XIV. Veine ocreuse
a u u CD
XV. lits alternatifs un peu obliques de sable ^is 1 et de sable blanc , coqiiîlliers ( sable aigre
] blanc des ouvriers).
Sableu. \ (C'est au milieu de ce subie que l'on trouve
/ priiicitifalement lés ëoi{oiIl% et les ôsse-
^ ^ mens diluviens).
^ jGullMteu. ! ^^1* ^^^ inférieur de silex roulés et brisés.
3"^ Ces marques indiquent l'emplacement des ^ \ haches en silex.
On voit que c'est à une profondeur de 9 à 11 mètres, dans la dernière couche , et assez ordinairement au plus bas de cette couche ou près du banc de galets, qu'on rencontre les ossemens fossiles. C'est aussi à ce point que Feau commence à paraître ; on peut en conclure qu'on est placé là un peu au-dessous du niveau de la Somme. Quoique ce soit cette dernière couche ou celle dite sable aigre blanc, qui renferme le plus de débris animaux, les autres couches n'en sont pas entièremeot dépourvues. Or, c'est toujours avec les os qu'ont été rencontrés les silex ouvrés, et si quatre haches ont été extraites du fond de la sablière ou de la cinquième couche, une l'a été de la troisième ou de celle dite sable gras gris, terrain argilo-sableux qui offre aussi, quoique plus rarement que l'autre, des ossemens fossiles.
Voici par quel incident je me suis trouvé en possessiott delà première hache.
De 1840 à 1841 , ayant souvent eu l'occasion de visiter cette sablière, j'en avais fait extraire beaucoup d'osse^ mens dont malheureusement une grande partie s'était décomposée au contact de l'air. J'avais pu, néanmoins, en recueillir une petite caisse que j'avais annoncée & M. Cordier, de l'Académie des Sciences, et aujourd'hui pair de France, l'un des hommes que notre ville s'iionore d'avoir vu naître , lorsqu'il me pria d'y joindre quelques kilog. du lit de sable et de cailloux dans lequel ces os avaient été trouvés.
Je fis dire aux ouvriers de prendre le tout au tond de la carrière, en ayant soin de n'y laisser introduire aucune partie des couches supérieures .
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Ils s'acquittèrent exactement de la commission et m'apportèrent environ 5 kilog. de sable mélangé de silex et de quelques débris d'os fossiles , qu'ils versèrent sur une toile d'emballage.
Avant de les renvoyer je voulus comparer avec un échantillon que j'avais pris moi-même sur les lieux , le sable qu'ils me présentaient , et m'assurer ainsi que c'était bien celui de la couche ossifère. En l'examinant je trouvai dedans une hache dite celtique non polie, mais pourtant très-régulièrement taillée.
Je la leur fls remarquer ; ils ne l'avaient pas vue , et me dirent qu'elle venait comme le reste du fond de la carrière où ils l'avaient prise avec les autres débris.
Elle était enveloppée de sa gangue de sable , comme elle l'est encore en ce moment. Ce sable me semblait un peu plus jaune que le sable du fond ; mais en le rapprochant de celui qui entoure les os , je vis que c'était bien le même. Ces os portent d'ailleurs assez fréquemment des traces des deux couches, c'est-à-dire de la quatrième et de la cinquième {page 233).
Je demandai aux ouvriers s'ils avaient trouvé d'autres pierres de cette forme ; ils me répondirent affirmativement, mais que jusqu'à présent ils n'en avaient point fait de cas. Je leur recommandai de recueillir toutes celles qu'ils rencontreraient, et ils me le promirent.
Us tinrent parole: peu de temps après ils m'apportèrent une belle hache également en silex, longue de 22 centimètres, qu'ils avaient , disaient-ils, ramassée parmi les os, et qui conservait en effet des traces du même sable ossifère.
Je leur ofiris de payer le double de sa valeur la première pierre taillée qu'ils découvriraient, s'ils voulaient la laisser à sa place et venir me prévenir immédiatement. Ils s'y engagèrent ; cependant, quelque temps après, une troisième hache longue de 22 centimètres, mais d'un travail plus grossier, me fut apportée sans avis préalable.
Je leur demandai pourquoi ils n'étaient pas venus me chercher ; ils me dirent que cette hache, étant avec d'autres pierres , n'avait été reconnue qu'au moment où l'on déposait le sable sur le bord de l'excavation. En effet, elle portait des traces de terre végétale. Je les leur fis voir ; ils n'en affirmèrent pas moins qu'elle venait du fond.
