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CHAPITRE PREMIER

GÉNÉRALITÉS

§ 1. — Le pays.

« L'Ègypteestundon du Nil, » dit Hérodote, le plus ancien voyageur de cette contrée ; et Maspero : « FÉgypte n'est qu'une bande de terre végétale tendue à travers le désert, une oasis allongée au bord du fleuve ».

Primitivement, la Méditerranée baignait le plateau sablonneux où se dresse le Sphinx ; l'embouchure du Nil se trouvait au nord de Memphis. Le golfe se combla graduellement avec la terre charriée des monts abyssins, en formant des marais comme ceux du delta du

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Rhône. Au temps historique, le fleuve se jette à la mer par trois branches, pélusiaque, sebénnytique et canopique et forme jusqu'à quatorze bouches (Pline).

Le fleuve est tout dans ce pays d'une seule vallée qu'il inonde, tous les ans, par ses crues. Sous le nom d'Hapi il était dieu. On dit à Hérodote que le pays était encore sous les eaux, à îa première dynastie. Nulle part la géographie n'a aussi profondément déterminé la pensée d'une race, isolée par la mer et les déserts. La Basse Egypte comprend le Delta et la Haute s'étend jusqu'à la première cataracte.

La couronne blanche (midi) et la rouge (nord) forment le pschent du pharaon.

Le paysage égyptien a deux aspects : grandiose et serein là où passe la majesté vivifiante du Nil ; morne et fataliste dès qu'on ne voit que la terre, c'est-à-dire le désert.

Lacoloration du sol étonne ; à l'œil, c'est moins de la terre que de la cendre. Cette contrée qui nous a légué surtout ses nécropoles semble sablée de ses propres ossements; on dirait un poudroiement de momie.

La sérénité du ciel, la sécheresse de l'air, l'absence de pluie font de ce pays un séjour enchanteur.

L EGYPTE

| 2. — La Race.

On a abandonné Popinion d'une origine éthiopienne. La civilisation a visiblement remonté le cours du fleuve.

H'am (Cham) généra Kusch (Kouschites), Misraïm (Égypte) Puth (Fut, Pount) et Kanaan (Phéniciens).

Ils vinrent d'Asie par l'isthme de Suez, à moins d'admettre l'hypothèse Atlante. Mais ils vinrent avec une religion formée et un art complet, ces Shesou-Hor (serviteurs d'Horus) qui refoulèrent une race noire, au delà des cataractes.

De quelque nom qu'on les nomme, Atlantes ou Protosémites, les Égyptiens sont les aînés de l'humanité civilisée, par le développement de leur doctrine, la beauté de leurs œuvres, la certitude des dates et esthétiquement par la création des types architectoniques les plus généraux et une réalisation très noble de la forme humaine.

« Les Grecs, dit Renan, guidés en cela par une juste vue de l'antiquité de la monarchie des bords du Nil, aimaient à s'attribuer une origine égyptienne et trouvaient en cette origine prétendue un titre de noblesse (Cécrops, Danaûs). »

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§3. — Les Idées.

La religion égyptienne serait plutôt que la judaïque le prototype du catholicisme : unité de Dieu comme essence et triplicité de personnes ; immortalité de l'âme, purgatoire, paradis et enfer, angélologie. Ce qu'on appelle la confession négative traduit l'idée exacte du sacrement chrétien de la pénitence.

A l'inverse de l'hébreu qui s'est spiritualisé par la succession des contacts, le verbe du Nil est allé s'obscurcissant. Le temple du Sphinx sans aucun signe, sans même un hiéroglyphe correspond à la notion la plus abstraite. Etait-ce un temple public ou un lieu d'initiation?

Pour restituer une antique doctrine, il faut évoquer simultanément la pensée de l'initié et Thabitude dévotieuse. Une époque spirituelle tient, à la fois ; à sa philosophie et à ses superstitions : car il y eut toujours des initiés et des ingénus dans le même système. L'idée de montrer aux hommes le dieu sous forme animale est une conception profondément réfléchie.

L'instinct de la bête présente moins de scandaleuses surprises que la perversité de l'homme, et le crocodile que les prêtres exhibèrent à Clé-

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ment d'Alexandrie ne valait-il pas dans son horreur limitée, telle figure de mauvais pontife ?

A la naissance, Bâ (l'âme) se vêt de Niwou (corps fluidique), il est à Khat (l'organisme) ce que la vapeur est à une machine. Khou (l'esprit) s'involue dans Bâ (l'âme). C'est la plus ancienne idée sur la constitution de l'homme. Niwou est une âme par rapport à Khat, et un corps par rapport à Khou.

