Strahon, VIII, p. 365; Pausanias, III
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Les irisliliilioiis de la (ai-lc ollrml sur beaucoup do points une telle resseiidjluiice avec celles de Sparte (ju'il ne faut pas s'éloiuier si les anciens les ont crues copiées les unes sur les autres, soit (pic les Spartiates aient imité les Cretois, soit au contraire que les Cretois aient pris modèle sur les Sparliatcs\ Cette ressemblance peut cependant s'expliquer, sans imitation de parti pris, par une national! té commune qui, étant données des conditions analogues, devait produire des institutions marquées du même caractère. En Crète, comme en Laconie, les Dorions avaient réduitles ancieus habitants aune situation subalterne, et, bien que la population conquérante fût plus mêlée en Crète d'éléments étrangers, les Doriens y dominaient assez cependant pour s'assimiler les vaincus. Toutefois, à la différence des Spartiates, qui surent choisir un des leurs pour organiser l'Etat, il n'est pas fait mention chez les Cretois de législateurs doriens. Suivant eux, rorigine de leurs institutions remontait au héros national delà Crète primitive, à Alinos, dont ils avaient trouvé moyen de rattacher la personnalité fabuleuse à des invasions doriennes antéhistoriques"-. Le nom deMinos, que l'étymologie grecque ne peut expliquer, appartenait sans doute à la langue d'une population antérieure, étrangère à la Grèce, et rappelait un être divin, qui avait habité la terre sous une forme humaine, à qui étaient dus les premiers essais de civi-
1. AristoLe, Polit., Il, 7, § 1; Epliore cité par Strabon (X, p. 'i8i) ; Pseudo-Platon, Minos, p. 318; Plutarque, Lycurgue, 4.
2. Voy. les pas^aires recueillis par Meursius Crcla, p. i'ii;.
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lisation elles premières instilutioiissociales'. Les descendants qu'attribue à Minos l'épopée grecque, et qu'elle cite comme ayant régné sur l'île entière, Idoménée et Mérion n'ont pas plus que leur ancêtre de réalité historique, et la question de savoir si jamais la Crète a formé un Etat unique sous un même chef ne peut pas plus être résolue dans un sens que dans l'autre. \j' Odyssée- mentionne cinq populations qui se partageaient l'ile : les Achéens, les Etéocrétois, les Gydoniens, les Doriens et les Pélasges, sans rien dire des relations qui existaient entre eux. Plus tard les Etéocrétois et les Gydoniens furent proclamés autochtones. Dans cette hypothèse, les autres étaient des nouveaux venus qui auraient occupé les régions orientale et septentrionale, laissant le reste aux populations primitives^.
Il n'estpas douteuxque des Phéniciens aient été aussi établis en Crète, et aient dominé sur une partie considérable de l'île. On ne les y trouve plus, il est vrai, dans les temps historiques ; on voit à la place un nombre considérable d'Etats grecs appartenant à la race dorienne, qui consistent chacun en une ville et le territoire y attenant. Autour de cette cité se groupaient sans doute d'autres villes plus petites, relevant de la capitale, car il est difficile d'admettre que chacune des quatrevingt dix ou cent villes que renfermait l'ilo ' ait formé un Etal séparé. Les sources auxquelles nous pouvons puiser nous révèlentrexistencedcdix-seplEtatsindépendants', dont les plus considérabies étaient dans le principe Knossos, Gortyne et Cydonia. Knossos disparaît pendant un certain temps, et Lyctos fleurit à sa place, jusqu'au moment où Knossos se relève, et
1. Voy. Eustatlie, dans ses remarques sur Denys le Périégèle, p. 19G. éd. Bernhardy. Voy. aussi sur Minos, considéré comme dieu ou comme héros phénicien, Dimcker, Geschichte desAKhcvlh.^ t. I, p. .302 (2" édit.) ; Lœbcll, Weltiieschichtc, t. 1, p. 484. Il est incontestable que l'on a fait entrer dans l'histoire et dans les attrihulions de Minos beaucoup d'éléments pliénicions.