Hérodote, VII
6. Ephore, cité par Strabon (VIII, p. 364 et 366) : Aristote, Polit.. Il, (i, § 12. Malgré les mots Sévo-. et l-n-ql-jôt; dont se sert Strabon, il est bien difficile d'admettre qu'il s'agisse d'étrangers venus d« dehors, et non d'habitants étrangers à la race dorienne.
LES SPARTIATES 24o
connu la naluralisalion de deux Eléens, durant la seconde g-uerre médique*. Il n'est pas présumable que les Spartiates en aient usé plus libéralement dans les temps qui suivirent la mort d'Hérodote. On a vu que le droit de Cité avait été refusé aux Néodamodes. Les Mothaquos qui l'obtinrent quelquefois étaient des fils de Spartiates légitimés par leurs pères, et n'auraient pas obtenu cet honneur s'ils s'étaient bornés à le mériter par leur conduite, sans justifier de ressources suffisantes. Il paraît que dans un temps où l'éducation était fort négligée ailleurs, des étrang-ers faisaient élever leurs enfants à Sparte". Quelques-uns de ces jeunes gens purent être admis plus tard dans les rangs de la bourgeoisie, mais il fallait qu'ils s'en fussent montrés dignes, et encore pour ceux qui n'avaient pas trouvé moyen de prendre racine à Sparte et d'y acquérir des biens-fonds, ce n'était là qu'un honneur stérile qui ne leur assurait pas l'exercice des droits essentiels. L'assertion apocryphe d'un écrivain postérieur, à savoir que tous les étrangers, fussent-ils Scythes, Triballes ou Paphlagoniens, pouvaient être naturalisés Laconiens, c'est-à-dire obtenir le droit de Cité, du moment où ils se soumettaient au régime Spartiate, ne vaut évidemment pas la peine d'une réfutation "'.
Les étrangers qui, sans aucun doute, furent accueillis en grand nombre dans les premiers temps étaient-ils incorporée
•1. Hérodoto, IX, 35. C^^pendaiit d'apivs Plahui {dr Lrjih., I, p. G29A), et PhiUirqne {Api iphtr il . Luron., l. 1. p. 28 'j, rd. Didot), Tyrtée aurait rté j^ralifié du droit de Cité.
2. Voy. les notes de Haase sur Xénoplion {de Ih'publ. Lacedxm., p. 187), Los jeunes gens que l'on faisait ainsi élever à Sparte sont ceux que Xénophon appelle -rpôottioi {Ilcllcn., V, §9.). Leur nombre n'était certainement pas considérable, et c'est une erreur de les confondre avec les Mothaquos, ou de les considérer, ainsi que l'a fait Manso, couirno formant une classe à part de citoyens. Si Xénophon les cite expressément parmi les compagnons d'.\gésipidis, dans son expédition en Asie, celte mention s'explique par le fait que les propres (ils île l'historien faisaient partie des -pôçtaot (voy. l^iogéne Lai'M'te, II, 5i). Il n'y a donc pas lieu d'en conclure (pi'ils fussent bien nombreux.
'A. La pri'li'iidiii' lettre d'Iléi'aclito a étéiIiHun'o par riojssiinaile dans son édition d'Eunape, p. 425; voy. aussi ce que dit Westermann dans un prograiiuno publié à Loipsig, 1857, p. 1 i. Le compilateur dos l)i!<liluta laconica attribués à l'iutaripn' s\'X[H'iiiio un peu [dus sonsémout au ?; 12.