A la mort, Khat devient immobile et glacé, Niwou le quitte mais reste sur la terre; l'esprit Khou réintègre la sphère spirituelle. Quant à Bâ, allégée du poids du Khat, mais privée aussi des lumières de Khou, elle arrive en jugement particulier.

« 0 cœur, cœur qui me vient de ma mère, mon cœurde quandj'étais sur terre, nelutte pas contre moi, en chef divin ; ne me charge pas devant le Dieu grand. »

Absoute on condamnée, Khou (l'esprit) revenait comme compagnon et bon ange, ou comme démon et punisseur ; il exécutait la sentence, élection ou damnation. Le plus souvent il présidait à une série d'épreuves identiques à l'état de purgatoire.

Les phases du devenir (oushabti) « je sors en épervier, en bennov » ne signifient pas des métempsycoses, mais des degrés d'évolution ; le

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juste s'appelle un Osiris, l'élu un Horus : il s'identifie avec le dieu qu'il a servi.

Les Dieux se divisent en solaires : Ka, Amon, Aten ; funéraires: Anubis, Osiris, Isis, Nepthys, Pthah; élémentaires : Set (terre), Nout (ciel), Api (Nil).

Le Panthéon égyptien comprend beaucoup de types. Le Dieu (Nuter) est représenté souvent par un animal. Le scarabée de Phtah tour à tour ver, chrysalide et papillon, allégorise l'évolution. Il se subdivise selon les fonctions et selon les lieux : « le Dieu, quand il passe de puissance en acte s'appelle Ammon; comme suprême intelligence il se nomme Imhotep ; Phtath, s'il réalise avec art et vérité, et Osiris, quand il fait grâce ».

Une page de la mythologie du Nil est nécessaire à la compréhension des monuments.

Osiris épousa sa sœur Isis, dans le sein de sa mère Nouit. Tandis que l'Orphée du Nil civilisait, sa sœur se trouva régente. Set Tiphon, dans un festin, offrit un coffre magnifique à qui saurait s'y placer. Osiris ne se méfia pas; on rabattit le couvercle ; et le coffre, renfermant le Dieu, fut jeté au Nil. Isis, enceinte d'Horus, retrouva le coffre à l'ombre d'un acacia, mais Set Typhon découpa le cadavre en quatorze morceaux et les dispersa ; Isis les rassembla. Après une lutte entre Horus et Typhon, Thot par une sentence rendit au fils

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d'OsirislepaysduDeltajusqu'à la première cataracte. Pour reconstituer le corps d'Osiris, Anubis inventa Fart d'embaumer : et ce fut la première momie.

Pour ressusciter Osiris, ils firent une statue, « ils firent le geste d'ouvrir les yeux, de donner les souples », et Famé d'Osiris se réincarna. « Il refusa les fonctions de Dieu de vie et se fit Dieu du devenir, ordonnant à son épouse-sœur lsis, à son fils Horus, à Anubis et à Thot de faire pour ses fidèles ce qu'ils avaient fait pour lui, de l'embaumer et de le ressusciter. »

Le Dieu a deux formes : Tune humaine et alors il se distingue par ses attributs, l'autre animale et conventionnelle. L'ibis est Thot, le scarabée Phtah, l'épervier Horus, le chacal Anubis ; Sebeck le crocodile, Mout une chatte, la lionne Sekket, la vache Hathor; l'oie Amon, le milan Khonsou, le bœuf Ra; le bélier,, Osiris. Mais on trouve Thot en singe, Osiris en vanneau.

On ne peut suivre les divinités sous toutes leurs formes : Scbou et Nouit, le ciel et la terre, celui-ci étendu sous celle-là ou bien un jars et la déesse chatte ; ou la génisse Hathor et un taureau?

La hiérarchie sociale si rigoureuse se reproduit dans une gradation indéfinie de sous-divinités, Maskhonîtla marraine et Raninit qui donne

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le nom, se tiennent près du berceau. Le livre des morts mentionne des officiers divins d'une fonction très limitée et des génies assistants dans le rôle des cynocéphales qui avaient pour office de saluer le lever et le coucher du soleil.

