‹ Antiquités celtiques et antédiluviennesChapitre 8 sur 46 · CAUBB DE L* ANALOGIE DES SIGNES · texte numérisé non relu

CAUBB DE L* ANALOGIE DES SIGNES

chose : il est évident qae toute œuvre a eu son principe et son ^Mtoche.

Quand nous étudions ces terrains, berceau de nos pères, rien n'est à dédaigner, même ce qui est simple et grossier. Ne repoussons pas le plus petit indice : cette vfrie pratiquée dans la colline ou cette marque tracée sur le roc , prouve tout aussi bien qu'un homme a été là que s'il y avait érigé un autel. Le navigatear qui découvre une contrée lointaine, avant de dire : cette terre est vierge, aucun pied humain ne Ta touchée avant moi , doit d'abord en analyser la poussière. Ainsi fait l'Indien quand il suit une piste : à la pression du sable, au pli d'une feuille, à la courbure de l'herbe, à la chute d'un bourgeon, à la cassure plus ou moins haute d'une jeune branche, il reconnaît cdoi qui a passé par-là : c'est un homme , c'est une femme, c'est un enfant, c'est un chevreuil ou un castor.

Voilà comme doit agir celui qui interroge une terre ioconmie. Ce n'est même pas assez : apris en avoir exploré la surface, il faut qu'il la fouille, qu'il l'analyse. Sî cette plaine est fertile , si elle a sa verdure et ses fleurs, ses sources, ses lacs ou sa rivière, si, même en l'absence d'une eau visible, une certaine humidité et la conformation des coteaux indiquent que cette eau est voisine, si l'air est respirable et sain, qu'il n'en doute pas, à une époque plus ou moms reculée celte plaine a été habitée, et il en trouvera la preuve s'il la cherche, car Thomme a été où il pouvait aller, et il s'est arrêté partout où il pouvait vivre.

11 est vrai que partout aussi il doit mourir, et qu'il

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est natarellement inconstant et destrncteuf : les nous renseignent. L'Asie, TAfriqoe et notre Europe même nous montrent des campagnes nagnère oe«verCes de tribus riobes et industrieuses, qui aujourd'hui swt abandcmnées ou n'offrent plus de loin à loin ^'uM masure et un mendiant. N'en est-'il pas ainsi de 4a campagne de Rome , de la moitié de l'Espagne > des trois quarts de la Grèce , des quatre cinquièmes ém côtes de la mer Noire et des rives du Dannbe, an«trefois couvertes de cités^ aujourd'hui veuves même de leurs villages? Encore quelques siècles de dépopulation, et là aussi on cherchera vainement un habitant, et l'on dira peut-être : il n'y en a jamaii eu.

Mais là aussi la vie se montrera de nouvean; Wê temps de solitude ne sauraient être étemels. Afocone terre susceptible de produire ne chôme indéfiniment : chaque champ a eu ses jours de prospérité, il les aura encore. A côté d'une nation qui finit, il y en a une qui commence. Si ce n'est plus la mème^ ne sont encore des hommes.

Sans anticiper sur l'avenir, nous inférerons de eeci*: que non-seulement l'homme est plus ancien sut la terre qu'on ne le croit généralement , mais qo^à diverses ^époques sa race y a été plus nombreuse qo'nn* jourd'hui, et qu'on peut montrer sa trace dans presque toutes les parties du globe.

Si l'on n'admet pas sa résidence prolongée tletns des contrées si diverses et si distantes de celle qu^tm regarde comme son berceau, il faut au moins croire à son passage ; et à l'appui de cette assertion , je

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dtenii ees grandes migrations qtii, dos temps les plus reooléS) (Mit eootioué jusqu'à nos jours.

La tradHkm nous dit et la géologie nous prouve qae hi terre, même depuis que la famille humaine y esl reine, a, sur plusieurs points, changé de face : cbs mers se trouvent où il y avait des terres ; des goUe» se sont formés; des continents sont devenus des Mes. Ailleurs , des bcs desséchés nous offrent des pfaûaes ; de grands fleuves ne sont plus que des ruisseaux, et par une fermentation subterranée om des soulèvements volcaaiques, des montagnes ont sargi où il y avait des vallées.

Dans ces révolutions terribles, des milliers d'êtres OBt péri. Ceux qui ont survécu out foi. C'est ainsi que les premiers déplacements des hommes ont, comme ceux des animaux, été déterminés par la peur ou le soin de leur conservation : on fuyait devant le fléau, et l'on fuyait encore quand il vous poursuivait dans b région nouvelle où l'on s'était réfugié.

