Thucydide, IV
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i; )i. — Les Sp//rtifffrs.
La nation à laquelle étaient soumis les lliloles et les Pélièqucs avait emprunté son nom à la capitale, Sparte, située dans la vallée supérieure de TEurotas, à moins d'une lieue au nord d'Amycléc.Sparte se distinguait dos autres villes grecques, en ce qu'elle nétail pas bùlie d'un seul tenant, ni enceinte de murs, mais se composait de plusieurs bourgades très voisines Tune de l'autre (/.wy-a-.), qui paraissent avoir été au nombre de cinq, bien que l'on n'en puisse nommer que quatre avec certitude : Titana, Mesoa, Linmé ou Limnseon et Gynosura '. La cinquième pourrait bien être un village appelé proprement Sparte qui, fondé antérieurement et occupé le premier par les Doriens, aurait plus tard servi à désigner l'ensemble de la Cité-. Toutes les fois que les bistorims se piquent (b' précision, ils réservent le nom de Spartiates à la bourgeoisie (jui exerçait en Laconie les droits de la race conquérante; celui de Lacédémoniens au contraire est commun aux Spartiates et aux Périèques. Ce n'est pas qu'il ne soit souvent appliqué aux seuls Spartiates, ([uand cette acception restreinte ne peut donner lieu à aucun malentendu; en tout cas, pris même dans son sens le plus général, il ne comprend jamais les Uilotes. Les Spartiates descendaient, au moins pour la majeure partie, des Doriens qui avaient jadis concpiis la contrée. Nous n'avons pas à rechercher ici si leurs chefs, les Héraclides. appartenaient, comme le voulait la tradition, à la rac<acbéenne. Je ne vois pas toutefois de raison pour rejeter dv [)arli pris la croyance populaire que le roi Cléomène [ consa-
1. TImcydi.l.", 1, 10; Pausanias, l'i, If., =5 <1 : Vtl, 20, ,^ '. : Slral.on \"ll!, p. :?0i.
2. .\iiisi s'i'\|)li(|U(^ cdmiiMMil II' Liiini;i'on l'sl iK'si.<;-Mc l;uilùl coiniiK^ un l'auljuur^-, upoàTTctov, lantôl comiiio un (luarl'uT (ti- la ville. jjLipo; tt,; ilitip-rr,;. ^Slralii.n, p. :î(>:? cl :!04-), suivaul (juc le nom ilc Sjtarlo rst pris dans un sons plus l'Ip.il ,.n plus rli'udu; .-i- .lornicr i-as ''^1 lo plus l'iv.pi.'nl .
Il (ONSTiniKiN m: si'\itii;
cr.iit. lui iiiriiic par son ailli(''si(iii '. IMii^iciirs •■li'iiifiils l'-lrangcrs à la race dDiiciiin' asaicnl aussi ciincoiiiii (l.iiis I ni'i^ino à formel' la hoiirguoisic sjiartiale. L(3S .l'^^idcs, (Jt'sccndaiil (\>' Cadiiiiis. liassent ])Oiii' avoir fait {larlie do riiXjiédilioM dnrieiiiie cL a\nir aidé à soiiinellro les Acliécns-. L'll(''raclidu Arislodémos avail juis reiniiie dans celle race, de ("-adnios, vA son hoanfièi'i' Tliéras parail avoir exerce le pouvoir, eoiiiine (iileur des jeunes jn'iuces Euivsl,li(Miès el IMï)clès ''. J)aiis la première i^iierre de Messénie, un meiuL're de la rainille des /Egiiles, Euryléoii, eonimandail l'année, en liers avec les deux rois l*olydoros et Théopoinpos. Cadmos, le fondai eur inytliologique de celte race, avait un sanctuaire à Sparte ' ; enfin la famille dos ïhalthybiades, à laqnelle appartenait de jii.'re en fils la dii^nité de h(';raull, (Hait coinpt(''e parmi les S])arliales, bien qu'(dle descendit du liérault des Pélopides, TKaltyhios, et fût par conséquent d'origine achéenne\ Il est dit expressément^ et nous devons admettre, qu'au débnt les Spartiates accueillirent volontiers dans leurs rangs les étrangers qu'ils rencontraient enLaconie, c'est-à-dire des Achéens'', On comprend en cH'et que, trouvant Foccasion de se faire des alliés parmi ceux dont ils envahissaient le pays, à la condition de les traiter sur le pied de l'égalité, ils n'aient pas repoussé ce moyen d'accroître leurs forces, au détriment de leurs adversaires. Ce fut seulement après avoir allermi leur autorité qu'ils se laissèrent gouverner par un esprit plus exclusif. Le droit de bourgeoisie, qui créait une classe à part en face du reste de la population, fut dès lors si r;irement concédé qu'Hérodote cite comme li' seul exemple
\. Lorsfiue Cléomène, se trouvant à Athènes, voulut entrer clans le sanctuaire de la Déesse, la prêtresse le lui défendit, sous prétexte qu'il n'était pas permis à un Dorien d'en franchir le seuil; mais il répondit : « Je ne suis pas Dorien, je suis Achéen » (Hérodote, V, 72).