Le mythe solaire domine et son mouvement d'orient en occident figure la vie et la mort : mais chaque région et presque chaque temple avait son dieu : Phtah à Memphis, Amon à Thebes, Hathor à Denderah, Anhouri à Tinis étaient des Dieux féodaux quoique proclamés suzerains dans le rituel. Il y avait égalité entre déesses et dieux. On pourrait distinguer les dieux célestes, les dieux terrestres, les infernaux et les dieux- Nil. Le dieu prit femme et eut un fils ou bien la déesse prit un dieu consort et eut un dieu-fils : il existe des triades à deux déesses. Chaque nome possédait la momie de son dieu qui habitait plusieurs sanctuaires en divisant son double et s'incarnant sous forme animale.

La vieille idée lycanthropique, le loup garou, vient d'Égypte : les dieux marquaient les bêtes qu'ils devaient animer. Le bœuf Apis était l'âme d'Osiris et la résurrection de Phtah.

La mélancolie empreinte sur les faces de la statuaire et que la Grèce donnera à ses héros depuis le Thésée d'Olympie jusqu'aux figures d'Alexandre se trouve dans la tradition reli-

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gieuse. Ra, à l'origine, voyant la terre nue et déserte pleura : les hommes naquirent de ses larmes. La larme divine est le germe de la vie.

L'Égyptien était plus que pieux, dévot et surtout soigneux de son devenir : aucune race n'a aussi constamment pensé au lendemain de la mort.

La vache Hathor devait élever l'osirien à la région sereine; là, Thot le transportait sur une barque fée et l'âme entrait dans la salle de vérité. Osiris vert en maillot et mitres blancs siège entre Isis et Nephthys. Là se place la fameuse confession négative et la psyckostasis a lieu. Horus et Anubis mettent dans un plateau l'image de la vérité, dans l'autre le cœur du postulant ; si la balance demeure immobile, on rend son cœur au défunt et il habite l'île osirienne, combattant les Typhons et travaillant. C'est pour ce travail posthume que l'on mettait dans le cercueil des statuettes qui, animées par leur maître, devaient accomplir les corvées de l'autre monde.

Dans toute théocratie la maladie passe pour une possession : nos microbes ont succédé aux invisibles. Le Sa (ambroisie grecque, pomme de Freia) forme un lac qui abreuve les immortels. Le Dieu transfuse le Sa à son fidèle accroupi entre ses jambes en lui faisant des passes sur l'occiput. Le mystère est l'atmosphère même de

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l'esprit égyptien; le scribe s'appelle maître des secrets et aussi l'officier de cour « maître des secrets de la parole royale ». .

Si nous ne savions pas la conception égyptienne du devenir, ses monuments resteraient incompréhensibles.

La momie n'est pas un mort. Il faut, par un effort mental, considérer la tombe (pyramide ou mastaba) comme habitée et concevoir une vie posthume du double et aussi l'utilité des statues comme supports du double, comme formes de refuge pour lui. Alors s'éclairent l'importance extraordinaire des sépultures et la colossalité des icônes pharaoniques. Dans une civilisation qui croit à une survie fantomatique où tout défunt est revenant, le roi et le riche assurent leur avenir, avec le plus grand effort de luxe et de sécurité. La pyramide avec ses faux couloirs destinés à dépister les sacrilèges n'est plus un défi d'orgueil, mais l'amplification royale d'une croyance.

L'Égypte avait donc deux populations : une organique et l'autre fluidique, conception vraiment sans analogue. L'âme, vivant à côté du corps, a les mêmes besoins et attend les mêmes satisfactions, et comme la forme du corps peut en tenir lieu, l'image des objets les remplace dans la vie posthume. Le signe équivaut à l'objet, pour le désincarné.

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Au livre des Morts « Dieu apparut dans le Nout et dit au soleil : « Viens à nous ».

« L'Egyptien surpasse tous les hommes dans le culte qu'ils rendent aux dieux » et par conséquence ce fut le plus soumis des peuples. On aurait tort de croire qu'ils différassent extrêmement de nous.

Thot donne l'éternel repos aux âmes dans l'Amenti et fait briller, sur elles, la lumière qui ne s'éteint pas : « ô Ra, nous te prions aujourd'hui pour l'âme de ton serviteur que tu as enlevée à ce monde.

« Ne la livre pas aux mains de l'ennemi, mais ordonne à Anubis et aux deux nourrices de la prendre entre leurs mains spirituelles et de la porter dans le paradis qui est sa vraie patrie .»

Est-ce égyptien ? Est-ce chrétien ? on retrouverait aisément nos sacrements chez les Egyptiens et particulièrement le baptême, la confirmation, F extrême-onction et la dévotion aux âmes du Purgatoire, la plus mystérieusement puissante de toutes.

