DIVERSITÉ DES RACES
chaient d'autres qualités que la clarté, la précision^, la brièveté*.
Si, ramenée à ces traits généraux, l'opposition des deux races est un fait inconstestable, quiconque observe de près les populations appartenant à l'une ou à l'autre doit reconnaître aussi que leur caractère originaire a été diversement modifié, soit par des influences naturelles, soit par les événements historiques. Partout où les populations ioniennes et doriennes se sont trouvées mêlées ou du moins rapprochées et en relations habituelles, leurs qualités distinctives ont dû se mêler aussi, etles différences s'atténuer. Ainsi, par exemple, la musique et l'architecture doriennes se naturalisèrent chez les peuples ioniens d'origine. De même, la tunique traînante, qui était le signe extérieur des Ioniens, fut remplacée par le vêlement court et étroit des Doriens. Il résulte de ces échanges que l'on est fort exposé, lorsqu'on passe en revue les populations helléniques, à se méprendre sur les caractères qui doivent servir à les distinguer^. Le type dorien en particulier se déforme chez des peuples qui appartiennent sûrement à cette race, au point de devenir méconnaissable; les altérations sont telles qu'elles semblent être la négation plutôt que le développement de leur caractère primitif. Les Doriens de Corinthe, les Argiens, les colonies doiiennes établies à Corcyre, à Tarante, à Syracuse, répondent très peu à l'idée que les anciens eux-mêmes nous ont donnée de la race dorienne. Mais c'est surtout cliez une partie considérable des populations réputées éoliennes que se produit une déviation conqjlète du type dorien ; elle ne se manifeste pas seulement dans les mœurs et dans la manière de vivre; la musique aussi s'en ressent : à la simplicité, à la justesse, à la force succèdent l'exubérance et la mollesse, défauts trop bien d'accord, suivant la remarque d'un ancien philosophe', avec l'amour du bien-être, de la
1. Voy. (>HV. Millier, '//V Davier, p. 386. llippoci'ulo, iié à Cos, par conséquent d'orifcine dorienne, a écrit, cepi^ndanL en dialecte ionien, pour complaire à DémocriLe, d'après ce que dit Klien [Vnr. Hislor., IV, 20).
2. C'est ce qui paraît être arrivé à (îrote : vny. son llistnirr gimiu,' (2® partie, chap. II de la traduct. franc.).