AristuLe,i''V;7., VI, i
tiques sur les profits illicites des fonctionnaires, ils trouvaient le moyen de faire leurs allaircs sans toucher de traitement'. Seuls les employés subalternes et les gens de service, qui le plus souvent étaient des esclaves, recevaient une solde. En revanche, nous voyons souvent que les magistrats sont nourris aux frais du public, quelquefois à des tables distinctes où n'étaient admis que les membres d'un même collège, quelquefois aussi tous ensemble ^ Ainsi s'explique comment les auxiliaires qu'ils étaient autorisés à s'adjoindre pour la prompte expédition des affaires sont appelés leurs parasites, c'est-à-dire leurs compagnons de table".
Il nous reste à étudier la troisième voie ouverte à l'activité politique, qui n'est autre que la carrière judiciaire. Sous les gouvernements oligarchiques, la coutume était que, dans les affaires civiles, la justice fût rendue par des magistrats agissant isolément, non par des collèges \ Ces magistrats ne fonctionnaient pas seulement dans les villes; la justice était représentée dans chaque canton, surtout en Elide, où des familles considérables ne s'étaient pas rendues au chef-lieu depuis deux ou trois générations, grâce aux facilités que leur donnaient les juges locaux^. Jamais, au contraire, même dans les oligarchies, le droit de se prononcer sur les crimes entraînant la mort, le bannissement, la conhscalion ou de grosses amendes n'était confié à un juge unique, mais aux collèges qui étaient en même temps la plus haute expression de la puissance délibérante ^ Les meurtres et tous les crhnes, qui, à un point do vue religieux, étaient considérés comme des attentats contre la majesté divine ressortissaient en particulier à ces mêmes collèges, ou à des juri(licli(uis spéciales.
i . Isocrale, Avi'oikkj., c. i), g 2i l'L 25.
2. AristoLe, VdIH. , VI, 1, J; '.) ; l'ititarque, Cimon, 1; Sclmlics de l'iliinlc, IX, 70; X('Tiophon, llcllcn., V, 4, § 4; Coi'nelius Nopos, Ihinpiilas, 2. iNous parlerons plus tanl (rAllièiics.
;>. Athénée, V, 1, p. 234.
4. C'est ainsi par ex. que les choses se passaient à Sparte ,.\ristoto, Pitlil., m, 1, S 7) et dans Athènes avant Solon (Diogène Laerle, SoUm, c. 38V Voy. aussi Schœmann, Anliq. Juris publ. Grœc, p. S(5.