Si l'âme humaine ne survit que par la durée de sa momie ou de son corps artificiel, la statue, le Dieu ne se meut à l'aise sur cette terre qu'au moyen d'un corps organique, d'un double.

Selon ce vieil axiome des initiations, ce l'esprit se dévêt pour monter et se revêt pour des-

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cendre ». Le Dieu lui-même ne pénétrerait pas dans le monde sensible, sans se plier à ses lois et voilà pourquoi Horus a une tête d'épervier, Anubis une de chacal, et Thot une d'ibis.

L'Egyptien n'adorait pas plus les animaux que nous n'adorons la colombe, l'agneau, le pélican, le bœuf, l'aigle et le lion : mais ils saluaient dans la lionne Sekhet et dans le bœuf les formes choisies par chaque divinité, pour son incarnation.

On nous a persuadé que l'humanité avait attendu Moïse pour concevoir noblement la divinité ; le livre juif, qui représentait le passé oriental jusqu'à ces dernières années, calomnie délibérément le génie universel et ses Dieux pour s'exalter lui-même et Iaveh.

Le premier soin de l'étudiant en archéologie orientale sera de réagir contre une tradition fausse et qui déshonore d'admirables races. Il n'y a aucune raison pour croire à l'élection d'un peuple entre tous, par une partialité divine.

| 4- — La Société.

Menés (Ména) substitua la monarchie à la théocratie et cet empire jusqu'à Nectanbo, avec ses trente dynasties, offre quatre mille ans d'annales.

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Ancien Empire (I-XI), Moyen Empire (XI à l'invasion), Nouvel Empire des Hycsos aux Perses. Maspero divise excellemment selon la suprématie des villes, en période memphite (I-X), thébaine (XI-XX), saïte (XX-XXXI).

Mariette place Ména au cinquantième siècle avant J.-C. L'apogée politique se produit sous Thoutmes III.

Il faut retenir Tan 980 où Salomon régnait à Jérusalem et Scheskonk, sur le Nil.

Le droit divin du pharaon est légitime. Ra l'engendre et un double spécial, un double pharaonesque s'éveille à son avènement. Sur les bas-reliefs, Isis lui donne le sein. La reine est déesse. Le pharaon célèbre le culte de ses ancêtres.

Aucune monnaie ; on paie tout en nature, et, pour la rentrée de l'impôt, on bâtonne et on mutile. Les professions sont héréditaires et les métiers forment des castes. Le soldat pendant la paix redevenait cultivateur.

Les prisonniers de guerre ont rarement suffi aux travaux, la corvée y suppléait par une levée brusque ; cela explique la remarque de Mariette : « Les temples pharaoniques sont, en général, bâtis avec une négligence extrême. »

Le bon plaisir royal s'élève au-dessus de toute autre considération autant que les colosses

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d'Amenophis au-dessus de la plaine, mais l'histoire nous apprend que les délégations du pouvoir absolu se manifestent avec le même absolutisme.

Pas de caste : Amasis vint d'en bas au trône: Ahmès, chef des nautoniers, fut simple soldat (XVIII).

On se trompe en voyant le pharaon comme tout-puissant et surtout plus puissant que le sacerdoce. Sans doute, il est plus que pape, consort des dieux, et sa statue seule s'érige devant le temple. Cet excès d'honneur me fait croire à une dépendance bien étroite : en abandonnant l'affirmation extérieure, les prêtres gardèrent la réalité du pouvoir ; conduite d'une habileté transcendantale.

Défendons-nous de croire que le penseur d'autrefois fut inférieur à l'artiste et que les grands ouvrages ne soient pas nés d'une grande idée. Combien de traits de l'actualité défient la raison et l'idéalité à la fois ! Faisons crédit à ces vieilles civilisations dont nous ne possédons que les formules officielles. Le livre des morts n'est qu'un office obituaire, un recueil d'oraisons et les colosses de la plaine de Thèbes tirent leur origine de la croyance.

La théocratie du Nil faisait du pharaon un fils des dieux et même un dieu après sa mort.

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A Gournali, Ramses Ier reçoit les offrandes de son petit-fils Ramses II.

L'épervier à tête humaine volant vers la momie en lui apportant la croix ansée: quel emblème de spiritualité et qui résume toute notre idéalité.

La course du soleil prise pour type de l'existence et l'homme mourant identifié à Ra, disparaissant à travers la montagne, est une noble conception. Comme on voyage sur le fleuve dans un pays qui n'est qu'un rivage, la barque sera la forme du devenir ! La damnation pour l'Egyptien c'était l'anéantissement, la gueule d'hippopotame de Sinou : mais le purgatoire n'était pas facilement évitable. Dans le Kerneter, l'Osirien devait franchir quinze pylônes gardés par des monstres.

