lîphore cité par Strabon, VIII, p
4. Ephore, 1. c. ; Pausanias,TII, 20, § 6. Suivant d'autres, les Hilotes formaient une classe intermédiaire entre les hommes libres et les esclaves. Cf. PoUux, ITI, 83.
5. De là les qualifications de ù^xtiIti oloi; pour à[x:pî(TravTî:, et de £p'jxT?ipî; ; voy. Hesychius s. v. àfjirtxT., et Athénée, VI, p. 27! .
6. Voy. Pausanias, dont le récit (IV, 16, § 3) est évidemment un souvenir de Tvrtée.
LES HILOTKS 233
Dans la g-ucrre du Pélopoiièsc, lorsque les Spartiates se virent à la tête d'une flotte considérable, ils employèrent les Hilotes comme rameurs et comme soldats de marine (èz-iâxa:) *. Brasidas en conduisit 700 vers la presqu'île Clialcidique, et Agis en emmena 300 à Décélie. Plus tard, dans la guerre contre les Thébains, un appel fut fait aux Hilotes : tous ceux qui étaient prêts à servir comme hoplites n'avaient qu'à se présenter; la liberté leur était promise en récompense". C'était d'ailleurs une règ-le générale : quiconque avait servi comme hoplite était affranchi par là même.
De ces Ilil o tes affranchis pour prix de leurs services militaires , se forma la classe des JNéodamodes, que l'on trouve mentionnés pour la première fois durant la guerre du Péloponèse. Il ne paraît pas qu'ils soient encore bien nombreux dans l'année 421 , lall®dela guerre^ car ils sonttous envoyés, conjointenientavec les Hilotes qui avaient combattu sous les ordres de Brasidas, pour défendre Lépréon contre les Éléens^ Quelques années plus tard (413), Eccritos conduit en Sicile une troupe de 600 hommes, formée avec l'élite des Hilotes et des Néodamoiles. L'année suivante Gylippe n'emmena aussi à Syracuse (ju(î dos Néodamodes et des Hilotes; on ne ditpas quel en était le nombre. En 400, 1,000 iS'éodamodes environ suivent Thimbronen Asie, et Agésilas entreprend de porter la guerre en Perse avec 30 Spartiates, 2,000 Néodamodes et 6,000 auxiliaires \ On ne voit plus reparaître les Néodamodes après la période que comprend l'histoire de Xénophon. Sans doute les S[)artiates ne jugl-reiit pas prudent de laisser se développer davantage une classe
1. Xénophon, UcUni,, VII, I, i; 12, d'après Myron, cité par Alliénéo (\'I. p. 271) et KuslallH! {nd II. XV, 4:51), ils étaient appelés oïTrtoar'.ovDtOTxt. C'est improprement que les Hilotes sont présentés dans cette occasion comme des alTrancliis ; mais régulièrenuMil ils iioiivaicnl recevoir la liberté, t>n récompense de leurs services.
2. Tliucydi.ie, IV, SO et VII, 1<); Xénopiion, U,-llen., VI, 5. îj l'S.
3. Tliucydiile, V, 'M. Que tous ceux (|ui rei^ureiiL celle destination fussent des Néudiimodes, c'est ce (|ui résulte de l'arlicle joint à leur nom {\t.i-:'% t(ov vîo5a[xo5wv). Gel article eu elTet, ne peut s'e.xpliiiuer autrement, les .Néodamodes n'ayant pas encore été nommés.
A. Tliucy<lide, VII, 19 et 'iS; Xéiiopliou, \Wllnt.. III. I. i; i. et i. ;:; 2, et A'/rsilus \, ^1 ; Plul;in|ue, .Si/rsiliis, C.
2'M I oNsiri I iioN m m-shi i;
(riioiTiincs(|iii ne (levait sou cxislenrcMju'aiixiiécJîSsilés présentes (le l;i ^iien-e. Tons les llilolcs îillratieliis pour services niililaiics preii;iieiil-ils aussitôt rang})aniii les .NéodamiMies, ou, cojiiiiie (piehpies (;rili(]ues l'ont pi-éleiidu, celte faveur nélailellc accordée qu'à la sec(uidef^énératioii '? Sans nous prononc(;r d'une manière fninielle, nous croyons la dernière hypothèse pou fondée. Elle ne repose que sur deux passaj^es de 'J'hucydide\ on les Néodamodes sont cités à côté des Brasidéens alfranchis, mais cela ne prouve qu'une chose, c'est que l'allranchissement ne suffisait pas pour transformer les Hiiotes en Néodamodes. Peut-être aussi le texte de Thucydide signifie-t-il simplement que les ail'ranchis s'établissaient dans urj lieu déterminé et formaient une communauté ou une corporation : il est dit que les Brasidéens pouvaient résider où ils voulaient. Il semble résulter de là que ce droit était refusé à d'autres et qu'ils devaient habiter sur les domaines publics, soit dans les villes des Périèques, soit dans les villages de l'Etat. On veillait, sans aucun doute, à ce qu'ils ne fussent pas réunis en trop grand nombre. 11 est probable d'ailleurs qu'il leur était permis, de môme qu'aux Périèques, d'exercer des industries ou de cultiver la terre, soit comme mercenaires soit comme fermiers. Peut-être même avaient-ils droit de posséder des biens fonds dans la zone occupée par les Périèques. Autrement, il fallait que l'État pourvût à leur subsistance. Sur toutes ces questions, nous ne pouvons nous prononcer, faute de documents. Ce qui est certain, c'est que les Néodamodes n'étaient pas admis dans la bourgeoisie Spartiate, même à un rang- inférieur ^ Leur condition devait être très voisine de celle des Périèques, parmi lesquels vivaient probablement la plupart d'entre eux, sinon comme membres d'une même communauté, du moins comme subalternes.
1. Voy. à ce sujet l'édition de Tliucydide par Poppo. t. TU, 3, p. 529.