La trop grande multiplication des animaux féroces était une autre oause de fuite.

Qn peut induire de tout œei que ces premiers peuples ont été nomades, et que leur vie entière n'était qu'une marche continuelle.

Il est difficile d'imaginer les distances que parcouraient ces populations ainsi chassées. On ne peut les comparer qu'à celles que franchissaient certains quadrupèdes, les éléphants, par esemple, quand, eux aussi, formaient un peuple plus nombreux peut-être que depuis furent les hommes. La terre entière ,

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dont ils semblaient les rois, n'était pour eux qa'iiD vaste pâturage. Pour qu'elle pût suffire à leur consommation, ils l'avaient mise pour ainsi dire en coope réglée, et quand ils avaient dévoré tous les végétaoz d*un pays , ils se rendaient dans un autre où les arbres avaient encore leurs feuilles et les prés leur herbage. Longtemps en guerre contre les grands carnassiers, leurs ennemis naturels, ils en avaient rédak le nombre, et préparé ainsi la voie aux hommes.

En des temps moins prospères, car chaque race a ea ses jours néfastes, on a vu ces animaux, chassés par on déluge, courir du midi au nord, ne s'arrôtant qa*aa point où la terre leur manquait. Là, saisis par les glaces, figés sur place, ils disparurent sous l'amoncellement des neiges, d'où, après bien des siècles, s'échappèrent leurs os qui ont couvert des îles et des continents entiers.

Et les hommes aussi , lorsque leur jour d'épreuve fut arrivé, ne les a-t-on pas vus allant d'une terre à l'autre, poursuivis par la faim et les eaux débordées, et devant eux ne trouvant qu'un abyme? Si le torrent dévastateur venait du même point , pourquoi , dans leur fuite, n'auraient-ils pas pris la même direction? La même cause amène les mêmes eOets. Alors poar* quoi, à la suite de quelque nouvelle convulsion de la nature ou par l'eQet d'un simple rayon de soleil perçant les brumes du nord, leurs os ne reparaitraient-ils pas?

Nous reviendrons sur ceci, et nous dirons combien sont grandes les probabilités de cette découverte pins ou moins prochaine de quelque vaste ossuaire humain.

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En atteodant, nous allons continuer l'examen des preaves de la présence successive des hommes dans presque toutes les parties de la terre.

La nécessité n'a pas toujours déterminé ces déplacéments ; quelquefois les émigrants n'ont été entraînés que par Tamour du changement et leur humeur vagabonde* Cette marche incessante, cette course en avant qui durait leur vie entière, était souvent continuée par leurs descendants avec une persévérance ^le ne décourageaient ni la mort des chefs ni la destruction d'une partie de la nation. Quand la tradition nous montre ces hordes poussées les unes par les autres, arrivant de la Chine jusqu'au centre de l'Europe , on peut croire, qu'il est des races qui ont, lorsque la mer ne les arrêtait pas , marché ainsi d'une extrémité du monde a l'autre.

Cet instinct d'aventure est dans la nature inquiète de l'homme, spécialement dans celle de l'homme sauvage et chasseur : sans cesse à la poursuite du gibier, il est toujours prôt à abandonner le pays où il n'abonde pas.

Il en est de même des peuples pasteurs, qui n'ont de patrie que là où ils trouvent de l'eau douce et dee pâturages.

Nous avons vu que l'irruption des mers a transformé en lies des terres qui, dans ces temps reculés, faisaient partie du continent. C'est ainsi qu'on y conçoit la présence de ces races d'animaux qui n'ont pu y parvenir à la nage et que les hommes n'y ont pas porté ; ces races y étaient quand la séparation se ût.

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Des hommes y vivaient probablemeot aussi. S-ils ont cessé d'y habiter, si, pendant des siéeles, ces tles ont été oubliées et désertes, cela ne détruit pas ee ténoignage de leur présence ou ces signes de [ûerre qa'on y a recueillis. Si ces signes sont d'une matière que le sol ne donne pas, silex., jade, porphyre ou granit^ si rien n'annonce qu'ils aient pu être apportés par la mer et les courants, tl faudra bien recoonaitre ftte leurs auteurs venaient d'ailleurs , ou s'ils étaient iadigènes, qu'ils communiquaient avec d'astres peuple».