Le papyrus Harris reproduit sans doute un vieux livre attribué à Thot lui-même et il montre que le fidèle s'identifie sans cesse aux dieux pour échapper aux embûches ou plutôt aux épreuves.

Malgré sa préoccupation du devenir, le peuple égyptien ne fut jamais triste. Il s'agitait deux fois l'an sous le bâton des huissiers levant l'impôt et le 17 du mois de Thot, au jour des morts.

Un Ramsès III donne cent mille prisonniers de guerre aux temples, mais le fellah était cor-

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véable pour le service monumental comme pour l'armée : on recrutait pour bâtir comme pour guerroyer.

Le plus ancien des monuments humains est une tombe, c'est là qu'on a retrouvé intactes les premières statues et les fresques primitives.

A Medinet Abou,un texte donne à la femme la liberté de sortir et de se parer à son gré. a L'amitié entre époux est exprimée dans les inscriptions de façon fort touchante. » (Mariette.)

L'Egypte a été calomniée par toute notre ère. Virgile, un initié pourtant, se moque de Taboyeur Anubis, Juvénal s'écrie: « 0 sainte nation dont les dieux naissent dans les jardins » et Cicéron pour justifier la vallée du Nil prétend qu'elle n'a divinisé que des bêtes utiles! L'Egypte très fétide, dira le père de l'Eglise.

§ 5. — Les Dates.

En cette année, Sa Majesté Houni mourut. Sa Majesté Snofrovi s'éleva, bienfaisante (Papyrus Prisse). Selon Maspero, cette année est 4.100, trente-huit ans après la création de l'homme, d'après l'histoire de Victor Duruy.

L' EGYPTE

Le tumulus de Snofrovi est cette pyramide de Meïdoim semblable à une zigurrat.

Un fonctionnaire de la cinquième dynastie s'intitule scribe de la maison des livres.

L'hégémonie de Thèbes fît l'unité de l'Égypte en absorbant les dynasties locales, sous Monthotpou.

Amenemhahit, père d'Antouf, distribua l'eau suivant l'ancien cadastre : son palais était vers Darchour : « mon labour alla jusqu'à Elephantis, ma protection jusqu'au Delta; j'ai rassassié tout le monde, je suis un roi aimé » . Ousirtasen fut associé à l'Empire. Les deux siècles de la douzième dynastie furent heureux, mais survinrent les Shaousou (Hycksos) qui s'installèrent vers Memphis luttant avec des chars contre les barons de Thèbes. En ce temps, les Bene-Israël s'établirent en Égypte : Ahmosis vainquit les Hycksos du Delta et les employa à relever les ruines qu'ils avaient faites. Ce fut l'ère des grandes constructions. Toutmes mena ses armées en Asie: l'Ethiopie s'égyptianisa, mais la civilisation assyrienne régna encore en Syrie.

Amenoteph adopta le culte populaire d'Atonou, il dérogea en épousant une certaine Tii et fit marteler les cartouches d'Amon. L'hérésie royale ébranla la dynastie.

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A Tell-el-Armana, on voit Nofriti sur les genoux de Khoumatonou.

Seti s'illustra à Abydos. Ramses II régna un demi-siècle. Thèbes, Louqsor, Ipsamboul témoigent de son génie : il fut le Louis XIV de l'Egypte. L'exode d'Israël eut lieu sous Menephtah. Sous Ramses III, on construit à Medinet Abou. Puis, tour à tour, l'Ethiopie prit FÉgypte et l'Egypte reprit l'Ethiopie.

A l'époque Tanite, les Lybiens comme mercenaires pesaient lourdement. Thèbes saccagée par Assour-Akiddin, reprise par Assourbanhabal florit un instant avec Psammecteck qui attira des Ioniens : premier contact entre la Grèce et l'Égypte.

Kambyses écrasa le pays du Nil.

Période Memphite ou des Tombes 5ooo à 25oo

Tombeau de Menés à Kakadé : ses successeurs à Abydos. Pyramides Zigurrat de Sakara : pyramides de Memphis.

Période Thébaine ou des Temples 25oo à 18oo

Thoutmes, Amenophis, Seti et Ramsès.

Nouvel Empire 48oo à 95o

Monuments à Karnak et Louqsor. Les Ramesséides

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Période Saïte 93o à 338

Psammetik, Àmasis, conquête persane.

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