‹ Antiquités grecques (volume 2)Chapitre 39 sur 494 · Thucydide, I · texte numérisé non relu

Thucydide, I

LA GRÈCE HOMÉRIQFE 53

par les poèmes homériques, et a pour contradicteur Aristarque, qui n'est pas seulement le critique le plus subtil, mais aussi le meilleur connaisseur et l'interprète le plus sur de ces poèmes'. Au moins faudrait-il faire cette restriction, que les actes de piraterie étaient permis seulement entre les nations que n'unissaient aucun lien d'amilié. C'est ainsi que le père d'Antinoiis, l'un des poursuivants de Pénélope, avait failli être mis k mort, parce qu'il s'était joint à des pirates Taphiens, pour ravager les côtes des Thesprotes, alliés aux habitants d'Ithaque". L'expression d'apO[j.'.o'., employée en cette occasion par le poète, suppose-t-elle une alliance fondée sur les traités, ou simplement les rapports amicaux existant naturellement entre des nations qu'aucune hostilité ne divisait? La réponse est difficile. Il est certain toutefois que, sauf raisons contraires, les peuples voisins étaient amis; et, pour revenir à Thucydide, des témoignages formels prouvent qu'en général la piraterie, loin d'être glorieuse, était réprouvée comme un attentat qui encourait la vengeance des dieux ^ Les ravages exercés par Ulysse sur les côtes des Ciconiens ne sauraient être invoqués en faveur de l'opinion contraire, ce peuple appartenant à la lig-ue troyenne \ Comment d'ailleurs aurait-on pu honorer ou seulement excuser des violences commises au dehors contre les étrangers, quand on proscrivait chez soi toutes les injustices dont ils pouvaient être les victimes, comme des infractions au droit de l'hospitalité et au droit des g"ens, et des attentats envers la divinité ^!

Entre les citoyens d'un môme Etal, la justice ne repose pas

1. Voy. le Scholiaste d'Homère (ad Od., m, 71), iiustathe, p. i'ibd, ol Sengebusch, Dissertât, homcricx, I, p. \\2.

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