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penses, il a obtenu de ces antiquités de pierre de toutes les parties du monde, et pour être sûr de leur origine, il a e'té en chercher luimême, non-seulement dans le Nord, en Danemarck, en Suède, en Norwége, en Lithuanie, en Pologne, en Russie, mais aussi dans le Midi, où ces pierres sont beaucoup plus rares, en Espagne, en Italie, en Sicile, en Grèce, à Constantinople, sur les bords de la mer Noire et les deux rives du Danube, enfin il a poussé ses courses jusqu'en Asie et dans nos possessions d'Afrique.
Son but n'était pas uniquement des fouilles archéologiques et l'exploration des musées et des monuments, il voulait aussi consulter les hommes et entendre à l'étranger, comme il l'avait fait en France, les professeurs et les chefs d'écoles. Partout il en a reçu l'accueil le plus flatteur et un véritable empressement à l'aider dans ses recherches. Aussi, dans les récits de ses voyages,* il ne cesse de se louer de cette confraternité qui fait une même fa-
• Voir le Voyage à Constantinople, 2 vol., Paris, 1855, Treuttel et Wurtz, rue de Lille, 19, et Derache, rue du Bouloy, 7. Les voyages de Tauteur, en Danemarck, Suède, Norwëge, etc., en 1854; en Espagne et en Afrique en 1855, et enfin en Russie, en Lithuanie et en Pologne en 1856, paraîtront successivement.
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** s'eit demande: puisqu'il y a de ^ands ^|)ôts de débris de mammifères, pourquoi tk%n existe-t-il pas airssi de «eux de notre ©spèce ? — A cela lauteur répond : « Ayez patience; avant Cuvier, vous ignoriez com*- |dètement que la butte de Montmartre reliât des milliers de quadrupèdes de T^ëpoque ilont il s agit. Si Fou vous eut dit qu'ils y étaient et surtout quils représentaient des espèceè n'existant plus ^nr la terre, vous làm'ieî^ refusé de le croire. C'est ce ^^i^e vous feriez encore si l'on vous annonçait tju'on vient de rencontrer un amas de restes humains, et vous ajouteriez que cette trouvaille %»t impossible. Or, en ceci vous vous tromperiez, car ce qui n'est pas vrai aujourd'hui, te ^ecB, demain, et si ce n'est pas à Paris ou tVk France qu'on trouve cet ossuaire humain^ tè seta ailleurs. Oui , cette découverte doit infailliblement avoir lieu; il suffit, pour cela, d'une fouille heureuse , du retrait d'un lac ou d'une baie , de Féboulement d'une montagne, etc. Alors ce ne sera pas un squelette isolé qu'on trouvera, c'en sera des milliers, parce qu'il est certain qu'antérieurement à la catastrophe diluvienne et peut-être même à l'époque où elle arriva, les hommes étaient
nombreux sur cette terre, et la preuve, c est le nombre de leurs œuvres : par ce qui reste de ces monuments de pierre, de ces haches, de ces outils en silex, on peut juger ce quil y en avait. »
Les dénominations géologiques employées par Tauteur sont les mêmes que celles dont se servaient Cuvier et A. Brongniart, qui furent les amis de son père et les siens. M. Boucher de Perthes avait adopté ces dénominations dans son premier volume, il a dû les continuer dans le second. Si nous faisons cette observation, c'est que depuis on en a inventé d'autres. Nous n'en discuterons pas le plus ou moins de convenance, nous dirons seulement que les dépôts ossifères, les terrains tertiaires, les bancs diluviens ou le diluvium de Fauteur, sont les mêmes terrains que les bancs d'alluvions anciennes et les terrains de transport de la nouvelle école.
ya dispan^tre devant la civilisation. Brisés par le marteau ou divises par la scie^ ces doyens de nos monuments ont déjà, sur plus d*un points servi à paver la route ou à former la culée d*un pont. Si un gouvernement protecteur ne les prend pas sous sa sauvegarde, ils périront tous.
Sauvons donc ce qu il en reste. Ne sont- ce pas les premiers jalons de notre histoire et nos preuves de noblesse, mieux encore, nos titres de propriété? N'est-ce pas cette pierre érigée dans la plaine qui y témoigne du séjour de rhomme et de sa prise de possession? Ne nous montre-t-elle pas la pensée du chef qui a entrevu Texistence sociale et qui, en disant : arrétons-'nùua là, a voulu arracher les siens à Tétat nomade ou à la vie sauvage? Or, cet homme est notre Romulus à nous, c est le fondateur de la famille dans les Gaules, le premier possesseur du sol. C'est à cet aîné des Français que nous devons ce tardif hommage: la conservation de cette pierre à Tombre de laquelle il a vécu et où il a dit : id sera la patrie.
Que ces vénérables restes soient donc ins* crits sur la liste des monuments historiques! Que ceux qui gênent la voie ou sont menacéa
par des travaux d*utilitë publique, soient transportes sur nos places ou sous le péristyle de nos musées : ils y seront le point de départ de cette suite de trésors artistiques dont la classification si savante ne laisserait rien à désirer s il n y manquait un commencement.
