GATOB DE L* ANALOGIE DES SIGNES
été leurs aïeux, la tradition leur en fut restée. Les peuples oublient leur origine , mais non celle des moDumaits qu'ils ont érigés , car, de génération en génération, ces monuments le leur rappellent, et de père en fils ils se disent : nos aïeux les ont faits ; et ils ne cessent de le dire que lorsque Tœuvre a disparu ou qu'ils ont disparu eux-mêmes.
Ainsi, ou œs peuples sont séparés de nous par un tMips indéfini et qu'on ne peut plus mesurer, ou ils ont été anéantis par quelque grande catastrophe qui a effiicé leur nom de la terre. Je n'aflirme pas que ces pierres posées soient des créations antédiluviennes, mais j'oserais encore moins assurer le contraire. Ce qu'on peut dire avec certitude, c'est qu'elles ne sont ni romaines , ni celtiques , ni gauloises , ni l'œuvre d'aucune nation dont nos ancêtres et les ancêtres de crax-ci aient eu révélation, et que ces nations oubliées précédèrent celles qui érigèrent des cités.
Cet état de choses , ou l'existence vagabonde de ees tribus sans villes et sans métaux , a donc duré avant et après la catastrophe diluvienne; et cette pé* riode que divise le déluge, c'^t-à-dire l'anéantissement de la presque totalité de la famille humaine et sa résorrection, embrasse un nombre de siècles que l'imagination a peine à saisir.
Les hommes antédiluviens et les hommes post-dilu-* viens ont pu présenter quelque différence de conformation, différence analogue à celle qui existe entre les animaux de l'une et l'autre période, mais les habitudes et les mcDurs de ces hommes n'en sont
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pas DKMII8 restées les mêmes, parée que leurs seas^ leurs oi^aues et eonséquemment leurs besoins et !« mode d'y pourvoir n'avaient pas changé. C'esl oe qui explique la similitude des instrumenCs , des ame» el des signes de pierre des deux époques.
U est donc probable, disons môme certain, que l'âge de pierre a duré infiniment plus longtemps que l'âge des métaux; que l'homme des viHes, l'hoonne sédentaire, l'homme qui a suceédé à l'homme ertant, â l'hoaune chasseur, pécheur ou pasteur, est oomp»^ ratîvement nouveau sur la terre. Babylone, PersqpoUs, Thâ)es, etc., villes les plus anciennes qu'on connaisse, m remontent pas au-delà de quatre mille ans. S*il en est de plus antiques, ensevelies dans la profondeur des mers ou recouvertes par des couches de laves, par des éboulements de terre ou des détritus végétaux, elles nous sont , jusqu'à ce jour , resté inconnues» Sans doute si Ton n'admet rien au-delà des monomenls visibles et des diefs-d'œuvre d*arts, c'est-à<-dire de la fondation des villes de pierre, Tespèce huauûae est eflèotivement nouvelle. Hais je le demande encore: est41 vraiseod>lable que, 4^ leur enfance, les honuMs aient été architectes et sculpteurs? Et leur longue enfance, quand elle ne serait pas prouvée par cette mut-* titude d'ébauches et de figures grossières, n'est-eUe pas chose plus probable et complètemeni en rapport avec ce que nous voyons de nos jours? N'est-il pas des peuples encore mineurs et qui le sont depuis des siècles et le seront bien des siècles encore et mèoM toujours, si quelque circonstance heureuse ne les tire
CATOS DE l' ANALOGIE DES SICNGS. AS
pas de leor crëtinisme on de leur léthargie. L'homme ert on animal phrs susceptible d'éducation que les antres, mais si cette éducation ne lui est pas accordée, si la religion ne lui vient pas en aide, s'il s'abandonne i ses senls instincts sans nser de sa raison , il reste peu différent de la brute.
Je ferai ensuite cette remarque dont on appréciera la portée : s'il est facile de croire à la longue enfance de l^omme ou à ses tâtonnements dans la carrière des arts et do raisonnement , il le sera beaucoup moins de comprendre sa non existence ou même le peo d'ancienneté de cette existence , car alors , ou il bodrait admettre que la terre est un globe nouveau, et la géologie nous prouve quMI est vieux ; ou bien que ce globe est nouvellement habitable, et le contraire est encore démontré par les débris des êtres, notamment des mammifères qui ne peuvent vivrcque dans les mêmes conditions que l'homme. Or, ces débris de quadrupèdes se présentent en grande abondance dans les bancs tertiaires et même dans quelques parties des terrains secondaires ou intermédiaires. Si Ton examine le temps qu'il a fallu pour former les oooches de détritus végétaux et autres qui, sur certains points, recouvrent ces bancs, et si l'on analyse ces terrains, on y trouvera la démonstration toute matérielle que la terre est propre à la vie de Thomme depuis un temps incommensurable ; et comme la nature ou l'action do Créateur, cette action qui nous le montre partout et à tout instant ne s'arrête jamais, et que le bon sens nous dit que ce Créateur ne fait rien pour