Tliucvdide, V
noblesse^ à la suite du coup funeste que lui avait porté Cléumène vers Tan .'JÛO. Des serfs de la glèbe {yj[j.rr,xz:) en profitèrent pour s'affranchir et restèrent quelque temps en possession du pouvoir ; ils en furent dépossédés, mais les Argiens ayant, pour augmenter leurs forces, transporté dans la capitale les périèques qui habitaient les villes soumises, Tirynthe, Hysiai, Ornée, Mycènes, Midia et d'autres encore, le triomphe de la démocratie fut assuré, sauf de courtesinterruptions ' , Chez lesEléens au contraire, bien qu'Elis se fût accrue, vers l'année 469, par l'adjonction de plusieurs bourgades^ la population était composée surtout tic campagnards et de laboureurs peu sensibles aux séductions démocratiques. Même après que fut renversée l'oligarchie des quatre-vingt-dix gérontes, nommés à vie et choisis exclusivement dans un petit nombre de familles, les autorités urbaines, le conseil des Six-Cents et les démiurges paraissent avoir été le produit d'une élection moins conforme, il est vrai, aux principes oligarchiques, mais où la démocratie pure était loin de trouver son compte". — Kn dehors du Péloponèse, Thèbes se vantait d'être régie par une oligarchie tempérée qui, après avoir perdu ce caractère durant la guerre médique, par suite des entreprises de quelques familles, avait été rétablie sur ses vérilables bases^ Ce gouvernement paraît avoir été moins nobiliaire que limbcratique, car la loi n'excluait pas des magistratures les citoyens enrichis par l'industrie ouïe négoce, ni même par le pelit connnerce, el exigeait seulement ([u'ils eussent renoncé à leur profession dix ans avant dentier dans les charges'*. Thèbes cependant lit aussi une épreuve passagère delà démocratie radicale. — Il y avait encore à Oichomène une caste de chevaliers, lorsque la ville fut détruite par les Tliébains, vers le milieu du iv*" siècle (Olymp. CIV,1)^ Thespies était gouvernée par une noblesse dans laquelle se recrutaient les démuques ; le pcuiiic vi\anl du travail manuel et de l'a-
1. HlmoiIuIc, \1, 7G-S;!. l'ausiiuia!', \'lll, .'7, ?< l; Tliucytlidi', \', -J'J, 4'», SI et 82.
2. Diodurr, \l, 5i-; TIiul-viIkIc, \, i? ; Arislnb-, l'ont.,\\ 5. .i; S. H. Thucydide, III, (V2.
A. Voy. [tlus liaul, p. IS'3.
T). DiJdore, XV, T'J.
200 LA t.wi: (.ui;i;<ji i;
,:;ri(iilliiro éliiil exclu des iiostcs honftrilifjiics. l'ii soiilcvcnionl roiitiT lu fiasse cloininaiilc, (|ui se [»i(Mliiisil durant lu fiiioiie (lu l*él(t|H»ui'se, l'ut couiiii'iuK'! avee l'assislunce deThèbes'. \]n riiessalie, roli^arcliie de la noblesse réi^nail sansconlesle «lie/ la race con(|U(''i'aute; eepeudafil certaines indieatitMis prouvent (ju'eii dillerents lieux le jteuple ublinl des concessions doul il est (railleurs impossible de dé'tei'uiiner I iiu]>iutauc(î. — On a vu [dus liaul (jue les villes de la (Irande-iirece avaient jéclamé l'aide des Acbé'cns, pour régler les condilimis de lf;iir gouvernement. Aussi leurs Constitutions avaieiil-elles le caraclère d'une démocratie tempérée. Pour la Sicile, nous pouvons nous borner à dire que, après plusieurs alternatives entre la tyrannie et le régime démocrali(jue, la tyrannie prévalut.
Ces données, si sèches et si insuffisantes qu'elles paraissent, sont tout ce (]U(^ nous avons pu recueillir de certain sur les Constitutions des Etats grecs, en dehors d'Athènes et de Sparte. Quelques autnjs témoig'nag'es épars çà et là sur les magistratures et les institutions, sont trop brefs pour être instructifs. Les dénominations de démiurges, de démuques, de nomophylaques, de thesmopbylaques et autres ne permettent pas même de reconnaître sûrement si l'on a all'aire à une oligarchie ou à une démocratie. On ne sait non plus de manière certaine si une expression qui revient souvent, celle de Gr,;x;j r.pz—y-r^:, désigne une fonction publique ou si elle s'applique à quelque chef du parti populaire, comme il en existait dans toute ville grecque'. — Il ne nous reste qu'à esquisser les traits généraux de la démocratie, ce que nous ferons en prenant surtout Aristote pour guide.
1. Dioclore, IV, 29; Héraclide de l^oiil, n» 43; Thucydide, VI, 95.
2. Il y a de nombreux passages où ces mots doivent être pris incontestablement dans le second sens : il n'y en a pas un seul où la première acception s'impose. Tout ce t|ue Ton peut dire c'est qu'elle est quelquefois admissible. .