2'((J (,(»\si I ni tn\ Ki: si'\i;ir
(J;iiis riiiic (lt;s liois liihiis des ||\ Himmis, des hymaiifs «'t df;s l'ampliyh's' (}iii se iclnuivt-til rlicz Ions les [wiiplcs Doriens, on h'nMi coinidts.iiciil-ils iim' ou [ilnsiciirs Irihiis distinctes, c'est une (|iicsliiiii ;i l;ii|iicllc il rsl (liflicilc (\i- réjjondrc. Le nom de l*uiii|)li\les (l(''sii!iic (1rs liniiiinrs (II- r.'ircs divei'scs, et, aiiloriso ;i ci'oii'e (]iie Ici II II il) il pMiiN ;iil i'-\\r loiiin'i' de Imis les éll'ailjrers ralliésaiix hoiicns. Il csl |tnd)alil(' ;iiissi (|iir les ;i(l!iiissions s y pr'olongèreiil diiiaiil I expéflillon des ir-iardidcs ei même plus lard, (i'esl peiil-èlre lii le sens de la liatlition d'apri-s l;i(jiitdle Pamplivlds. l'éponyme de cflle liihu. amail \<''('ii jusqu'à la conquête dl'^pidamo et auiail épousé Orsohia, lille de Déi- |di(>ule, qcndre do Téménos'. Mais ces afiilialions à une seule Irihu, qui se serait accrue sans proportion avec les autres, ne poiivaiciil coutiuuef longtemps, que l'on se représente les tribus comme ayant ou n'ayant pas de droits égaux. Dans le premier cas, la Irihu étiangi're u'eulpas mancjué de réclameides privilèges en rapport avec son importance numérique; dans le second, elle eut été moins satisfaite encore de son lot. On peut d'ailleurs aflirmer avec certitude que toutes les liibus jouissaient à Sparte des mêmes droits; mais les termes d'un oracle [pr-.px), rapporté, dit-on, de Delphes par Lycurgue, font suppose!" que la division des trois tribus fut modifiée". (Ici oracle en eil'et prescrit de faire précéder l'institution de la yecc'jT'ia et la convocation des assemblées populaijes par un pailage en tiibus (çjAa{) et en subdivisions de la tribu ((o6a(), ce qui peut ditlicilenient se concilier avec une division préexistante à laquelle on se serait référé chaque fois, pour la commodité du scrutin '. et ne s'explique pas davantage par la simple admis-
1. Voy. plus liaut, p. 156; cf. 0. Muller, Durirr, 11, p. 75.
2. Pausanias, 11,28, § 8. Pamphylos étant fils fr-Egimios (Apollodore, II. 8, § 3 et 5), devait avoir beaucoap plus de cent ans lorsqu'il épousa Orsoliia; mais ;1 est clair qu'il n'est présenté corn aie fils d'.l-Zgimiosqueparcequelaraceà laquelle il transmit son nom existait avant la migration des Héraclidcs. Son mariage avec Orsobia indique une relation entre cette race et celle à laquelle appartenait Déiphontes ; mais ce n'est pas ici le lieu d'exposer ces conjectures.
:{. Voy. Grote, Hlst. Grecque, t. III, p. 285 de la trad. franc, et Urlichs, dans le Rhein. Mmeiim, 1847, p. 216. Gœttling [Vevm. Aufsœtze, I. p. 3281 était d'avis d'effacer complètement l'indication numérique.
A. Panathen., JJ 255. Métropoulos {Untersiieh . , p. 44) est conv.'iinru que.
l-i;S SI'MtlT MF.S 2'u
sioii dans les tribus de membres (^ui n'y amaicnt pas été compris jusque-là. L'hypothèse la plus plausible est qu'il s'agit d'établir une nouvelle division en g/ax-: et en w5a'. Cette innovation pouvait sans doute laisser distinctes les trois races dont se composait la population, et se borner à inti'odnire à côté de l'autre une division topographique comme celle que Servius adjoignitaux tribus des Hhanmès, desTitiesel des Lucèrcs instituées par Romuius. Les documents connus ne permettent pas de se prononcer à ce sujet. On n'est pas plus fixé sur les ùi^yJ. ou subdivisions de la tribu. On a inféré de lapr^Tp. citée plus haut qu'il devait y en avoir trente, c'est-à-dire dix ou six par tribu, suivant que l'on compte trois ou cinq de ces classes principales ; mais le nombre 30 se rapporte sans doute aux membres de la YcpiJ7(a, non aux (!>6ai'. Bornons-nous donc à constater que l'ûS/^ était une partie de la tribu, et représentait un district, ce qui revient à dire que la population de chaque m^ et par suite de chaque tribu occupait une circonscription plus (Ui moins étendue de la ville et de la banlieue.
Isocrate fait dire à un apologiste des Spartiates"- qu'ils n'étaient pas plus de deux mille lors de la conquête, deux mille combattants bien entendu. Ola suppose, pour le cas hors de doute où ils voyag-aient avec leurs femmes et leurs enfants, dix mille âmes environ ; mais les assertions d'Isocrate ont bien peu d'autorité, surtout dans XoPanatliénaïque, œuvrer enfantine d'un vieillard plus que nonagénaire. Si ce n'est pas là un calcul fait à plaisir, il suppose l'existence d'une ancienne tradition d'après laquelle les Spartiates proprenieni dits n'auraient pas dé])assé le nombre indi(pié, j'entends par là les Spartiates qui habitaient Sparte même, car on a vu plus haut que les Doriens avaient colonisé d'autres villes de la Laconie. Toutes les données numériques éparses dans les historiens se rajqioi leul égalemeni aux seuls Spartiates, qui srloii la vi.iiscnihlance
dans l»' passage d'Isocralf, il tant lire iimi pas o'.t/'.Xmv, mnis K ■/•.)•!(»■/ c.-à-fl. TSTpâxi; -/ùIm'i .