La terre végétale ébranlait ici ma confiance; mais ayant examiné les os qu'ils m'avaient remis en même temps, et parmi lesquels était le fragment d'une machelière d'éléphant, j'y aperçus aussi des traces d'humus provenant probablement d'une cause semblable, c'est-à-dire de ce que ces os avaient été rejetés du fond sur la superficie au moment de l'extraction.
Je ne reçus aucune autre hache dans le courant de cette année; mais, vers le mois de juin 1842, on m'en apporta une en silex blanc, de 18 centimètres de longueur et de 12 de largeur, tranchante sur les bords, et d'une forme entièrement différente. Les ouvriers me dirent que celle-ci ne provenait pas du fond, mais d'wie couche intermédiaire. Les traces qu'elle porte m'ont paru, en effet, être celles de la troisième couche ou du terrain argilo-sableux. Quelques fragmens d'os trouvés à côté avaient la même gangue argileuse ; c'était encore une portion de machelière d'éléphant.
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Cette fois ils étaient venus me chercher; j'étais sprti, et à mon retour on avait oublié de me le dire. AlM^é» m'avoir attendu , ils avaient ôté la hache de sa fiace , de crainte qu'elle ne fût volée.
Quelque temps après qn me présenta encore une peUte hache longue seulement de 8 centimètres, en porphyre vert. Celle-ci était polie; c'était la première de cette espèce. J'ai dit que les autres n'étaient qpe taillée^.
Précisément à cause de ce poli et de sa matière , elle me laissait plus de doutes encore ; cependant les ouvriers étaient venus me prévenir avant de l'enlever ; j'étais à la campagne, et je ne rentrai que le lenç^eqiain.
J'y fus aussitôt : déjà il était trop tard, je Qe pus que reconnaître la place. C'était bien dans le sable aigre bl^nc, au fond de la sablière et parmi les ossemens, qu'elle avait été découverte. Â cause de sa couleur elle avait attiré l'attention des ouvriers , et de quelques spiEK^itateurs dont je recueillis les témoignages.
Le nommé Théophile Boin, faiseur de papnes, rue du haut Pas, k Menchecourt, et dont la d^fueure est voisine de la sablière, était présent quand on la trouva. Ce jeune homme fort intelligent , sachapt lire et écrire, me montra Fendroit d'où il l'avait vu extraire. Dâ^iptéressé dans la question , il n'avait pas le moindre motif pour me tromper. D'ailleurs vous pourrez l'entendre, ainsi que son compagnon, également présent, François Hautefeuille, meneur de tombereaux domicilié à Iklençhecourt, rue Boquet n^. 3 , qui travaille toute l'année au transport du sable. Interrogé, Hautefeuille m'a répondu la même chose que Théophile Hoin.
Quant aux ouvriers ordinaires, ils ne pouvaient que répéter leur dire. Tous s'accordèrent pour affirmer que ces haches se trouvaient avec les os au-dessus des cailloux roulés, et sous le sable aigre blanc ou dans ce sable, quelquefois dans les couches supérieures, mais plus rarement.
J'ai dit les faits; on en tirera les conséquences. Je serais plus explicite si j'avais vu moi-même extraire les haches de la sablière ; mais ma conviction qu'elles en proviennent est aussi complète que si j'avais vu.
Depuis, une autre série de faits dont je rendrai compte m'a démontré que je ne m'étais pas trompé sur la possibilité de la présence de ces haches dans le banc de Menchecourt , et ici je n'hésiterai plus dans mes affirmations, car j'ai été témoin oculaire.
11 s'agit encore de terrains diluviens , mais dans ane autre situation ; et, comme cette fouille avait lieu à côté de ma maison et qu'elle a duré près d'une année sans interruption, j'ai eu toute facilité d'en suivre les détails.
Je vais vous les présenter dans le chapitre suivant, en vous priant de ne pas vous étonner de mon insistance et de l'importance que j'attache à bien établir que les points où nous avons découvert des vestiges humains appartiennent non - seulement au terrain diluvien, mais au terrain diluvien inférieur, qu'il ne faut confondre ni avec le lehm, ou loess, des bords du Rhm, ni avec les gissemens des brèches osseuses, ni avec les cavernes à ossemens et autres dépôts qu'on peut nommer terraim diluviens supérieurs.
