‹ Antiquités grecques (volume 2)Chapitre 154 sur 494 · CHAPITRE DOUZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIEME

Le principe sur lequel repose la démocratie estrégalilé qui, suivant l'objet auquel elle s'applique, s'appelle isonomie ou égalité devant la loi, isotirnie ou ég^alité devant l'opinion, iségorie ou droit égal à la parole, soit devant les tribunaux, soit dans les assemblées populaires. Mais il y a deux manières très différentes de comprendre cette égalité. L'interprétation raisonnable c'est que les droits de cbacun soient réglés sur ses mérites et ses aptitudes; l'autre consiste à investir indifféremment tout le monde de tous les droits*. Ce fut seulement dans les temps postérieurs que ce dernier système trouva aussi des adhérents en Grèce. L'ancienne démocratie admettait des diderences ; suivant elle, les citoyens n'avaient droit de prendre part à l'administration de la chose publique qu'en raison de leur valeiu* et des services qu'elle h'S niellait à même de rendre. La difliculté était surtout dans l'application pratique de cette règle : il y avait un ordre d'aptitudes et de services facile à constater, c'est celui dont la richesse était l'unique condition ; la conséquence était de classer les citoyens d'après le cens, et de proportionner à leur fortune leurs droits et leurs devoirs; tel est le principe timocratique. Mais il y a des offices dont la fortune seule ne rend pas capable. Beaucoup exigent des dons qu'elle ne suppose pas nécessairement et qui peuvent exisler sans elle, que les pauvres possèdent souvent ;ï un plus haut degré que les riches, à savoir la droiture de l'esprit, le courage et toutes les (jualilés morales que les (Irecs comprenaient sous le nom d'àps-r,. L'idée de faire de la pauvreté une cause d'exclusion et de régler les privilèges (ra[)rt's la seule considéralion de la richesse clioijne nianileslenieiil h' piMni'i[ie lé-

Page 1