‹ Antiquités grecques (volume 2)Chapitre 178 sur 494 · Pausanias, III, 3, j · texte numérisé non relu

Pausanias, III, 3, j

•i. Thucydkle, VU, 57, ot IV, 53.

238 f.o.NSTi'ii.TKtN iti: si'AiriK

(iiii (I .ullfiii's ;i\ail <(iiiiiin'iicr pai' la \il|i' d Ar^^os a laquelle Cyfhèro avait été antériomement soumise. C'est aussi ce qui arriva aux (îyniirieus, populalion ionienne en réalité, (.4 devenue dorienne par suiledc; ladoiiiinaliori qu'avaient exercée siii'idlc Ar^'OS d'aliDiil, puis Sp.irle'. Dans les\ill(!S mêmes de la Laconie, un Iraitemcnl aiialo^m.' a\ail ('lé ap[di(pié .uix lial)itants de race acliéenue^ qui lurent rangés au uumhie des Périèques et reçurent des colons de Sparte.

Ainsi s'cxpli(iue comment, d'après Hérodote, les Achécns ne dépassaient pas dans le Péloponèse la C(jle septentrionale, et pouniuoi les contrées qu'ils habitaient jadis, entre autres la Laconie, sont assignées aux Doriens, bien qu'à vrai dire, la })Oi»ulation conquérante fût seule dorienne d'origine, et que l'autre ne le fût que par assimilation. En ce qui concerne les rapports politiques des Périèques avec les Spartiates, il est difficile de croire qu'ils aient été universellement les mêmes. Tous les Périèques n'avaient pas été soumis en même temps ni dans des circonstances identiques : les uns avaient opposé une résistance opiniâtre, les autres avaient cédé presque sans combat. 11 faut aussi tenir compte de la diversité des races. Laplupart, il est vrai, étaient Achéens; les C-ynuriens cependant étaient d'origine ionienne, et les habitants de Belbina, de Sciros , sans doute aussi ceuxd'^gys étaient Arcadiens-. Il est acquis que sous le rapport au moins du service militaire, on admettait des diflerences. Les Scirites formaient un corps distinct d'infanterie qui fournissait dans les campements les postes avancés, dans les marches l'avant et Tarrière-garde, et avaient durant la bataille une place marquée à l'aile gauche '. D'autres aussi sans doute étaient astreints à des services déterminés, qui variaient suivant que les Spartiates, en acceptant leur soumission, avaient jugé à propos de leur imposerdes conditions plus ou moins dures; mais nous manquons sur ces points de renseignements précis. Isocrate peint le sort des Périèques sous de

li Hérodote, VlII, 73 : èxosotopceuv-rat.

2. Pausanias, VIII, 35, §5; Etienne de Byzance, s. v. Sxîpo;.

3. Xénophon, cleHepuhl. Lacwdem., 12, §3. Voy. à ce sujet les notes de Haase, p. 235.

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tristes couleurs ' . D'après lui leur condition n'était pas plus relevée que celles des esclaves : ils n'avaient conservé que la plus mauvaise partie de leur territoire et la moindre; le sol qu"ils cultivaient ne pouvait les faire vivre ; leurs villes ne méritaient pas ce nom, et ne pouvaient pas même rivaliser avec les villaoes ou les dèmes de l'Attique. Ils n'avaient aucun des droits des hommes libres, et c'étaient eux qui; dans la guerre, étaient le plus exposés aux fatigues et aux dangers ; enfin ce qu'il y avait déplus criant, c'est que les éphores pouvaient leur ôter la vie, sans même instruire leur procès.

Ce tableau est évidemment trop chargé. Gomment les Spartiates auraient-ils osé confier des armes à des hommes exaspérés par l'oppression? Or, on sait que les Périèques ne servaient pas seulement dans l'infanterie légère ; ils fournissaient des hoplites, aussi bien que les Spartiates, quelquefois même en plus grand nombre, et formaient la principale force de l'armée. Nulle part cependant les Périèques ne sont accusés de trahison ni même d'animosité contre les vainqueurs, soit dans la guerre soit dans d'autres circonstances. Lorsque après le désastreux tremblement de terre de 464, les Hilotes, en particulier ceux de Messénie, se révoltèrent, les villes des Périèques, sauf deux qui étaient situées dans cette contrée, demeurèrent fidèles. Ce fut seulement après la bataille de Leuctres que plusieurs d'entre elles, non pas toutes, ni même le plus grand nombre, passèrent du côté des ïhébains "^ On ne peut donc admettre que les Périèques aient été aussi misérables que veut bien le dire Tsocrate, quoique leur fidélité ail pu avinr pour cause la difficulté de se concerter contre une puissance soupçonneuse et fortement organisée, au moins autant (jut' la satisfaction et le dévouement. Les paroles de Ginadon, dans Xénopbon ', ne permettent guère en ell'et de douler (ju'il y ait eu parmi les Périè(|ues des germes de mécontentement, puisqu'il les cite avec les Hilotes et les Néodamodes connue les alliés sur lesquels il comptait le [dus i)onr l'aider dans ses

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