Sans doute on pourra nous dire: à quoi bon ces ébauches? — Nous répondrons: à quoi bon les germes et les embryons dans les musées d'anatomie? Ce nest pas seule-* ment le corps ou les organes matériels de rhomme qu il faut suivre dans leurs progrès, c'est aussi son développement moral, c est sa pensée, c est son intelligence, c'est son génie créateur. Alors pourquoi, dans le palais des arts, ne yerrions-nous pas aussi les embryons de nos cheÊ-d'œuvre? Nous aimons à garder leB premières ébauches, œuvres de nos enfants, gardons aussi celles de nos pères, puisque c'est là tout ce qui nous en reste.
Non, ces pierres grandes et petites, armes, ustensiles, idoles, symboles ou caractères, ne sont pas à dédaigner : toute une suite de révélations est là. Non-seulement elles nous prouvent l'existence d'un peuple, mais elles nous montrent sa vie entière, car elles n'indiquent pas simplement ses habitudes de
femille^ ses moyens de vivre ou de satisfaire les nécessités du moment, c'est à sa pensée et pour ainsi dire à sa conscience quelles nous initient. Elles prouvent qu il y eut en lui un sentiment d'avenir, une croyance, une foi, un besoin religieux,*une adoration, enfin qu'il a entrevu la divinité. Oui, les premiers hommes qui ont réuni leurs efforts pour dresser cette pierre , qui en ont taillé les angles pour en régulariser la forme ou qui font ébauchée pour lui donner une ressemblance, par cela seul sortaient de leur poussière. Un rayon d'en haut était descendu sur eux, ils se rapprochaient du ciel, c'était un premier hommage qu'ils rendaient à Dieu. Rendons-le comme eux et ne brisons pas son autel.
Voilà ce que nous disait M. Boucher de Perthes, et nous le disons avec lui. Oui, conservons ces monuments et aidons à la science, car e est elle qui donnera la paix au monde. « Poui; revenir à son ouvrage, le deuxième volume, imprimé avec luxe, a, comme le premier, entraîné des frais que la vente ne peut couvrir, mais la position de fauteur lui permet de supporter de tels sacrifices. Ce n'était pas une spéculation qu'il tentait,
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mais une rérité qu il proclamait ; c ëtaii cette grande question de l'antiquité de la race liu^ maine qu'il voulait résoudre^ et il Ta résolue. Aux trente*<;inq chapitres qui composent ce deuxième volume, il a ajouté^ comme au premier, une suite 9e notes, (robservationa et de remarques dont nous recommandons la lecture; elles n offrent pas moins d*intërét que le reste du livre, et jettent un nouveau jour sur cet immense travail.
Dans Tune de ces notes , Tauteur réunit tous les faits cités par les géologues mo** demes, tendant à prouver Texistence de fossiles humains. Ces faits sont nombreux, mais tous ne présentent pas le même degré de certitude : la nature fossile des os ou celle du terrain n*a pas toujours été suffisamment étudiée. Mais il en est d'autres où cette condition a été remplie, et qui d'ailleurs sont garantis par le nom seul des savants qui les rapportent L'existence de débris humains fossiles est donc aujourd'hui démontrq^ pou/* les érudits , mais elle ne l'est pas pour la foule, parce qu'il faut bien convenir que, jusqu'à ce jour, les rencontres de ces fossiles d'hommes ont été des faits isolés : ce n est jamais en massa qu'on les a recueillis. Alors
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on ^*eftl demaTidë: pnisqii'il y a de ^ands dëpôte de débris de mammifères, pourquoi n'en existe-t-il pas aussi de ceux de notre espèce ? — A cela lauteur répood : « Ayez patience; avant Cuvier, vous ignoriez com^ ptètement que la botte de Montmartre recelât des milliers de quadrupèdes de T^poqae dont il s*agit. Si Ton vous eut dit qu ils y ëtâient et surtout quils représentaient des espèces n'existant plus snr la terre , vous auriez refusé de le croire. C'est ce que vous feriez encore si Ton vous annonçait quon vient de rencontrer un amas de restes hu^ mains, et vous ajouteriez que cette trouvaille ^t impossible. Or, en c^i vous vous tromperiez, ear ce qui n'est pas vrai aujourd'hui, le seira demain, et si ce nesl; pas à Paris ou ffn France qu on trouve cet ossuaire humain^ ee sera ailleurs. Oui , cette découverte doit infailliblement avoir lieu; il suffît, pour cela, d'une fouille heureuse, du retrait d'un lac ou d'une baie , de Téboulement d'une montagne, etc. Alors ce ne sera pas un squelette isolé qu'on trouvera, c'en sera des milliers, parce qu'il est certain qu'antérieurement à la catastrophe diluvienne et peut-être même à l'époque où elle arriva, les hommes étaient
nombreux sur cette terre, et la preuve, c'est le nombre de leurs œuvres : par ce qui reste de ces monuments de pierre, de ces haches, de ces outils en silex, on peut juger ce qu il y en avait. »
Les dénominations géologiques employées par Tauteur sont les mêmes que celles dont se servaient Cuvier et A. Brongniart, qui furent les amis de son père et les siens. M. Boucher de Perthes avait adopté ces dénominations dans son premier volume, il a dû les continuer dans le second. Si nous faisons cette observation, c'est que depuis on en a inventé d'autres. Nous n'en discuterons pas le plus ou moins de convenance, nous dirons seulement que les dépôts ossifères, les terrains tertiaires, les bancs diluviens ou le diluvium de l'auteur, sont les mêmes terrains que les bancs d'alluvions anciennes et les terrains de transport de la nouvelle école.