‹ Antiquités grecques (volume 2)Chapitre 63 sur 494 · II., VIII, oOij · texte numérisé non relu

II., VIII, oOij

dans {'Odyssée \ ne parait pas avoir eu place parmi les exercices des nobles, et jamais le poisson ne figure sm- leur table, qui n'est chargée que de viandes et de pain, car le pain est de tous les repas, alors même qu'il n'en est pas parlé". Cela n'empêche pas que le poisson, si abondant le long- des côtes de la Grèce, ait eu une largue part dans l'alimentation des pauvres. Il suffit pour s'en convaincre de se rappeler les paroles d'Ulysse énumérant les avantages d'un pays gouverné par un prince équitable ; « le poisson, dit-il, y abonde^. » On péchait à l'hameçon et au filet*. Il est vraisemblable que les barques des pêcheurs s'étaient aventurées à une assez grande distance des côtes. De tout temps la configuration de leur pays a été pour les Grecs un encouragement à la navigation. Le grand nombre d'iles qui avoisinent le continent et les contours sinueux des rivages rendaient ce mode do communication inévitable ; aussi le nombre des vaisseaux réunis devant Troie n'offre-t-il aucune invraisemblance. Toutefois les Grecs de l'âg-e homérique ne franchirent pas sur mer des espaces plus vastes que l'intervalle qui sépare la Grèce de l'Asie Mineure et des îles semées sur la côte. L'Italie, si proche, leur est inconnue, et une traversée en Phénicie ou en Egypte est une hypothèse inadmissible. Ce ne sont pas par conséquent des Grecs, mais les Phéniciens mêmes ou quelques intermédiaires qui ont apporté de Phénicie les marchandises phéniciennes dont il est souvent fait mention. On ne cite qu'un seul exemple d'un aventurier crétois, qui se serait mis en roule pour l'Egypte, où, favorisé par le vent du Nord, il serait arrivé le cinquième jour. La mer qui sépare la Grèce de la Libye parait immense à Nestor : un oiseau, dit-il, ne pourrait la franchir en un an. Un voyage d'un jour semble une longue et

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