‹ Antiquités grecques (volume 2)Chapitre 470 sur 494 · Voy. der Att. P>'oce><)i, p · texte numérisé non relu

Voy. der Att. P>'oce><)i, p

5. D'après le texte de loi inséré clans le dise, de Démosthène contre Timarque. la peine prononcée aurait même été la mort; mais voy. le même discours, p. iX'i.

ÉDUCATION ET HABITUDES SOCIALES o91

le point de vue moral auquel se plaçait le législateur, il est intéressant de signaler les coupables qu'il punissait de l'atiniie : étaient déclarés incapables d'exercer leurs droits civiques, les enfants qui manquaient à leurs devoirs envers leurs père et mère en les maltraitant, en leur refusant l'assistance ou en nég-lig-eant de leur rendre les honneurs funèbres; les débauchés qui dissipaient leur patrimoine ou ceux qui menaient une vie oisive sans moyens d'existence connus; les voleurs, les dépositaires infidèles, ceux qui corrompaient ou tentaient de corrompre les fonctionnaires publics et les juges, les faux témoins, les soldats réfractaires, ceux qui désertaient leur poste ou jetaient leur bouclier, enfin ceux qui outrageaient les magistrats en exercice. Parmi ces actes, les uns entraînaient l'atimie dès la première fois, les autres seulement en cas de récidive'. On voit que les lois étaient sévèi-es, et que si la morale publique fut souvent violée impunément, cela ne tint pas à l'absence de sanction pénale, mais à ce que cette sanction ne fut pas appliquée avec assez de suite et d'esprit de justice. La répression en etl'et était d'autant plus difficile que l'abus du droit d"a<;cusalion mettait ropinion en d(''liance contre les accusateurs, que h'S tribunaux populaires étaient plus exposés à se tromper, qu'enfin lajnorale])ubliqueétaitmoins exigeante dans un temps où Ion faisait volontiers consister la liberté à se rendre indépendant des lois. On ne pouvait guère refuser aux autres l'ijidépendance (htiil (»ii élail si j.ilmix pvuii- soi-même.

1. \'oy. A/i//'/. ./»/•. iHil'l. !ir., |). ;Uô. —Il y a lieu de iMi>pt'K'r ici la loi (loiù ineiitionnée plus luuiL, p. 383, tl'Mprès hupiolle élaieiiL t'rap[»Os d'atimie les citoyens qui ne prenaient pas parti dans les luttes civiles, bien qu'elle n'ait f,'uère pu être appliquée à ta rigueur. Cette loi ne l'ut certainement pas rétatjlie, lorsque lu démocratie reprit le dessus, après te renversement des Trente; c'est ce ((ni résulte du dise, de Lysias o. Pliilon, où l'inertie de ce personnage dans la dernière guerre civile lui est sévèrement reprochée, mais sans (ju'il soit le moins du monde question d'atimie. Il y aurait eu intérêt cependant, Itien (juti la loi lût tombée eii «lésuéludc, à ce que l'accusateur la rappelât et y cherchât un moyen de plus pour décrier Philon, surtout au chap. 27, où il entêté si naturel de la mentionner, llalhertsma, ipii, dans sa dissertation <lr. Mftnisti'. prniat. np. Atlun., Davenlr., ISil, § 7, p. -41, conteste à I.ysias ce discour.-;, eut pu se faire un argument de cette omission.