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Dans ces terrains diluviens supérieurs , on a reeueilU des couteaux et des pointes de flèche en silex, des siguilles en corne, en os, en arêtes de poissons, et même des ossemens d'hommes d'une race dont les crânes offiraient des rapprochemens avec ceux des nègres ou de la race éthiopienne , et d'autres avec les caraïbes ou la race américaine.
J'ai extrait moi-même des tourbières, des tombelles €;t d'autres vieilles sépultures , plusieurs de ces crânes ^*on peut voir au Muséum de Paris; mais ces toml)elles, pas plus que les terrains diluviens supérieurs, n'ont de rapports avec le terrain diluvien proprement dit. Les hommes de ces sépultures vivaient à la même ëpoque que les mammifères dont nous rencontrons les ossemens dans les cavernes et dans le limon des brèches. Ils sont certainement fort anciens , cependant cette ancienneté n'est rien comparativement à celle des générations dont les œuvres gisent immédiatement au-dessous, ou à l'étage inférieur du terrain clysmien.
Selon nous les hommes des cavernes â ossemens, ou de l'étage supérieur, seraient les mêmes que ceux dont nous trouvons les vestiges sous la tourbe bocageuse et dans le lit le plus bas des sépultures celtiques.
Sans doute entre ces races et nous on peut compter bien des siècles, mais à travers ces siècles on n'aperçoit aucun grand cataclysme, aucune révolution géologique. S'il s'est formé des roches nouvelles leur formation fîit lente ; si des terres sont devenues des mers et si des montagnes ont surgi par l'eflet des feux souterrains , ce ne furent que des accidens partiels qui n'influèrent en
rien sur le système général du globe , puisqu'ils ne changèrent ni son climat, ni ses saisons, ni la nature de ses élémens. Aussi les animaux des cavernes, des brècbes osseuses, des tourbières même diluviennes, enfin des dépôts diluviens supérieurs ne diffèrent que peu ou point des animaux actuels.
Il n*en est pas de même de ceux qui vécurent sur le terrain diluvien inférieur. Entre eux et nous il y a on abîme et une épo€[ue de mystère. C'est que dans la deuxième période la nature vivante s'est perpétuée par la transmission des germes, c'est-à-dire, par les voies ordinaires de la fécondation et de la génération , comme elle se perpétue encore aujourd'hui ; tandis que dans ie passage de la première période à la seconde, ou du sol diluvien inférieur au sol supérieur, elle s'est renouvdée intégralement et par des moyens qui nous sont inconnus.
Ce rajeunissement de la vie ou cette résurrection des êtres n'a pu avoir lieu que lorsque la terre reprenant son équilibre et son mouvement régulier, puis la stabilité de sa surface, est redevenue habitable. Il y a donc eu entre la mort et la vie,, ou entre le jour de la destruction et celui du réveil et de la recrudescence , une période de stagnation.
Combien de siècles ou de milliers de siècles a duré ce temps d'arrêt de l'âme ou cette immobilité de la nature? Nul, excepté Dieu, ne le sait.
Dans ma conviction ce sommeil indéfini de toutes les créatures a régné sur la terre non-seulement après le déluge qui précéda celui dont la tradition nous reste, mais après chacune des catastrophes antérieures dont la
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coQséqaence a été une extermination totale ou le brisement de toutes les formes vivantes. On ne peut expliquer qu'ainsi, d'une part la différence de ces formes qui marquent d'une manière si tranchée chaque époque géologique , de l'autre l'absence de tous débris d'êtres dans certaines couches intermédiaires.
Pour établir, comme nous la concevons, la distinction des époques et faire connaître les races, y compris la race humaine, qui sont les types des espèces actuelles ; pour indiquer en même temps celles qui, entièrement éteintes, n'ont pu se renouveler et sont dès-lors étrangères à ce qui vit aujourd'hui sur le globe, nous dirons que les hommes dont on trouve les œuvres et les ossemens dans les cavernes et dans le limon des brèches, hommes contemporains peut-être de ceux dont les cendres reposent sous la tourbe bocageuse, dans les sépultures celtiques et les dépôts diluviens supérieurs, senties descendans de la race japétique et les pères des hommes actuels qu'on peut nommer post-diluviens.
