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GÉNÉALOGIE DES COMTES D’EU

Guillaume , premier comte d’Eu, fils naturel du duc Richard Ier.

Robert , comte d’Eu , fils aine.

Beatrix.

Lesceline, fille de Turchetil, comte de

Turqueville , etc.

Hugues , évêque de Guillaume, 3e. fils , comte de Soissons,

Lisieux, second fils. par sa femme Ada , sœur et héritière

de Guido , comte de Soissons.

Mort sans postérité.

Guillaume , surnommé Buface , fils ~ aîné , comte d’Eu et de Soissons.

“ Helesinda , sœur de Hugues Loup , Rodolphe , second Robert,

comte de Chester. fils, 3e. fils.

Henri , fils ainé , comte d’Eu , fonda en n5o l’abbaye de Foulcarmont , dans laquelle il se fit moine. Il y mourut en 1139 , et y fut enterré.

Marguerite , fille de Guillaume de Solejo , 3 . Guillaume , 2 .

fils d’Etienne, comte de Blois , par Alice, fils, prit

4e. fille de Guillaume le Conquérant , fut ensuite le uom

enterrée devant le maître autel de l’abbaye de

de Foulcarmont. Grandicote.

Jean, fils aîné, se fit moine à Foulcarmont ,= après la mort de sa femme ; il y mourut en 1171 , et y fut enterré auprès du corps de son

Alida , fille de Guillaume Etienne , Beatrix. Maud

Albineto ou Albini , second fils. ou

comte d’Arundel. Mathilde.

père. Sur une tombe de marbre noir , sur laquelle ils sont représentés en habit de moine , on lit l’inscription suivante :

Est pater Henricus primus gregis hujus amicus Ejus erat natus Johannes jure vocatus Filius Henrici fuit hic sed postea /rater Hos monachos genuit Domino domus hœc pia mater Qui tegis absque mord pro tantis fratribus ora.

Henri , fils ainé comte d’Eu , mort au siège de - Ptolémaïs , en 1217.

Raoul , fils aîné , mort jeune, du vivant de son père.

Mathilde de Longueville.

Guy , 2e. fils , mort également jeune et du vivant de son père.

Robert , second fils , non-marié.

Alice , seule fille et héritière des biens , épousa Raoul d’Issoudun, le plus jeune fils de la maison de la Marche , qui devint par elle comte d’Eu. Ce titre lui fut confirmé , ainsi qu’à ses hoirs, par Philippe Auguste, roi de France. 11 fut fué près d’Acon , dans la Terre Sainte , et fut enterré avec sa femme à l’abbaye de Foulcarmont.

son de Brienne , qui fut investi en son nom des titres et des biens du comte d’Eu. Mais la génération suivante ayant forfait à la couronne par la trahison du connétable de Nesle , Jean , roi de France , donna ces mêmes biens à Jean d’Artois , un des princes du sang. En 1472 , Charles d’Artois, comte d’Eu , étant mort sans postérité , le comté et les biens passèrent dans les mains de son neveu Jean de Bourgogne , comte de Nevers et de Réthel , fils aîné de sa sœur Bonne d’Artois , comtesse de Nevers. Ce Jean de Bourgogne , chef des comtés d’Eu , de Nevers et de Réthel, mourut en 1491 , et ne laissa que deux filles , savoir , Elisabeth , mariée à Jean , duc de Clèves , mort du vivant de son père , et Charlotte , veuve de Jean d’Albret , comte d’Orval. Dans le partage des biens de leur père , Jean de Bourgogne , le domaine et le titre du comté d’Eu échurent à Charles de Clèves , fils d’Elisabeth. Ce même Charles n’eut qu’un fils , qui , en 1 538 , lut créé duc de Nevers. Il mourut en 1 56 r , laissant pour héritier de son duché François de Clèves , et deux filles , Henriette et Catherine. Ce François , second duc de Nevers , étant mort sans postérité en i5Ô2 , le titre et les domaines d’Eu passèrent à sa plus jeune sœur Catherine , qui épousa Henri de lorraine , duc de Guise : ces biens furent ensuite vendus , par son petit - fils Henri , à Anne-Marie- Louise , duchesse de Montpensier , qui , peu de temps après , les revendit à Louis-Auguste de Bourbon , prince de Dombes et duc du Maine , dont le second

fils prit le titre de comte d’Eu. Mais je dois relater ici que le titre et le comté d’Eu ( ou d’Ewe , comme il s’écrivait alors , ) fut aussi donné par Henri Y , roi d’Angleterre , après son invasion en France » le i o juin 1 4 1 c) , à Guillaume le Bouchier, qui avait épousé Eléonore Plantagenet , veuve d’Edmond , comte de Stratford , et fille de Thomas Woodslock , duc de Glocester , le plus jeune fils d’Edouard III. Dans la treizième année du règne d’Henri VI , on voit encore un Henri , fils de ce Guillaume lord Bouchier , cité au parlement sous le titre de comte d’Eu ; mais depuis , on n’en trouve plus de trace.

L’abbaye des chanoines réguliers mérite de fixer l’attention d’un voyageur. Elle fut fondée en 1002 par Guillaume , premier comte d’Eu , pour des chanoines séculiers , et fut dédiée à la Sainte Vierge ; mais en 1119, ces chanoines demandèrent une réforme qui leur fut unanimement accordée par Henri , alors comte d’Eu , et Geoffroy , archevêque de Rouen , leur diocésain. Ils furent changés en chanoines réguliers de l’ordre de Saint-Augustin , qu’ils ont toujours Suivi depuis ce temps. Laurent , archevêque de Dublin , se plut tellement dans cette abbaye , qu’il en fit sa résidence pendant nombre d’années. Il y mourut le 1 7 février 1 1 7 1 , et y fut enterré. Sa piété , confirmée par le témoignage empressé de Guido , abbé de ce monastère , contribua à le faire canoniser , comme on le voit par la bulle du pape Honorius III , en date du 1 1 décembre 1218. Bientôt après , l'église et l’abbaye furent de nouveau dédiées à ce saint , dont le nom

devint si familier aux habitans , qu’ils oublièrent celui de Notre-Dame pour lui substituer celui de Laurent. Cette église abbatiale de Saint-Laurent , qui est également l’église paroissiale , est remarquable par sa belle architecture gothique , dégagée d’ornemens ; un clocher à jour , d’une hauteur assez considérable , s’élève sur le centre de cette église , bâtie en forme de croix. De chaque côté du maître autel , on voit deux sarcophages des comtes d’Eu , avec leurs statues de marbre blanc , couchées sur la partie supérieure , mais sans aucune inscription ; l’une, portant la date de 1 497 j ^ut érigée à la mémoire de Philippe d’Artois , comte d’Eu et connétable de France , mort le 16 juin de cette même année ; l’autre est celle de Charles d’Artois , également comte d’Eu et connétable de France , mort en 1 4o r . Près de ces tombeaux , se trouve une autre inscription en l’honneur d’Anne de Clèves , épouse d’un duc de Guise. Dans une crypte ou chapelle souterraine placée sous le maître autel , on voit , à travers une grille de fer , quelques tombeaux en marbre. Les chapelles latérales renferment aussi plusieurs autres tombeaux des comtes d’Eu. Sur l'un , on a représenté la mort de J. C. On y remarque en outre cinq figures , entr’autres celles de la Sainte Vierge et de Marie-Madeleine. Le travail en est extrêmement fini , et 1 a matière qui les compose paraît avoir quelque ressemblance avec celle du plâtre de Paris.

Près du maître autel de l’église des jésuites , on

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