CHAPITRE XUI
Bifluraiioi fasUcs kucs Alsfieig.
Au mois de mai 1844 le génie militaire ouvrit à Abbeville une tranchée derrière l'hôpital, entre le chunp de foire et la rue Millevoye. Ce terrain, que domine le rempart, est sur le même plan que le jardin de cet hospice et les rues adjacentes.
Le but du travMl entrepris était d'adoucir la rampe d'une poterne qui conduit dans les fossés extérieurs de la place; mais, en creusant, on reeonant un banc de silex propre à fiiire du béton. On commença à l'exploiter, et en juillet on était parvenu à l'eau , c'est-à-dire à une profondeur d'environ 6 mètreft au-dessous du nrveau du jardin que je viens d'indiquer.
En pr^iant notre poiat de départ de la superficie , void les diverses couches que présente ce terrain d'après Texanien que Dons en avons fini, 4e 30 jttitlet ifiéi.
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avec MM. Bâillon et Ravin que j'avais priés de se rendre sur les lieux :
|o Terre végétale, terrain moderne ou remblai, épaisseur 2"*. »»
2® Première couche de terrain diluvien, composée de sable jaune argilo-ferrugineux, de silex roulés et brisés, de grains de sable vert. Cette couche est fort inégale, et varie de 50 centimètres à 1 mètre li2 d'épaisseur. Terme moyen 1
Total. ... 3"*. »»
3^ Deuxième couche de terrain diluvien, composée ainsi qu'il suit :
A, d'une masse de silex roulés et brisés, . de graviers et d'autres silex tendant à former des lits obliques;
B, des mêmes silex formant une longue veine dans du sable vert ;
C, des mêmes silex présentant trois veines dans du sable noir ;
D, d'une veine de sable blanc renfermant une traînée de silex et deux bandes d'ai^ile;
E, d'une veine de sable vert ;
Addition faite de tous ces lits (A, B, C, D, E), cette seconde couche donne une épaisseur qui varie de 2 à 3 mètres.
Terme moyen. ...... . ^ 2". gft:#
Total général. . . . 5">. 50^^
Arrivé à cette profondeur on trouve une. couche de sable jaune argilo*ferrugineux , puis l'eau, et Fcaert
EXPLORATION d' AUTRES BANCS DILUVIENS. 249
à enyiFon 50 centimètres au-dessous du niveau de la Somme.
Je fais observer que d'accord sur chaque point quant à la nature et à la position des couches, nous ai avons établi la mesure en prenant, pour chacune, une épaisseur moyenne ; car cette épaisseur est variable et suit les accidens du terrain.
M. Buteux qui n'avait pu se réunir à nous pour cet examen a bien voulu s'en occuper depuis. Son opinion est consignée dans la lettre que j'ai citée page 28 . Selon ce géologue qui a fait une* étude approfondie du bassin de la Somme, le banc diluvien de l'Hôpital comme ceux de Menchecourt, du Moulin Quignon et de St-Rochlès - Amiens, pourrait avoir été formé en partie dans Imtervalle de l'écoulement de la mer tertiaire et de l'époque diluvienne. Voici la description que dans son Esquisse géologique, pages 69 et 70, il donne de ce dernier gissement :
c II y a dans le coteau de St-Roch, derrière Bicétre, à Amiens, à quelques décimètres au-dessous de la surface du sol, un amas de -6 à 7 mètres de silex ayant la plupart été un peu roulés et qui sont disposés horizontalement : leur couleur, en quelques places, est noirâtre à lasurface, rarement plus profondément, et cela lorsqu'ils sont en contact avec une poussière noire, provenant de débris végétaux et plus souvent avec du fer hydroxidé. Ailleurs elle est blanchâtre , lorsqu'une argile marneuse remplit les intervalles ; mais, alors aussi, â l'exception de la surface , ils ont la couleur jaunâtre de la plus grande partie des silex de cette carrière^ ou tout aumoins de leur
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croûte. On trouve çk et là quelques silex en galeto parmi lesquels on en voit, mais très-peu, ayant la croèla jaunâtre : il y a aussi des grès. Des ossemens de mammifères anté-diluviens, un moule intérieur de bucardeen calcaire, des fragmens de catillus en spath calcaire, wnC les fossiles qu'on y a rencontrés. Entre cet endrmt et St-Acheul, autour de la ville, an sud, on a déotmf&t aussi des ossemens de mammifères anté-diluviens, appartenant, ainsi que les précédons, aux espèces suivantes: Ëlephas primigenins. Rhinocéros tichorhinus, Bos bom-^ bifrons, Equus.... plus petit que le dieval ordioaÎR, Cervus somonensis. »
Depuis l'exploration de M. Buteux, M. Ravin a viaÉé de nouveau le banc de l'Hôpital, et le 10 décraibre 1844, il m'écrivait :
a Le 4 décembre je suis allé à la fouille de l'Hèpital où j'ai trouvé les ouvriers travaillant malgré la rignear du froid. J'ai pu leur adresser toutes les questions déai» râbles, et j'en ai acquis l'assurance que les silex tidllés sont réellement sortis des blocs qu'on détache de la masse diluvienne.
