Aristote, Polit., II
lance et un bouclier doit tomber à ses genoux et le saluer comme son seigneur et maître'. »
Les serfs qui cultivaient la plaine autour des villes habitées par les Doriens pouvaient naturellement s'appeler Périèques, et sont en efTet désignés deux fois sous ce nom par Aristote'. Il n'en faut pas inférer qu'il n'y ait pas eu en Crète une autre classe plus rapprochée encore des Périèques de Laconie. Outre que cette induction manquerait de vraisemblance^, elle est contredite par un témoignage de Sosicrale qui, en termes fort clairs pour ceux qui y regardent de près, oppose aux esclaves publics et aux esclaves privés, c'est-à-dire aux Mnoïtes et aux Aphamiotes, une autre classe, qu'il désigne spécialement par le nom de Périèques, pour mieux faire sentir leur ressemblance avec ceux de Sparte''. Il ressort toutefois de ce texte pour les linguistes que les Cretois n'appelaient pas eux-mêmes Périèques cette partie de la population, et lui donnaient le nom général de sujets, j-y;-/.::'.. On ne risque guère de se tromper, en rapprochant sous ce rapport la Crète de la Thessalie où, à côté des Pénestcs comparables aux ^Inoïtes et aux Aphaniotes, on distinguait les populations soumises, les Perrhèbes, les Magnètes et les Achéens de la Phthiotide qui^ libres de leur personne, dépendaient politiquement des Thessaliens''. C'est en effet une erreur manifeste de croire qu'il n'y eut pas en Crète d'autres connnunes que les communes autonomes des villes doricnncs. Il existait des villes habitées par des populations étrangères à la race conquérante qui, dépouillées de leur indépendance politique, relevaient de lune ou de l'autre des Cités doriennes, et rappellent les Périèques de Laconie, bien que les conditions ne fussent pas de