Bœckh, Staatshfmshdlhing, I, p
3. Pliilochoros, Fragm., 16, 17, 58,59 et 60. dans le 1" vol. des Fmgm. histor. gr. de C. et Et. Millier, éd. Didot.
DÉCADENCE ET ROXE 391
§ 6. — Décadence et ruhip.
La démocratie livrée à elle-même pouvait rester quelque temps pure de tout excès et se proposer uniquement l'intérêt public; mais, à la longue, les abus étaient inévitables. Par cela seul que, depuis la guerre médique, Athènes était devenue une puissance presque exclusivement maritime, que toutes ses forces consistaient dans sa flotte, que le commerce d'outremer, avec les industries qu'il développe, était devenu la principale ressource de ses habitants, la démocratie ne pouvait manquer de dégénérer'. La ville en effet était remplie d'une population nombreuse et infime, qui faisait toujours la majorité dans les assemblées populaires, et décidait de toutes les aflaires importantes, les votes étant comptés par têtes, non par classes. Périclès avait pu, grâce à son prestige personnel disposer à son gré de cette multitude, mais aucun des hommes politiques qui lui succédèrent n'était de force à remplir sa place. Ambitieux vulgaires, tous rivalisaient de complaisances pour gagner la faveur du peuple, et nonobstant leur nom de démagogues, étaient beaucoup plus menés que meneurs. Parmi les mesures à l'aide desquelles ils cherchaient à renchérir les uns sur les autres, nous devons citer une nouvelle profusion des fonds théoriques, l'élévation des primes attribuées aux citoyens qui fréquentaient les assemblées populaires ou les tribunaux, et aussi les dénonciations des sycophan tes qui, en rendant les ricbes suspects au peuple souverain, préparaientla confiscation et les amendes dont s'alimentait le trésor public". Ainsi se produisit dans Athènes, comme dans tous