« La fouille actuelle est dirigée dans un sens tout opposé à celui qu'on a d'abord suivi. Ce terraio «at bien le même, mais il a changé un pea d'aspect : il a jea mêmes couches, mais ces couches n'ont pas exactement les mêmes veines. J'ai donc pensé qu'une ooope nouv«ife de cette fouille ne serait pas inutilel Elle est fiûte mtik même échelle que la première, à raison d'un centtmMtn par mètre de profondeur.
«Au-dessous du terrain végétai et do remblai ea
EXPLOfRA^nON d'aUTBES BANCS DILUVIEIIS. 251
décombres an moyen duquel Tmicienne fouille a été renlplîe, on trouve la masse diluvienne. La première couche de ce terrain a été entamée et détruite en partie. Ce qu'il en reste n'a qu'une puissance d'un mètre vingt centimètres au plus dans la place où je l'ai vu. C'est on mélange de glaise argileuse et de silex brisés ^ contenant des paquets et des vemes obliques de sable blond. Un lit fort mince de grès ferrugineux, peu consistant, sépare cette coudie du banc qiii la suit.
« On peut considérer le mélange qui h constitue comme uo composé de la masse argileuse (Growpe Umonmx de M. Al. Brong.) qui la recouvrait autrefins , et de la masse de silex brisés (groupe détritique. Al. Brong.) qui est au-dessous d'elle. C'est un passage d'un groupe à l'autre.
« Les veines de sable qu'on y trouve appartiennent plus au groupe détritique qu'au groupe limoneux.
. On a pu rencontrer dans cette couche intermédiaire des masses de sable assez considérables pour être exploitées.
« La couche de silex, la couche détritique proprement dite, est creusée dans la fouille actuelle à la profondeur de 4 mètres. Elle est divisée en deux parts presque égales par une veine sinueuse de silex enveloppés dans du sable noir, dont la couleur est due à une matière charbonneuse qui provient très-probablement d'une couche de lignite décomposée, dissoute, et infiltrée parmi eux.
« Les autres silex, tout-a-&ii pareils à ceux de la veine noire, roulés, brisés, môIés ée gravier et de galets amygdaloïdes ^ #ont enveloppés dans du sable ferru-
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gineux, c'est-à-dire dans du sable dont les grains sont couverts et souvent agglutinés par un ciment argileax où l'hydrate de fer prédomine.
« Parmi les silex, qui sont au-dessus de la veine noire ^ le sable est moins ferrugineux que dans les antres : il y est moins coloré, moins brun, moins cohérent.
< Les différences qui se remarquent entre ceUe coupe et la première n'ont rien d'essentiel , et consistent seale^ ment en ceci: 1<^ un lit de sable ferrugineux, aggrégé sous forme de grès, se montre dans la seconde coupe et pas dans l'autre ; ^ le sable n'est pas disposé par veines dans la masse inférieure du banc de silex : il y est roux on brun ; 3^ .on n'y trouve pas de sable blanc, ni de sable vert.
c Les silex ouvrés qu'on y a découverts ont été recueil-lis, les uns à la profondeur de 3 mètres 50 centimètres, les autres à celle de 5 mètres 60 centimètres. »
Maintraant voici les coypes du terrain , établies également par M. le docteur Ravin.
Terrains de la fouille
sous LE REMPART d'aBREVILLE, DERRIÈRE L'HÔPITAL.
Première Coupe dans le sens longitudinal. (Un centimètre pour mètre).
L Terrain moderne, puissance. ........ S">. •*
a. Terre végétale.
h. Décombres, remblais.