T)c Repuhl. Adicn., c. 2, § 8: (]icéron, Brulus, c
3. Dicéarque. Descript. Grxcicc, §4, dans les Geo'jr. Gr. éd. Didoî, L. I p, 99.
ÉDUCATION ET HABITUDES SOCIALES o97
une presqu'île, dont les côtes, richement découpées et pourvues d'un grand nombre de ports, donnent accès aux navires par tous les vents, et sont en communication facile avec l'intérieur du pays. Elle est voisine de contrées fécondes en produits divers et habitées par des populations civilisées, intéressées à faire des échanges^ échanges d'autant plus nécessaires à TAttique qu'elle ne pouvait se suffire chez elle. Parmi les objets qu'elle ne produisait pas en quantité suffisante, figurent les céréales. L'Attique ne pouvait subsister, s'il ne lui était venu du dehors à peu près le tiers de sa consommation. Les pays qui contribuaient surtout à son approvisionnement étaient les côtes de la mer Noire, particulièrement la Crimée, la Chersonèse de Thrace, l'Egypte, la Lybie, la Syrie et la Sicile'. Pour s'assurer cet appoint on avait restreint par des lois prohibitives la liberté commerciale: ainsi pas un Athénien, citoyen ou étranger domicilié, n'avait le droit de transporter des grains ailleurs qu'en Atlique. Aucun capitaliste ne pouvait prêtera la grosso aventure sur un navire ayant une autre destination; enfin tout bâtiment qui entrait chargé de céréales dans l'à-T'./.èv £;;,~;p'.sv devait en laisser au moins les deux tiers sur le marché d'Athènes*. On prévenait l'accaparement en défendant aux particuliers d'en acheter à la fois plus de cinquante <fop[j.d; les <sop[j.oi étaient des paniers, équivalant environ à un médimne. Il n'était pas permis non plus de gagner sur chaque mesure plus d'une obole '. Il a été fait mention jiliis haut des Sitophylaques chargés de veiller sur le commerce des céréales. Les infractions à ces lois étaient punies de peines sévères, quelquefois même de la mort. Après les cé-réales, le bois, surtout le bois destiné à la construction des navires, tenait le premier rang parmi les articles d'importation; on le lirait sui'tout de la Mac(''doine et de la Thrace, de même (jue l;i poix et les peaux'. 1)il1ér(;ntcs îles de la nu'r Egée, parlicnlit'rement Chypre et l'Eubée, fournissaient le fer et le cuivre. t)n
1. Voy. 13œcld), S/(('(/.s7i'i(/s7;., 1. 1, p. I lOoL suiv.; llullmaiiii, Ihimlrlsycsi-h. (Ica Gricchcnl., p. 1 '16.
2. Voy. Bœcidi, Staatshaush., t. I, p, 120, 7'.) et 11C>. 3 lbid.,l. I, p. IKÎet suiv.
\,Ihi(t ,t. I, p. 1/il et 67.
(■.oivi:u\i;mi;ni i, aiiikni's
.'ill.iil clirrclicf Irs t;i|iis cl les lainiis ailislnnfiil travaillées à Milrl ri «Ml IMirygic. Les vins lins, car rAHi.jiK; n'en itrodiiisail (juc (Ir iiK'diorios ', vonaiciil siirloiil de Cliios et de Lesbos, et sultsidiairemenl d.-s ilcs de Thasos, de Lemnos, de Chypre, de IlJK.dc, de CiMc, de Cos et d'Icarie; Mendc et Scion, dans l.i iiicsqu'île de Pallène, pourvoyaient anssi à sa consommation'-. Pour les poissons salés, qui formaient lapriiicipale nourriture du pauvre, les Athéniens él aient tributaires du Pont. Beaucoup d'autres objets, qu'il sérail trop long d'énumérer, étaient importés des contrées les ^ilus diverses, et le commerce auxquels ils donnaient lieu faisait d'Athènes, ainsi que Périclès l'eu félicite'', un entrepôt où affluait tout ce que les pays étrangers produisaient de choses nécessaires ou précieuses, de telle sorte qu'il n'était pas plus difficile de s'y procurer les substances exotiques que les produits nationaux- En échange de ces importations l'Attique avait peu de choses il oflVir; elle eiivoyait surtout à l'étranger de l'huile, et l'on raconte que Platon en fit commerce avec l'Egypte*. L'huile attique était en effet excellente. On a vu déjà que les oliviers de la Déesse étaient placés sous la protection spéciale de l'État. Nul n'avait le droit d'arracher des oliviers sur son propre fonds, si ce n'est pour des usages déterminés et jamais au delà d'un certain nombre. Il était permis de les couper de manière à ce que l'arbre put repousser par le pied ; encore ne fallait-il pas le faire capricieusement ; il y avait des oliviers inviolables dont l'huile ne pouvait servir qu'aux sacrifices ^ Un autre produit célèbre était les figues, que l'on servait jusque sur la table du grand Roi«. Puis venait le miel; celui de l'Hymette en particulier était recherché, à cause du thym qui croissait sur cette
1. Un passage d'Aristopliane (?rt Pa/a?, v. 1162) nous apprend que l'on avait planté^dans l'Attique des ceps de vigne tirés de l'étranger, en particulier de Lesbos.