LE SÉNAT
l'honore'. » De là il se rendait à la syssitie où on lui servait deux portions; il mangeait Tune, et réservait l'autre pour celle de ses parentes présentes à la cérémonie, qu'il respectait le plus. En la lui présentant il disait : « Je l'ai reçue comme un honneur, et je te l'olTre au même titre. » Cette femme était en effet reconduite par les autres avec de grandes marques de considération. Aristoto traite de puériles les pratiques auxquelles se livraient les Spartiates pour élire les sénateurs'. Si en s'exprimant ainsi, il avait réellement en vue, comme on n'en peutguère douter, le mode d'éleclionquc nous venons de décrire, ce jugement se comprend dans un siècle 011 depuis longtemps les mœurs politiques avaient dégénéré. Rien en effet n'était plus facile que de supprimer les garanties de l'élection, et de la réduire à un tour de passe-passe; mais tant que les conditions en furent strictement observées, ce fut un moyen fort simple de connaître les vrais sentiments du peuple et d'éviter toute ingérence inavouable. Le peuple déclarait par la vivacité de ses déclarations que le citoyen en faveur de qui il se prononçait était le plus digne de débattre les affaires générales de l'Etat, dans le conseil des rois. C'était, entre les concurrents qui se succédaient sous ses yeux, une lutte courtoise dont le mérite et la vertu pouvaient seuls alors emporter le prix^. Plus tard, il est vrai, quandparmi cette bourgeoisie dont tous les membres étaient égaux devant la loi, on commença de distinguer les riches et les pauvres, les personnages importants et les hommes du peuple, lorsque les cij.oïo-. furent partagés en deux classes, d'une part une minorité comprenant les notables et les hommes distingués [-/Slz'. ■A3.';xi)'J.,) de l'autre la multitude obscure et grossière [zf,).z-\, les places de sénateurs devinrent le partage exclusif de (juelques familles puissantes, résultat facile à prévoir d'après le mode d'élection que nous avons décrit, et que pour celte raison
1. I 'lul;vr(|iio raconte (Af/i'silit^, ■'4)(|Ut' ce |)riiice avait l'mUuiui' «le <loiHior (^n sii^'iic (riiiMiiiciii- aux si'iiali'iii's ikiuvcIIimihmiI dus un manteau (y. /.atvx) cl un l)œul'.