Ce ne sont pas seulement des armes, des symboles qu'on a recueillis dans ces pays oubliés, on y a trooré des sépultures et les os d'une ' race inconnue. Des types presque semblables ont été vus dans notre vieux continent: les tombelles nous ont montré des têtes d'hommes évidemment étrangers a la Gauié et probablement à l'Europe. D'où sortaient-ils 7 On ne le sait, mais ils venaient de loin; et ici mcore on a pu conclure que depuis un temps immémorial et antérieur à toutes les tradition^, il y a eu de grandes migrations d'hommes, ce qui dénote toujours uae population nombreuse.

Ce vagabondage des nations a été la cause pria» cipale de leur longue enfance : les peuples errants ne se perfectionnent guère. Les Arabes du désert ne sont pas aujourd'hui plus avancés qu'ils l'étaieaC du temps d'Abraham ; il est même possible qu'ils le soient moins.

Les Tartaros n'ont commencé à se civiliser que là où ils ont pris des établissements fixes.

L'&ge de pierye ou cdoi qu» a précédé la connai»aaiioe et fenploi de» métaiury eet âge qni dure encore pour bîe& des tribus, noos oflre aiaai ttae soile de aièeles deat il est difficile d'apprécier le nembre^ BMW cette période a été pla» loogue que cette qui a'ttt écoolée depuia le principe de Thabitation fixe os de la finMbtion des villes.

Les viUcs de bois el de terre, eemme on en voit dau rinférieiur de l'Afriqoe et les îles de TOcéanie et JQsqne dans noire Europe, ont précédé de bi» des siècles lee cités de pierre;, celles-ci n'ont dû s'étendre et se muk^ilier qu'à mesure que les métaux et les outils de bronze et de fer devenaient usuels. Ce n'était pas avec des badies de silex qu'on pouvait, sans grands frais et perte de teo^, équarrir le bois et tailler le Boarbre et le granit.

Que les peaples antédilnviens aient, comme les Egy^h tiens et les Assyriens , eu leurs monuments durables , ce n'est pas impossible, et peot-*étre tm jour, si les m^e se retirent, en trouvera-t*«a les débris; mais JM^*à présent tout indique que ces hommes vivaient soos la tente ou ne bâtissaient qe'en terre. S'ils avaient M leurs tempes, leurs colonnes, leurs obélisques, leurs staHes, le torrent, en les renversant, ne les eut pas brisés au point que les bancs où nous trouvons les haches, les couteaux et autres objets plus fragiles, ne nous m montrassent les fragments. Les seuls restes qu'on pourrait considérer comme provenant des constractîons antédiluviennes seruent cwfondus parmi ces blocs erratiques qui n'ont pas été apportés par les glaces

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oa par les eaux. Mais ces blocs, du moins ceux que j^ai examinés, ne portent aucune trace de travail. H fii»drait donc croire que les monuments antédiluviens ne différaient en rien de ceux que nous appelons ceitiqnèi^ dont les plus anciens ne présentent non plus aoomi signe d'œuvre. J'ai dit qu'attribués aux Celtes, ces monuments, évidemment plus anciens que ce peuple^ étaient déjà vieux à l'époque de l'occupation dos Gaules par les Romains, et si vieux que les Gaulds eux-mêmes n'en savaient pas l'origine : elle est dona antérieure à toutes les traditions historiques.

Cependant l'érection de ces pierres dont quelquesunes , par leur pesanteur et leur forme peu maniable, présentaient des difficultés de locomotion biai autres que celles de nos plus grands obélisques , ne pouvait , alors qu'on ignorait la mécanique et là puissance des machines, avoir lieu qu'à force de bras. Le concours d'un peuple entier était donc nécessaire^ et ces rocs immobiles depuis la création , obéissant à la volonté de l'homme, se dressaient pour soulever d'autres rocs plus gigantesques encore et les maintenir dans un équilibre éternel. Ce premier triomphe de la force vivante sur la force inerte, cette puissance de l'union, enfin ces premiers-nés des monuments ho-' mains , moins brillants que leurs successeurs , mais non moins étonnants et beaucoup plus solides, devaient frapper ces peuples de surprise et leur laisser un long souvenir. Ce souvenir, comment l'auraient-ila perdu? Si les auteurs de ces édifices devenus l'obj^ de leurs hommages et souvent de leur culte, eussenc

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