Xénophon, He//en., VII, I
3. A. Corinlhe, l'oligarchie reparut, après la chute de la tyrannie, mais fondée sans doute sur la fortune plus que sur la noblesse. Grâce à l'activité industrielle du peuple et à la sollicitude du gouvernement pour le bien-être matériel, la tranquillité fut maintenue. Pour la composition du Sénat, voy. plus haut p. 157, n. 1. Mégare, délivrée de ses tyrans, paraît avoir été en proie à toutes les violences du gouvernement populaire, auquel succéda de nou-
Les circonstances qui chez les Athéniens firent triompher la démocratie durent produire ailleurs des résultats analogues. La marine et les armées de mer, dit Aristote, sont essentiellement démocratiques. Suivant lui, lapopulation nombreuse que le commerce attire dans les villes maritimes, peut difficilement se soumettre à un g-ouvernement autre que le gouvernement populaire. La multitude se révolte contre des privilèges fondés sur la fortune ou même sur les services rendus, et ne peut être satisfaite que par une complète égalité'. Lorsque Athènes fut à la tète d'un grand nombre d'Etats grecs, formés presque uniquement d'îles et de côtes, la constitution qui avait ses préférences fut réclamée par les peuples qui lui étaient soumis^ Au contraire, l'influence des Spartiates, là où elle fut prépondérante, s'exerça en faveur de Foligarchie, ou du moins arrêta le triomphe de l'élément démocratique. Cependant s'il est vrai, en général, que la démocratie fut le gouvernemeni de la ligue athénienne, et une oligarchie plus ou moins tempérée celui des Etats affiliés à Sparte, les exceptions ne manquent ni d'un côté ni de l'autre. Dans l'île de Lesbos par exemple, à Mitylène^ le parti oligarchique était encore assez puissant, au commencement de la guerre du Péloponèse, pour préparer la défection de l'île, et ces manœuvres auraient sans (Iwite abouti si, à la suite de querelles privées, le complot n^eut été révélé aux Athéniens". L'oligarchie avait subsisté à Samos jusqu'à la neuvième année avant la guerre du Péloponèse, et ce ne fut qu'après six mois d'hostilités que U's Athéniens y établirent la démocratie*. Encore, vingt-neuf aus plus lard (412
veau l'oligarchie. (Aristote, Polit., IV, 12, § 10 et V, 4. ij S ; l*Iiit;ir(|ii(\ (Juii'sl. (jr. 59). Plus tard, des griefs contre les Corinthiens poussèrent MT'gare à conclure avec Athènes une alliance qui donna la prépondérance à la démocratie jusqu'à la guerre du l^éloponèse, où l'oligarchie reprit le dessus. (Thucydide, I, 103, et IV, 74.) A Egine, où l'on ne trouve aucune trace de tyrannie, le peuple fit avant la guerre contre les Perses une tentative inutile pour renverser le gouvernement oligarchique. (Hérodote, VI, 91.) A iNaxos, vers le même temps, un parti d'oliganpies qui avait succédé aux tyrans fut chassé pai- lc|ii'uple. (Hérodote, V, 30.)