LA BOURGEOISIE
interdisait de fréquenter l'Assemblée du peuple et d'y opiner ni même d'y prendre la parole, bien que les jeunes g-ens modestes et sensés crussent devoir s'en abstenir. Au point de vue purement civil, la majorité commençait même k dix-huit ans ' ; elle n'était toutefois déclarée qu'à la suite de plusieurs épreuves-. De ces éprouves les unes portaient sur le développement physique et l'aptitude militaire du postulant, d'autres servaient à prouver que rien n'avait altéré la pureté de son origine. Elles avaient lieu devant les membres du dême, et le jugement était remis vraisemblablement à la décision des citoyens les plus âgés, parmi ceux qui faisaient partie du tribunal des Héliastes^ Les orphelins et les fils d'orphelines devaient établir en outre qu'ils étaient capables d'administrer leur fortune'*. La phratrie dans ce cas pouvait se charger de l'enquête. Les épreuves honorablement terminées, les nouveaux citoyens étaient inscrits sur le tableau des démotes et présentés au peuple réuni dans le théâtre. On leur remettait une lance et un bouclier, et on les conduisait ainsi équipés dans le sanctuaire de la déesse Agraulos, au pied de l'Acropole. D'après une tradition qui manque, il est vrai, d'authenticité, le serment était conçu à pou près ainsi ^ : (( Je jure do ne pas déshonorer ces armes et de ne pas abandonner mon compagnon dans la mêlée. Je combattrai pour les sanrluairos des dieux et pour le salut public, soûl ou avec d'autres; je lais-
1. Cet âge est caractérisé par les expressions £7i\ot£T£; r,èr,asc'.. Voy. Setiremann, de Comitiis Ath., p, 76, et Scha^fer, Demosth., t. III, p. 35,
2. Voy, Sctiœmann, Antiq. Jur. publ. Gr., p. 198, n. 13, et Sctiœfer, Demosth., p. 21.