CHAPITRE nVllI
Des pointes de flèches eo pierre et en os. — Epoque utédiliTioBie.
— Epoque celtique.
Des instruments en pierre, ceux que Ton rencontre le plus généralement dans les pays très-anciennement habités et qui varient le plus de forme , sont les pointes de flèches. Les premières, comme nous l'avons dit, lourdes et grossières, n'étaient pas emmanchées; on les lançaient à la main ou à l'aide d'un conduit de bois, sorte de sarbacane ouverte. Mais la portée de ces projectiles ne pouvait être bien grande ni leur direction bien sure; alors on fit des pointes plus légères qu'on plaça au bout d'un roseau, on y ajoota deux plumes et on les lança à l'aide d'un arc.
Les plus anciennes de ces flèches ont, sans doute, été faites avec des pointes de cristaux ou des éclats provenant des brisures de silex ou autres pierres dores. Mais les cristaux sont rares et les hasards d'une
FLÈCHES ANl^lLUVIENNES ET CELTIQUES. 279
<»ssure ne produisent pas toujours des éclats en pointe; on y pourvut, tant bien que mal^ par de nouvelles cassures , et on arriva à faire ainsi des flèches longues et effilées. Puis , pour produire une blessure plus ouverte, on les élargit et on leur donna une coupe triangulaire.
Plus tard, on modifia ces deux formes, selon les besoins^ le caprice, la mode ou la nature de la pierre qu*on employait. On en a fait d'ovales, puis en forme de langue, de lancette, de couteau à arête, à dents, a sde, mais tous dérivaient des deux flèches primitives à pointe droite et à pointe triangulaire.
C'est cette pointe droite ou en feuille de saule qu'on rencontre dans toutes les parties du monde. Les plus communes sont en silex, mais il y en a aussi en quartz, en agate, en calcédoine, en cristal de roche. La longueur ordinaire des plus petites , car leur taille varie beaucoup, est de 2 à 4 centimètres, leur largeur de 4 à 8 millimètres, leur épaisseur de 1 à 2.
Les flèches des bancs diluviens sont presque toujours dépourvue^ de pointes, soit parce qu'elles ont été rompues, soit parce qu'elles sont restées inachevées.
Quelques-unes, notamment celles du Groenland, sont si fragiles, que la moindre contraction du corps contre lequel on les lançait devait les briser. Beaucoup ne pouvaient servir qu'une fois, mais en restant dans la blessure, elles faisaient des plaies souvent mortelles.
Il en est à pointe un peu recourbée qui ont la forme de nos lames de canif, à la seule différence qu'elles sont tranchantes partout, sauf à la base. La