Quant à ceux dont nous recueillons les traces dans les bancs diluviens inférieurs, ils n'ont plus leurs héritiers sur la terre et nous n'en sommes point les fils; car, de même que tous les autres mammifères leurs contemporains, ils furent anéantis : hommes anté-diluviens, ils ont appartenu à des temps en-dehors de toutes les traditions et de tous les souvenirs. Le chaos puis le néant les séparent de la création actuelle.
Sans doute cette création actuelle, ou les races qui la composent, furent aussi éprouvées par d'effroyables secousses ; mais si la destruction fut grande, elle ne fut pas
totale. Les annales de toutes les nations sont d'accOTd sur ce point, et Noé pas plus que Deucalion ne fut un ôtre fantastique.
Nous croyons donc à un dernier déluge , celui de récriture et de la tradition ; mais nous croyons aussi qu'il fut précédé par d'autres catastrophes plus terribles encore et dont le résultat fut la dissolution immédiate* de tous les corps vivans ; parce que la terre ,> par suite d'un cataclysme torrentiel , d'une conflagration générale , ou d'un changement de position dans la sphère céleste , et de l'absence de chaleur et de lumière, s'est trouvée tout-à-coup impropre à l'existence d'êtres d'aucune sorte.
Mais la mort non plus que l'immobilité n'est étemdle nulle part et, après une nouvelle série de siècles, la terre régénérée par le soufQe de Dieu et replacée dans ses conditions premières, s'est troui/ée apte à une population nouvelle.
Cette population n'a pas tardé à paraître. Sont-ce ces germes anciens qui se sont ranimés, ou bien sont^^ des germes nouveaux venus d'ailleurs? Cette qœs-* tion s'écarte de notre sujet. De ce qui précède nous tirons toutefois la conséquence que la race humaine, comme toutes les races dont nous trouvons les déturis
^ U est bien entendu quUl ne s'agit que de la forme. Quant à la vie ou rindividualité, fût-ce celle de la plus infime des créatures, elle est aussi indestructible que la divinité même. Tout cb'ange de forme ou de place, mais rien ne meurt. (Voyez dans le livre de la Création, tome lY , le chapitre 34 intitulé • de VimpossibiliU de la mort, «
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fossiles , s*est plusieurs fois renouvelée avec des modifications analogues à celles des autres espèces contempo^ raines ; modifications tenant à la différence des élémens et des climats avec lesquels la forme devait se mettre en harmonie.
Nous croyons aussi que les hommes post-diluviens ne descendent pas plus des hommes anté-diluviens que les éléphans d'aujourd'hui ne descendent de ceux qu'on rencontre dans les bancs clysmiens, et que si quelque jour on découvre des ossemens de ces hommes anté-diluviens, on trouvera dans la nuance des formes la preuve de ce que j'avance. Peut-être même sont-ce ces nuances qui nous empêchent de les reconnaître et nous font confondre leurs débris avec ceux d'autres espèces imparfaitement définies, notamment des quadrumanes dont la charpente osseuse se rapproche si fort de la nôtre. Nous ne sommes encore qu'au début de la science ; si elle a fait quelques pas, il lui en reste bien plus à faire.
Nous croyons enfin que les pierres travaillées qu'on rencontre dans les bancs diluviens inférieurs sont l'ouvrage de ces générations éteintes, et qui l'étaient déjà à l'époque de l'apparition sur la terre du type humain dont nous sortons, et de tous les types d'êtres aujourd'hui vivans.
Les rapporte qu'on remarque entre les œuvres des deux époques, c'est-à-dire entre les haches de la race éteinte et de la race qui la remplace, n'ont rien qui doive étonner. Le nid du premier aigle, le terrier du premier renard n'ont pu différer beaucoup des terriers et des nids des mêmes animaux post-diluviens, ou de ceux que nous voyons encore.
Il en est ainsi du premier meuble et de la première habitation de Thomme primitif ou du sauvage de tous les pays. Les mêmes causes produisent les mêmes efifets, et il est à croire que dans tous les temps et dans tons les lieux les peuples naissans ont fait la même chose.
Les œuvres des hommes ne changeront que lorsque leurs sens et leurs besoins auront changé, et si les modifications qui ont pu s'opérer dans la conformatkm humaine ont été légères et presque insensibles, c'est qu'elles tenaient à la localité et à l'extérieur des choses et non à leur principe.
Nous avons traité ailleurs ce rapprochemait des cmvres des deux époques; revenons à la description des terrains.