'Inde comme a fait Alexandre, mais ne la conquiert pas non plus. Nous savons

LES IDÉES ET LES FORMES

que certains hymnes du Veda remontent au quatorzième siècle avant J.-C, mais nous ne connaissons pas de monuments de cette antiquité. La Chine, pays fermé et sans contact, se développa par sa propre force, sans expansion.

Peut-être, dans un siècle, à force de déchiffrements et de fouilles, trouvera-t-on la place exacte des Hindous et des Chinois dans l'histoire de l'art : actuellement on aligne des hypothèses sans preuves ; on expose un système plus ou moins probable et non le constat de l'expérience.

Il se produit dans les études historiques un phénomène singulier. Tant qu'on ne possède que des notions générales, elles satisfont par une espèce de précision apparente : le manuel, en isolant lesracespar ses chapitres, leur donne une physionomie saillante et soulageante pour la mémoire.

Dès que le document se multiplie, l'incertitude se lève à chaque pas. Et d'abord ni la nomenclature biblique ni même les divisions anthropologiques n'offrent de sûreté. Appeler les Egyptiens des Koushites, c'est dire ce qu'ils ne sont pas, et non ce qu'ils sont : de même pour les touraniens qui forment la première couche de la civilisation kaldéenne.

M. Halévy a protesté notamment contre la

LE PRÉ-HISTORIQUE

consanguinité des Israélites et des Phéniciens, que la langue et le génie apparentent doublement, physiquement et moralement. Un auteur doit prendre parti, dans le cas de certitude; autrement il s'abstiendra. On peut se tromper, on ne doit pas tromper.

Le défaut du livre scolaire inhérent à sa destination, c'est d'offrir à la mémoire des assertions de fantaisie et des tableaux isolés : les civilisations se présentent comme les fresques de Chenavard, en groupements synthétiques, absolument faux.

La chaîne de l'évolution, que Panneau soit de fer ou d'or pur, ne s'interrompt pas, au gré delà composition livresque. Qui expliquera comment Paris, le Paris de la Tour Eiffel et de l'aumobilisme ait pour armes la barque d'Isis, la barque d'Abydos, et que l'aigle à deux têtes de Russie provienne d'une sculpture hétéenne?

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