Aristote, Polit., II, 7, § 1 ; Strabon, X, p
Doi'iens marchèrent à de nouvelles conquêtes, et établirent des colonies nouvelles, par exemple à Gortyne*, procédant comme en Laconie, avec la diflérence que dans cette contrée les villes conquises restèrent dépendantes, tandis que celles de la Crète conservèrent leur liberté.
La constitution Cretoise nous est surtout connue par les extraits d'auteurs anciens que nous ont conservés Strabon et Athénée ; en voici les principaux traits :
Un grand nombre des anciens habitants de la Crète furent, comme les Hilotes, réduits par les Doriens à la condition de laboureurs, esclaves de la glèbe. Celte population était divisée en deux classes, les Clarotesou Aphamiotcs et lesMnoïtes^Les premiers cultivaient les propriétés privées, que l'on désignait sous le nom de v.Aapi'., forme dorienne pour /.A-^pc. et, à ce qu'il paraît aussi, sous celui cVàzxiv.oc:, dont il est difficile de déterminer le sens. Les Mnoïtes au contraire cultivaient les métairies demeurécsdansle domaine de l'État, dont la plupart devaient avoir une assez grande importance, puisque les revenus que l'on en tirait fournissaient, entre autres dépenses, aux frais des repas communs, lesquels n'étaient pas, comme à Sparte, à la charge des particuliers. On a expliqué le nom des Mnoïtes de diverses manières. D'après la plus plausible, ce serait une abréviation du mot [jstoilxx:, formé lui-même du nom de Alinos. La difliculté d'admettre dans la première syllabe la suppression d'une voyelle longue n'est pas une objection bien forte, attendu que si les poètes grecs ont allongé 1'-. dans M-vw;, on n'en peut rien inférer sur la véritable prononciation de ce nom, qui n'est pas d'origine grecque \ Comme il se trouve en Crète, aussi
i. Hoeck, Kreta, II, p. 433.
2. Ephore et Sosicrale, cités par Strabon (VI, 84, p. 263; cf. XII, 3, p. 542, et XV, 1, § 701) ; Etienne de Bysance s. v. Xioç; Pollux, IH, 83, Etymol. Magn., s. v. TtevÉCTTa'. ; Suidas cl Photius, s. v. -/XapwTai ; Lexic. St;Qua-., p. 292 ; Hœck, Krcta, III, p. 37.
3. De même que certains criliques ont confoiulu irEvi^Oai avec [lEvÉaOat et ont conclu que les Pcnesles ùUiient les popuialious doniourécs dans le pays (voy. plus haut p. IGO), on a fait venir Mvwùai du mémo verbe (aévw et on a rapproclu'' ce nom de vumsionitriuit, en usage au moyen âge. Voy. Schinidt dans la Zeitsrhrift fur Gcschic/itsicisscnsch. , I, p. 561. Le mot collectif exprimant l'enscnilile dt>s Mnoïles est (ivota ou (xvo.a. Voy. Alhcnée,
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l)ien qu'ailloiii-s des Incililésappolcfs Minoa', il fsl ;i siipposor que la race, qui véncrail Min<js romme un JJii-u ou rouinio un Ik'tos, avait donné son nom aux lioux dans lesquels il élail pai li( iilièremenl eu honneur, cl s'en était fait une appellation [tour elle-même ; ainsi de Kzs;;.:c on a formé Kxyj.ziy. et Kxziv.- (,yn:. La coînlilion de ces paysans ne dépendanl que de TJ^lal (Hait nu jien siq^'cieiire a celle des l\larotes ou Ajtliamioles ; mais ceux-ci mêmes ne paraissent pas avoir été, comme les lliloles, astreints dans les villes à des services personnels envers leurs maîtres, car il eçt dit expressément que les Cretois se servaient, à la ville, d'esclaves achetés-. Régulièrement les Iviarotes n'étaient donc assujellis qu'au travail des champs ; Mais en général ils sont, aussi hien (jue les Mnoïtes, assimilés aux llilotes, d'où l'on peut conclure qu'ils avaient à payer certaines redevances et étaient sans doute oblig-és au service militaire. Ainsi s'expliquerait le passage d'Eustathe, où il est dit que les Cretois choisissaient parmi leurs esclaves des écuyers chargés de porter leurs armes, et désignés sous le nom de Thérapontes^ D'ordinaire cependant la possession des armes leur était interdite, et il leur était défendu de se livrer aux exercices militaires ou gymnastiques ', Aussi le Cretois Hybrias dit-il avec orgueil dans son chant ou Scolion conservé par Athénée, que sa lance, son glaive et son bouclier sont ses trésors : « avec ces armes, il cultive, moissonne et presse le jus du raisin ; avec elles il est le maître de la population asservie. Quiconque ne p.irle pas un glaive, une
XV, 696, A; Strabon, XII, p. 542; Ilésychiu?, s. v. Vciy. iuissi Lobi-rk. Viithol. Serm. gr., t. I, p. 277.
1. Etienne de Bysance cite des localités de ce nom, dans les îles d"Amorgos, de Sicile, de Siphnos, eL ajoute que la ville de Gaza s'appelle aussi M'.vwa, et que le même nom se retrouve en Arabie, à Paroset dans une autre île, voisine de Mégare. Straboji mentionne en outre (VIII, 6, p. 368, et 9, p. 391 et'392) une Minoa en Mégaride, lamème que Niscca, et une autre en Laconie. Il faut donc admettre que les Phéniciens avaient eu autrefois des établissements sur tous ces points.