‹ Antiquités grecques (volume 2)Chapitre 249 sur 494 · Ibid., VI, 1, .^ 1, et ï,^o · texte numérisé non relu

Ibid., VI, 1, .^ 1, et ï,^o

OKGAMSA TIO.N MILITAIIiE 323

entraient aussi dans la formation des mores, et qu'ils y étaient même en majorité. Sans cliercher s'ils étaient mêlés aux Spartiates, ou s'ils formaient des sub^livisions à part, nous pouvons être sûrs que le cas qui se présenta àLeuctres ne fui pas un fait isolée et que chaque fois qu'il estquestion de mores, il s'ag-it de Périèques aussi bien que de Spartiates. Nous devons d'autant moins nous étonner que la valeur numérique de ces corps augmente ou diminue suivant l'occasion \ puisque les différences peuvent porter sur les uns et sur les autres. Il dut on résulter des variations correspondantes dans la force, et peut-être même dans le nombre des subdivisions que contenait la more. — Thucydide lapporte qu'à la bataille de Mantinée, dans la quatorzième année de la guerre du Péloponèse, le lochos contenait quatre pentécostyes. et la pentécostye quatre énomoties, au lieu de deux. D'après le même historien, l'énomotie aurait été composée de trente-deux hommes-, ce qui en donne pour la pentécostye cent vingthuit, et pour le lochos cinq cent douze, de sorte ([ue si deux Ad-/v'. eussent composé une more, cette dernière agglomération n'eût pas renfermé moins de mille vingt-quatre soldats. Mais Thucydide ne parle pas de la more, il n'indique aucune division supérieure au lochos qui, d'après le calculprécédenl. possède une valeur numérique plus que double de celle que lui assigne Xénophon, puisque le lochos, d'après Thucvdide. dépasse de cent douze hommes la more composée de deux lochoi, tels que les évalue Xénophon.

11 ne faut pas perdre de vue d'ailleurs (|ue Xénophon esl le premier qui mentionne la more, et qu'il le fait à pro]i(is d'un événement survenu en 404 '■. Cela autorise à sup}ioser que l'organisation de l'armée en moies ne fui inlroduilc

1. Les évaluations varieiiL i-nln- 700 et 500 (l'Iul., /'/7'./,., 17) ou UK-mc ÎOO, si l'on lient compte de eelle que iburnil le ilr l\ijt. Ldcid.

■2. Tluicy.lide, V, 6S.

o. Hrllcii., II, 4, S 'îl- Niobuln- {Ynrtnvgr, l. il, p. i»l>5) remarque que le.< [j-ôpat soril pour les Spartiates des temps postérieurs ce qu'étaient pour leurs ancêtres les ),6-/oi, et Haase, dans son Comment, sur le ilc l\vp. Laccd. (p. 204), constate que li's doux appelliitions oiitélé souveni conron- «lues.

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<|ii ;iii lriii|is (lo la f^iicrrc du l'(''li>[)oiii:sc. Mcii ipn' le mrmc, liisloricii (Jans son éci'il sur h- ^^oiivonifinciil dr Lai'éil»''iTiiuif la l'assf rt'iiiDiilt'i" à LycurgiK;. (îi; (jiii est claii-, dans Ions les cas, (• esl (jin; la inorc (l(''cril(! par lui csl la inorc; rr- ^li'nirnlaire, c'csl-à-din' nni(|m'ni<'nl (;r)nn[KiS(''o de Sjtarlialrs. ii(»n la mitre rllcolive', (d (|n il en a vn j'ai'finenl d»; Irllrs up(''r<'i' sur le champ debalailie, si cela même esl arrivé. l*uur- <|uoi compl(;-t-il six mores? Il est diflicile de lo dire ; on penl lonlelois assiiri^r que ce nombre ne s'explique pas par les trois anciennes trii)ns doriennes que certains critiques considèrent l'ommt! ayant conslannneni subsisté à Sparte, et dont chacum; aurait compris deux mores. On sait en etlet que les plus })rocbes parents, pères, fils, ou frères, ne servaient pas nécessaiiement dans le même more -. Il en était des énomoties, les plus petites divisions de la more, comme des syssities, qui se recrutaient par le libre choix de leurs membres. Dès que les énomoties étaient formées, tous ceux qui en faisaient partie s'engageaient par serment les uns vis-à-vis des autres. De la leur nom de ivtôy.oTs'.. Les rois, de concert avec le polémarque, groupaient les svjojxs-rîa'. en T.vr.-qy.c--jt: ^ les -vr.r-/.z7-Ji: en \iyz'., et les h6yc<. en [j.ôpx:, suivant les besoins du service.

