PARIS
TREUTTEL cl WURTZ, Libraim, I DUMOULIN,i]UaiiIes AuEusIiiis.i}. ni« d« Lille, 49.
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ger. On ne pouvait mettre en doute la bonne foi de Tauteur, mais on disait quil avait cru voir et qu'il n'avait pas vu; qu'il s était trompe sur la nature des terrains; que les bancs et les dépôts ossifères quil avait ex* plore's ne pouvaient être tertiaires et diluviens, et que les silex n étaient pas ouvre's.
Ces deux objections étaient graves, mais elles tombaient à la seule inspection des lieux: quiconque avait la moindre notion de géologie reconnaissait immédiatement le diluvium*
L'absence du travail huniain sur les pierres recueillies disparaissait également à lexa-men: du premier coup-d'œil, on voyait que ces haches, ces couteaux, ces outils de formes si diverses mais tous propres à leur œuvre, ces signes et ces figures ne pouvaient être la suite d'accidents ou d'un simple jeu du hasard.
Alors on prétendit que ces silex venaient de la superficie et qu'ils avaient été façonnés par les ouvriers , puis introduits dans les bancs.
Cette objection tombait encore à l'aspect de ces bancs dont la position horizontale laisse apercevoir toute infiltration ou introduction verticale. En outre, ces pierres, rapprochées
saient pas les hommes, ces hommes qui ne veulent pas croire à leur âge: elles ne soulevèrent donc aucune objection. Mais il n'en fut pas ainsi des antiquités antédiluviennes; ce titre seul, qui mettait en doute tout un système ou cette jeunesse d'origine à laquelle nous tenons tant, devait éveiller bien des préventions, blesser même plus d'une susceptibilité. Cette partie du livre fut donc condamnée avant que d'être lue. En vain l'auteur offrait-il pour preuve des silex portant des traces de la main humaine, recueillis par lui dans le diluvium; en vain son livre en donnait les images, et une vaste galerie, qu'il avait fait construire à cet effet dans sa maison d'Abbeville , était-elle ouverte à ceux qui voulaient voir les objets mêmes; la grande majorité des géologues et des antiquaires français ne s*en prononça pas moins contre l'ouvrage, et, sauf quelques amis de l'auteur, personne ne voulut vérifier les faits: on donna pour raison qu'ils étaient impossibles.
Avant de le dire, il eut été rationnel de s'en assurer. Malheureusement, dans les sciences, quand on a adopté une opinion, bonne ou mauvaise, on n aime pas à en chan-
ger. On ne pouvait mettre en doute la bonne foi de Fauteur, mais on disait quil avait cru voir et qu'il n avait pas vu; qu'il s'était trompe sur la nature des terrains; que les bancs et les dépôts ossifères qu'il avait ex* plorés ne pouvaient être tertiaires et dilu* viens, et que les silex n'étaient pas ouvre's.
Ces deux objections étaient graves, mais elles tombaient à la seule inspection des lieux: quiconque avait la moindre notion de ge'ologie reconnaissait immédiatement le diluvium*
L'absence du travail humain sur les pierres recueillies disparaissait également à lexa-men: du premier coup-d'œil, on voyait que ces haches, ces couteaux, ces outils de formes si diverses mais tous propres à leur œuvre, ces signes et ces figures ne pouvaient être la suite d'accidents ou d'un simple jeu du hasard.
Alors on prétendit que ces silex venaient de la superficie et qu'ils avaient été façonnés par les ouvriers , puis introduits dans les bancs.
Cette objection tombait encore à l'aspect de ces bancs dont la position horizontale laisse apercevoir teute infiltration ou introduction verticale. En outre, ces pierres, rapprochées
la surface du globe et modifié, avec les cli« mats, la forme de presque toutes les espèces vivantes. La longue existence de ce peuple qui finit avec le déluge, sa présence à cette place où nous sommes, dans cette France, cette Europe qu*on a si longtemps crue un désert quand tout y était propre à la vie, fauteur les démontre par des preuves irréfra* gables. Une immense carrière rétrospective, une science dont on n'avait pas encore fi-* dée, t archéo-géologie ou l'étude de l'homme par celle du sol et de ses révolutions, est donc oiferte aux investigations de Thistorien comme à celles du géologue et de Tantiquaire. Puisque la route est ouverte, suivons-y Fauteur; les premiers qui s'y jetteront après lui pourront aussi faire une ample récolte. Bientôt ce ne sera plus une seule galerie qu'il faudra pour contenir ces reliques du passé, c'est un musée tout entier, sous les portiques duquel pourront aussi figurer ces outils, ces dolmens, ces pierres levées, antiques témoignages, sinon de Thabileté, du moins de la puissance de l'homme , car l'érection de ces monolithes, sans l'aide de machines, est encore un problème. Mais hâtons^^nous : ce qu'avaient épargné les siècles et la barbarie
partout il trouva cq que M. de Perthes avaii; trouve, et oes déqouvertes furent le sujet d*un mémoire qui lui ouvrit les portes de Tlustitut,
Cette vérificatiou et cette rétractation en amenèrent d'autres. On commença à ouvrir lea yeux et on consentit enfin à étudier la qu^tion. Le réfultat ne pouvait être douteux. M. de Perthea gagna son procès: la présence doiivragea d*bommes dans le diluvium est aujourd'hui un fait avéré.
S'il reste encore des incrédules, ce deuxième volume, qui complète les faits présentés dan^ le premier et en rapporte beaucoup d'autres, dissipera toute incertitude. Yingt-'six planches nouvelles et près de cinq cents dessins vien*nent à l'appui des descriptions. La partie la plus difficile de la question ou celle qui avait été le plus violemment combattue, Texistence dans ces mêmes bancs d'images d'bommes et d animaux, est ici, par suite de trouvailles récentes, nettement éclaircie.
La collection des instruments celtiques, ou ceux qui se rapprochent des temps historiques, s*est non moins accrue. Elle est maintenant une des plus riches qui existent. Ce n est plus aux seuls monuments du pays que s-est borné Fauteur; à force dç démarches et de dé^