‹ Antiquités grecques (volume 2)Chapitre 471 sur 494 · iMalon, Gurglas. [). 502, t3. C · texte numérisé non relu

iMalon, Gurglas. [). 502, t3. C

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.i^scliylc s'(''l(!Y(' aii-dcssiis (relies, il les('niin])lit cl les féconde par la iïiroii dont il les ('oiicoil et le sens qu'il leur prèle. Mais commoiil eùl-il exercé une iiillii<;nce générale el })rof(>ndc ce poète uni(|ue en son genre, et (|ui no pouvait être compris que par des intelligences parentes de la sienne, lcsr|uellcs n'étaient gu(,'re plus connnunes parmi ses contemporains qu'elles ne le sont de nos jours chez ceux qui se mêlent de le commenter. II no faut donc pas nous exagéicr reflet de la tragédie sous le rapport moral et religieux, quelle qu'ait été sa puissance esthétique. Par l'art de la composition et la perfection du langage, par la force des passions mises enjeu, les œuvres tragiques éveillaient dans la foule le sentiment du beau, à l'égal des monuments de l'architeclure, de la statuaire et de la peinture, dont elle se voyait entourée surtout depuis Périclès, qui ravissaient les Athéniens par l'harmonie et la noblesse de la forme, dont les débris nous frappent encore d'admiration. Périclès, au début de son oraison funèbre, félicite les Athéniens de leur amour du beau, joint à la simplicité de leur vie, et beaucoup d'autres témoignages confirment cet éloge*. Aucun peuple n'était plus accessible aux jouissances de l'art et moins porté vers les plaisirs grossiers, môme alors qu'ils encourent de graves reproches sous le rapport moral, ils restent la nation la plus délicate, la plus spirituelle, celle dont le goût est le plus pur, entre toutes les nations dont nous entretient l'histoire non seulement de l'antiquité, mais de tous les temps.

Les avantages dont Périclès, dans le même discours, félicite les Athéniens, à savoir l'égalité de tous les citoyens devant la loi et le droit à l'estime publique, fondé sur la valeur personnelle, non sur la condition et la richesse, sont les vrais caractères d'une démocratie intelligente ou, suivant l'expression d'Isocrate, d'une démocratie aristocratique -. C'est aussi ce

1. Thucydide, 1. Il, c. 40; Athénée, I. IV, c. 14, p. 132, et 1. X. c. 11, p. 417; Lucien, Niorinus, c. II et suiv. Voy. aussi Bœckh, Staatshnush., 1. 1, p. 142. Eustathe, dans son Comment, sur VlUade (p. 1279, 40), mentionne l'autel de l'AcpéXcia et celui de l'Aiow?, placés près du temple de la Déesse, en se référant à Pausanias, qui toutefois ne parle que du dernier (1. I, c. 17, §1).

2. Thucydide, 1. II, c. 37; Isocrate, Panathen., ^ Vài vl 153,

ÉDUCATION ET HABITUDES SOCIALES o9o

gouvernement mixte qu'Hérodote avait on vue, lorsqu'il cite l'exemple d'Athènes pour prouver l'excellence de la liberté, s'appuyant sur ce fait que les Athéniens avaient conquis le premier rang dans la Grèce aussitôt après avoir secoué le joug de la tyrannie'. Par malheur, ce tempérament ne fut pas de longue durée, pas plus chez les Athéniens qu'ailleurs. La grandeur et la puissance de l'Elat engendrèrent hienlùt la corruption, en exaltant la confiance du peuple qui dès lors choisit pour guides non les meilleurs citoyens, mais ceux qui s'entendaient le mieux à flatter les passions de la multitude. Le siècle de Périclès marque la limite entre l'Athènes glorieuse et couronnée de violettes, rempart de la Grèce, suivant les expressions de Pindare, et l'Athènes dans laquelle, d'après Isocrate -, la démocratie dégénéra trop souvent en anarchie, la liherté en licence, l'égalité en une ellronterie provocante. L'ancienne Athènes pouvait entretenir chez Périclès et chez les honmies polit-iques qui partageaient ses sentiments l'espoir qu'elle supporterait sans excès et sans dommages le régime de la démocratie pure, et en eflet cette confiance ne fut pas trompée, tant que vécut Périclès. Le peuple, si libre qu'il fût, obéissait à sa voix. Comme dit Thucydide ^ on avait, sous le nom de démocratie, le gouvernement d'un seul homme, mais cet homme était le premier citoyen du pays. Quand Périclès disparut, sans laisser de successeurs, la démocratie se révéla connue une institution funeste, qui linit parétoullèr les vertus sans lesquelles elle ne peut être supportée. Nous avons assez fait ressortir les mauvais cotés de la démocratie, soit en général, soit en C(! qui concerne spécialement Athènes, pour qu'il ne soit pas nécessaire d'insister sur ce sujet. Même dans les temps qui ne sont pas les plus beaux de leur histoire, les Athéniens conservèrent toujours quel(|ues traits de leur noblesse originaire. Nul autre peuple soumis à la même forme de gouvernement ne saurait olfrir autant de grandes aelioiis ni d'caractères dignes de respect. Si l'on compare h-s actes du gmi-

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