Que toute la milice, les Périèques aussi bien que les Sjtartiates, fussent instruits durant la paix au métier de la guerre, cela va de soi. Les exercices tactiques en pelotons ou en corps d'armée, les marches, les évolutions et les manoeuvres de toute esjtèce ne tenaient pas moins de place chez eux (jue chez les nations modernes, et préparaient les troupes k exécuter tous les mouvements rapidement et sans confusion.

1, Cela serait évident, alors même qu'on lirait (c. 11, Jj -4) tiov ÔTiAiTty-wv (xoptùv, i'i non pas twv Tto/'.xixcôv; mais Haase a fait prévaloir par de très bonnes raisons la leçon xwv uoXttixwv.

2. C'est ce qui ressort d'un passage de Xenophon {Hclleu., I\', •">, i5 !<•). 1-iien n'empèclîe de donner place ici à une conjecture que je n'aurais osé l'aire entrer dans le texte. Si. comme cela est vraisemblable, Sparte se composait de 5 eûmes, ne peut-on pas avoir institué 5 mores pour les Spartiates proprement dits, et en avoir ajouté une sixième pour les descendants des colons envoyés jadis en garnison dans les villes des Périèques, et qui, sans jouir des mêmes droits que leur anciens compatriotes, étaient cependant mieux traités que les populations soumises.

r)R(;ANISATION MILTTAÎRE 32"»

Les ordres émanant du général se commun iqnaienl inslanlanément à tous les officiers inférieurs, jusqu'à l'énomotarque, de sorte que les simples soldats savaient toujours ce qu'ils avaient à faire. Chaque homme servait de guide à celui qui le suivait, et l'armée entière, d'après l'expression de Thucydide, formait une série non interrompue de commandants, dont l'accord assurait l'exécution prompte et ponctuelle de tous les ordres transmis'. Aucune autre armée grecque ne possédait le même degré de cohésion, et si l'on y ajoute le sentiment de l'honneur qui faisait que, dès l'enfance, chaque Sjiartiate préférait la mort à la honte d'être vaincu, on iir s'étonnera pas que Sparte ait conservé si longtemps sni- toutes les nations rivales sa supériorité militaire.

La cavalerie toutefois était loin de valoir l'infanterie, ('elte arme en effet, ne pouvait avoir chez les Grecs, en raison de la nature du sol, une importance décisive. Seule, la Thessalie faisait exception. Au temps de Xénophon, les riches avaientla charge d'entretenir les chevaux et de fournir les équipages; pour les cavaliers, ils étaient pris parmi les hommes de citmplexion faihle, jugés impropres au service des hoplites, et on les mettait à cheval sans aucune préparation, au moment de partir en campag-ne^ Il n'y a pas de doute qu'ils fussent tous des l*ériè(|ues ; seul le commandant {'.--ap'j.cîrr,;) était Spartiate. Uégulièrement chaque more comprenait un escadron dont on ne peut fixer la force numérique. On sait seulement que le mot oÙAai;.6ç désignait un détachement de cinquante hommes, et il est possible qu'à chaque more fussent adjoints lieux o'jkT^.zi, qui réunis composaient aussi luu^ more ', ce qu' aurait porté à six centshonnnesle nomhre total de lacavalerie ; mais il était rare ([u'elle fût au complet. Dans la huitième année de la gueire du l'éloponèse, lorsque Cythère et IVIos fui'eul occu[»ées par les Athétiiens. et <pie les Spartiates mirent tout en leuvre pour se défendre, ils jrécjuipi'icnt [las plus di! (|uatre cents cavaliers. Il n'y eu avait gut-ic que six

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