‹ Antiquités grecques (volume 2)Chapitre 200 sur 494 · LE SÉNAT · texte numérisé non relu

LE SÉNAT

{56. — Le Sénat.

Pour les aider dans le choix des mesures à prendre, les rois étaient assistés d'un Sénat r;zzyjz''.-x) dont rétablissement est attribué à Lycurgue, bien que sans doute quelque institution semblable ait existé avant lui. Déjà dans les temps héroïques, les rois tenaient conseil avec des hommes considérables pris dans la classe des nobles et appelés vip^vT^; ; ainsi faisaient les rois de Sparte, avec cette différence que, en l'absence de tout ordre privilégié, ils choisissaient les Sénateurs d'après la confiance personnelle qu'ils avaient en eux, ou pour quelque autre raison, dont ils étaient seuls juges. Il n'y avait k ce sujet aucune règle certaine, non plus que pour déterminer les rapports entre les rois et leurs conseillers, (^e furent ces règ-les qu'établit Lycurgue. Il décida que les sénateurs seraient au nombre de vingt-huit, qu'ils seraient choisis par l'assemblée du peuple, ne pourraient être élus avant soixante ans, et que leurs fonctions dureraient autant quelavie. Les anciens et les modernes ont hasardé, pour expliquer le nombre des sénateurs, plusieurs hypothèses dont une au moins ne doit pas être passée sous silence, en raison desadhôsionsqu'ellea rencontrées. Les Sénateurs formaient avec les deux rois, un total de trente personnes; on a supposé que chacune des trente tosaî entre lesquelles était partagée la population était représentée par un sénateur-, mais d'abord aucun témoignage certain n'établit que les o)6x( fussent au nombre de trente, et si, de même qu'elles étaient une subdivision des ojAa'., elles se subdivisaient à leur tour en ///'/itrs, il esl difficile de croire que les rois aient repi-t'-

i. fîpovT-a, dans \o dialecte Spartiate ; on trouve aussi yî?''»"/''* •'• ytptùioL ; voyez Ilaase dans son ('dition (loRcpubl. Larrdxni., p. ti'i.

2. Voy. 0. Muller, Ihirier, II, p. 7\, et Gieltlinj;-, dans son édit. de lu Volitiiiuf d'ArisLote, p. 468,

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seule'' (liiMs le S(''ri;iL(I('n\(!)6z; dillV-rcnlcs, Ions deux ;i[ip,'ii-t(;iinnl ù la <i('i\s (les ll(''i'aeli(|('s. Il l'aïKlraiL an moins l'eiioncer à la n-lalinii (jiic l'on a lenlé d^'-lalilii- entre les (,)cz'. el les pentes, on admellii! que les den.x maisons l'oyales éUiient considérées, non comm(( foimanl denx familles d'une {jcui^, niais comme ajipailenanl à deux (jt'iitrs dislinclos. Encore no s'exi)li(|uerail-on pas qu'un fait aussi simple et aussi palpal)Ie ipie la n-juc-sentation dos o)6x( dans layeps'jj'la soit resté, s'il élaitexact, \n\ secret poui' les anciens, à ce point ([ne tous les ciitiques, sans exccpler Arislolo, se fussent endiai'i-assés dans des explications cliiméri(jues'. Alois menu; (jU(; ce qui [irécède no suffisait pas à démontrer le peu de fondement de cette représentation prétendue, ce n'est là du moins qu'une hypothèse qui laisse le champ libre à d'autres, et les hypothèses de ce genre ont une valeur historique fort douteuse.

IMutarque raconte conmie il suit la fa(^on dont on proc(Miait H l'élection des sénateurs". Le peuple, c'est-à-dire tous les Spartiates ayant droit de sull'rai^e une fois assemblés, quelques personnages désignés à cet ellèt se réunissaient dans un bàtinient voisin d'où, sans voir la place où était réunie la multitude, ils pouvaient entendre le bruit des voix. Les candidats traversaient sans rien dire les flots du peuple^ dans un ordre fixé par le sort, et les électeurs témoignaient leur préférence par des acclamations plus ou moins bruyantes. Les délégués renfermés à l'intérieur et (jui ne savaient comment se succédaient les concurrents, marquaient à quel moment ils avaient entendu le plus de bruits favorables, et celui des compétiteurs auquel cette note répondait était accepté comme l'élu du peuple, il se rendait la tête ornée d'une couronne aux temples des dieux. Les parents et les amis, suivis d'une foule nombreuse à laquelle se mêlaient des femmes, l'accompagnaient en le félicitant et en chantant ses louanges. Dans les maisons amies devant lesquelles le cortège passait, des tables étaient dressées, et l'élu était invité en ces termes : « Ainsi Ja ville

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