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|)()lic(; aii\ili;iirr, <■! llor;i((!, dans des vris l)irii ronriiis, lu préscMitt'f sous ccl .'is[iccl . il II csl pas moins vi'ai t\iu' le mur, ilisLe (lui (.'xaminc sans parti |(ris ccciiii ikhiscii leslc iitîsauiail lui alli'ihuur une grande inlliiciicr, altijndu (luelle frapiic au liasai'd riiniDCcnl ou le cnupahlti ; (pif. Icniic de rdniph'r avt;c lo public, (die acc'cplu ses juyeuicnls aussi souvcut (|u (dl(i les l'uclilie, (il (|U(' ses (dlorls pcjur llalter le goùldc la inultiludc ne poiivaicnl lui vahur iKiaucoup d(! considération, si admirable qu'elle t'ùl comme œuvre d'art, et alors même qu'elbavait la raison de son C(jté. La loi qui aurait interdit aux membres de l'Aréopage de composer des comédies peut bien avoir été inventée à plaisir ' -, il est cerlain du moins (pic la gravité de leurs fonctions leur commandait de ne pas le faire, et d'autre part on sait (pi'une autre loi, ({ui essaya de bannir de la comédie la critique personnelle sans mesure et sans frein, n'eut qu'une très courte existence-. Mais ces mêmes Dionysiaques où les Athéniens se délectaient aux représentations comiques leur olfraicnt dans la tragédie un spectacle bien différent, aussi propre que la comédie l'était peu, à élever l'intelligence et l'âme des assistants. La comédie montrait sous un aspect grotesque les accidents de la vie quotidienne, et ne peut servir, en mettant les choses au mieux, qu'à rendre ridicules ou méprisables les extravagances et les vilenies. La tragédie, au contraire, oll'rait l'image idéale de l'humanité en lutte avec les obstacles extérieurs. Tantôt soutenue par la force morale et par l'assistance des dieux, l'âme humaine reste indomptée, alors même que la fatalité l'emporte; tant(jt, aveuglée par l'erreur et la passion, elle subit les conséquences de ses fautes, et atteste au moins l'existence d'une puissance supérieure qui se joue des desseins des mortels, et fait aboutir tous leurs elïorts

1. Vov. Meier, diuis ï'alhjeiii. litler. ZuittiiKj de Halle, 1827, a. 122, p.

2. Voy. Ibid. |». loi); Bergk, dans la Zeilsch. /'. (jrschirfd. Wissoi.si/t. de Schiuklt, t. II. p. 103; Herlzberg, Alcibiadc, p. 171 et 214; Grute, HLst. di: Ut Gn'cc, l. XII, p. 1 i8, de la Irad. franc.

à un dénouement inévitable. Telle est au moins, si cela n'est pas vrai au môme degré de toutes les œuvres tragiques, l'idée générale de la tragédie. Aussi les anciens la célébraient-ils comme une source d'exemples et de conseils, d'enseignement et de reconfort, de consolation et d'espérance. Tout ce qui nous reste de la muse tragique est très propre à justifier cet éloge. Il faut bien admettre, il est vrai, que les chefs-d'a3uvre se sont seuls conservés, et que, parmi les pièces perdues, s'il s'en trouvait d'excellentes, il devait y en avoir aussi de médiocres, de celles que Platon' accuse de se borner à séduire les spectateurs, au lieu de les exalter et de les ennoblir. Un autre reproche que Platon et d'autres ont fait à la tragédie et que méritent également l'épopée et la plupart des œuvres lyriques, c'est de choisir leurs sujets dans la mythologie, d'être amenés à nous montrer souvent les Dieux sous des aspects qui s'accordent mal avec l'idée pure de la divinité. Ce grief n'est assurément pas sans fondement. Les représentations mythologiques étaient d'ordinaire peu propres à exercer sur les spectateurs une heureuse influence morale, et les poètes, tout en vantant la sagesse et la justice divines, et en recommandant le respect des dieux^ donnaient souvent à tel ou tel habitant de l'Olympe un rôle fort peu digne de cet auguste séjour. Pour croire à une essence divine qui plane au-dessus des choses humaines sans se personniher dans aucun dieu, et communique si peu d'elle-même aux dieux personnels, objets du culte public, il fallait un elîort dont étaient seuls capables les esprits éminenls. Si prodigue que fut un poète de senlences religieuses et morales, (juchpie soin qu'il mît à rejelor les faMes cpii déshonorent les (lieux, ainsi (]U(î le fait s(»uvent iMiripide, nul ne pouvait détruire le prestige de ces légendes et y suhstiluer une C(jnceplioii plus pure de la divinité. Ceux nirnies qui, très éloignés, comme ^Eschyle, de révoquer eu doule les inventions mythologiques, s'ell'orgaient siucèremenl de h's concilier avec l'idée de la nature divine, échouaicnl devant cette tA<'he. Sans ap[tli(|uer aux croyances pcqjulaires uiu" critique négative, ettout en leur donnant son entier asseutiinoiit.

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