‹ Antiquités grecques (volume 2)Chapitre 40 sur 494 · Od., XVI, 'i · texte numérisé non relu

Od., XVI, 'i

3. Od.. XIV, 85. "Otii; doit s'iniLcndre ici de la vengeance divine ; voy. Nilzsch, Anmcrk. zur Od. (v. HG) c[ l')œder\e\n,Glossar. Homo'., II, p. 25(5. Il y a lieu de remar([uer aussi le mot \iaL<\iiolmz {Od., m, 72, et ix, 253).

4. Od., IX, 39; 11., ii, 8i6; xvu, 73. On n'aurait pas dû citer à l'appui de l'opinion contraire les esclaves conquis par Ulysse, dont parle Télémaque {Od., I, 398) ; car il n'est rien moins que certain iiu'ils t'ussi^nt le produit du brigandage et non d'une guerre loyale.

5. Voy. en attendant de plus amples déveluppi'Uients sur ce sujet, Scliœmann, Antii/. jiiris piilil. Grxcomm, p. 37'i.

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non [iliis sur (1rs (lisposiliMiis l(''';;il<!s, mais sur 1rs mn-iirs. La (•(iiiscif'iicr iiKii.ilr a civrun ordre li'adiliorinf'l, que les rois et les [irincrs oui l.i charité de niainlenir, el comme l'Klal ordoiiiir csl dinslilnlion divine, la conscit'nre csl empreinte

cllc-niri 1 nii caraclrre r(di,L;i(Mi.\. (jiiicoii(|iio méconnaît sa

\(ii\ cncourl la coli're de Zfus, cl si la jiisîicc csl violT-c par ri'\i\ i|iii omI mission de la reiidic, des cnlamilés publiques l'ondent soi' les peuples. Le parjure n'échappe pas au elullimenl. Celui qui, enivré de sa puissance, se place au-dessus (in dioil, reconnaît bientôt dans les coups qui le frappent la vengeance divine. Il arrive aussi que les dieux descendent de l'Olympe, sous la forme humaine, et parcourent le monde en élrangers, pour observer par eux-mêmes la bonne on la mauvaise conduite des mortels '. Les manifestations de la puissance céleste remplissent les poèmes d'Homère, et si l'on considère attentivement Taspect sous lequel ces poèmes nous représentent la société des temps héroïques, il est difficile de soutenir que les hommes aient été alors moralement inférieurs à ce qu'ils sont devenus plus lard, sous l'empire d'une législation nettement formulée, bien que sans doute les mœurs aient dû s'adoucir dans le cours dos siècles, et que l'on ait été amené à se faire des idées plus saines du juste ou de l'injuste. Nulle part la vie des Grecs n'est grossière ou désordonnée. La soumission à la justice et à lamorale sont la règle; les infractions à ces principes sont des exceptions, et les exceptions ne sont pas devenues moins fréquentes avec le progrès du temps.

On est généralement tenté d'apprécier la civilisation d'un peuple d'après l'horreur qu'il ressent pour le meurtre. Plusieurs passages des poèmes homériques ont trait à cette question, mais ne sont pas de nature à résoudre tous les doutes qu'elle soulève. Ce qu'on peut en conclure, c'est que la punition du meurtrier est obligatoire seulement pour les parents de la victime, et que l'autorité publique n'a pas à intervenir. <( Nous serons couverts d'opprobre jusque chez les races futures, si nous ne vengeons pas le meurtre de nos enfants et de nos frères; » ainsi s'expriment les parents des prétendants

1. (hl , XIII, 213; -wi, 38'i -. xvn. i85 ; xvin. 138; //., m, 279.

LA GRÈCE HOMÉRIQUE So

mis à mort par Ulysse \ Ce n'est pas encore là le vrai principe de la loi mosaïque non plus que celui qui plus tard prévalut en Grèce : « L'homme qui répand le sang innocent souille la terre, et la terre n'est purifiée du sang versé que par le sang de celui qui Ta versée » Chez les Grecs d'Homère, comme dans l'ancien droit germanique, le sang est plutôt mis à prix. L'homicide doit payer une rançon à la famille de la victime, moyennant quoi il est libre de toute poursuite. A défaut de cette satisfaction, il est obligé de quitter le pays : « On accepte la rançon d'un frère ou d'un fils immolé, dit Ajax pour fléchir Achille; le meurtrier, lorsqu'il a sacrifié ses richesses, demeure au milieu du peuple, et les parents laissent reposer la vengeance dans leur âme généreuse •\ » On lit aussi dans Y Odyssée : « Pour avoir tué un seul homme du peuple, qui ne laisse pas après lui un grand nombre de défenseurs, on est forcé de fuir et d'abandonner sa famille et sa patrie \ » Ces paroles d'Ulysse à Télémaque, après lamort des prétendants, permettent de conjecturer que la fuite du meurtrier n'avait pas pour cause unique la crainte de la vengeance. L'infériorité de ses adversaires eût pu, en effet, rassurer un homme puissant, et il est dit que l'homicide doit s'enfuir, alors môme qu'il n'a pas à redouter beaucoup d'ennemis. Rien ne fait supposer cependant qu'en pareil cas l'autorité publique vînt au secours de la famille oflensée. La religion non plus n'est pas mise en jeu; il n'est pas dit que le meurtrier fût tenu pour impur, et contraint d'abandonner le sol qu'il a souillé de sang, sous peine d'attirer la colère céleste sur lui et sur tous ceux qui auraient commerce avec lui. Cette idée d'impurelé paraît étrangère à l'âge homérique. Nulle part on ne rencontre ni dans Y Iliadfi ni dans YOdt/ssée les mots dcyoc, ;^.j7cç, \).ixa\Lx, qui plus tard sont d'un emploi si fréquent. L'opinion émise par ({uelques critiques, et à laquelle je m'étais moi-même rangé autrefois^ à savoir que la purification du coupable était né-

i. Od., XXIV, ''i33.

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