DÉVELOPPEMENT DE LA DÉMOCRATIE
mais lorsqu'ils furent indemnisés même médiocrement de leur peine et de leur temps perdu, ils se montrèrent plus assidus. L'usage de ses indemnités ([a-.jQc') date du temps de Périclès. Cet homme d'Élat y contribua pour sa part; le reste s'ensuivit et fut l'etTet d'une politique qui tendait à renforcer l'élément démocratique , non comme but^ mais comme moyen. Depuis la guerre contre les Perses, Athènes était le premier État de la Grèce; elle commandait à une ligue qui dépassait en nombre et en puissance celle que Sparte avait groupée autour d'elle. Pour la maintenir dans cette situation, pour décourager les envieux et tenir en respect les mécontents, elle dut s'armer de toutes ses forces et affronter la lutte. Mais les classes aisées étaient les moins préparées à de tels efforts; elles voulaient la paix, et se seraient montrées fort accommodantes pour l'obtenir. Les pauvres entraient mieux dans les vues de Périclès, comprenant que leurs intérêts étaient liés à l'accroissement de la puissance publique. Il importait donc à Périclès de les attirer en plus grand nombre dans les assemblées. Ce fut Icà ce qui le décida à établir, pour l'assistance aux assemblées générales et pour les fonctions judiciaires, des indemnités très modérées au début, car elles n'étaient que d'une obole, mais que les démagogues qui lui succédèrent élevèrent au point de les tripler'. Tant qu'il fut à la tête de l'Etat, Périclès disposa du peuple à sa guise ", ascendant aussi honorable pour celui qui l'exerçait que pour le peuple qui s'y soumit, .le ne voudrais pas même condamner formellement les (lislril)utions (Oswp'.y.â) destinées à payer le peuple do ses plaisirs, qui lui furent si vivement reprochées. Les Athéniens, au temps de Périclès, étaient comme une armée toujours sous les armes, pour défendre leurs confédérés (7j;x;j.r/c'.), soit contre les Perses, soit contre des ennemis plus proches. Les alliés donnaient
1. Voy. Bœcldi, Stanlshaiishalt., t. I, p. 320et328. Si le |a'.iOô; Èxx>.r,<iiaT - Tixô; fut adopté sur la proposition rie Callistratos, ce fut cerlainomot avec le concours de l\'ricl(^s ; voy. Seliicfer, Ih'nioslh. mut aciiu' Zcit, t. I, p. 10. On trouvera dans (lurtius, ///.s7. ;//•., l- It, p. U)!^ et suiv., toutes li's raison? que l'on peut l'aire vidoir en laveur du salaire accordr aux jui,'es.
2. Thucydide dit au sujet de radniiiiislralion de t^crielès : syéyviTo Iôvm (xàv ôrjfxoxjjaTia. k'pyi;) Si 'juà xoO Tipiôrou àvopô; «pyv
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de l'arg'onl ol f]f>s hommes, mais sur les Athéniens reposaionl !nujoiii's le ])iinci|tal fanh'au et la responsabilité <le la f^nerre. l*^lail-ii (lonr si injuste que même en temps do paix, ils prélevassent une jiaii sur le l)ii(lg-et général de la guerre? et qu'élail cctti' dépense en cfuniiaiaison df; ce fjnc coulent anjoiinrimi les ar'mées sur le jiied de j»aix? Le désir de sonsliairt! les pauvres ;i l'inllneneo que des hommes riches eomme lélait (limon parvenaient à s'assurer par leurs libéralités, put n'être pas non plus étranger à rinlrodnction des OiMpivâ'. Enfin i! est juste de faire observer qu'une partie au moins de cet argent rentrait dans les caisses publiques, puisque le fermier du théâtre était tenu de payer une redevance sur le prix des jilaces qu'il avait touché".
Une autre mesure égalementlibérale fut prise dans le même temps, non par Périclès, maispar un homme politique de la même école, Ephialle.. le veux dire l'amoindrissement de l'Aréopage qui se vit enlever sou droit de haute surveillance sur l'administration générale de l'Etat, et ne conserva que sa juridiction en matière de crime capitale A vrai dire, nous possédons trop pou de renseignements sur les anciennes attributions de l'Aréopage et sur les moyens qu'il avait de les rendre olfertives pour apprécier sûrement le décret qui les abolit. Il n'est pas douteux toutefois que ce Conseil no fût pour la majeure partie imbu d'idées conservatrices et routinières, et qu'il n'ait souvent entravé les desseins de Périclès et de ses partisans. Ce fut sûrement là ce qui fit prendre à cet homme d'Etat la résolution de FatTaiblir. A la place de l'Aréopage, un collège de S(^pt nomophylaques ou gardiens des lois fut établi pour surveillerle sénat, l'assemblée du peuple et les magistrats. L'histoire ne dit pas si cette institution atteignit son but, mais le décret qui fit perdre aux membres de l'Aréopage une part de leurs attributions affranchit certainement le peuple d'une entrave aristocratique, qu'il était permis de croire salutaire et de regretter, comme l'a fait Eschyle dans ses Euménides.