Aristole, Pnlit., l\\, m, § 2 et
3. Polyl)e, Xll, G et 7 ; Atlir'ii(''e, VI, i.xxxvi, p. 2Gi, et r.iii, p. 272 ; tous • icux citent Tiriiée, mais il est (lii'licilc tl(^ driiKMer au juste ce qu'a voulu dire cet historien. Ce qu'en a tiré (irole (t. II, p. 33U), au sujet des travaux des champs exécutes par des journaliers lihres, est sans valeur. Timée dit expressément : '-jt^'" àpyjpiDv/iTtov ôtaxovî'.aOia;, ce qui peut s'entendre seulement du service personnel. L'ariirm;ition d'Hérodote (VI, 137) ne s"applii[ue qu'à des temps reculés.
126 i.\ I III. f.nKcnit;
sinoôrcnionl tirées du clirisUunisino, ou ce (jui [leul être attribué ;ï(lus causes étrangères', non plus que cette autre (jui-slioii également épineuse : les classes laborieuses ont-elles, pour jiaricr Franc, gagné beaucouji à n'être plus esclaves? Les (irecs n'étaient pas rraillcurs sans se rendre compte de Tinjustice qui est au fond de l'esclavage. Ils convenaient (|ue rien n'autorise l'iiomme à faiie son semblabii; esclave, mais ils croyaient pouvoir s'excuser en ne reconnaissant pas tous les hommes pour leurs semblables, et pensaient qu'il y avait des peuples barbares faits pour obéir, comme les Grecs pour être libres-. En réalité, la majeure partie, presque la totalité des esclaves en Grèce étaient d'origine étrangère, et les excuses que l'on invoquait n'étaient pas beaucoup plus mauvaises que celles par lesquelles on justifie aujourd'hui, de l'autre côté de l'Océan, l'esclavage des hommes de couleur ou, en Irlande, la condition faite aux classes nécessiteuses. Arislote, dans son parallèle entre les Grecs et les Barbares, déclare que les peuples du Nord sont courageux, mais dénués d'industrie et d'intelligence; que les Asiatiques, au contraire, sont industrieux et intelligents, mais sans énergie". Occupant des régions intermédiaires, les Grecs réunissent l'énergie et l'intelligence. Aussi sont-ils nés pour la liberté, dont les peuples de l'Asie font volontiers le sacrifice, et pour commander à leurs voisins, ce dont sont incapables les peuples du Nord. Nous n'avons pas à rechercher jusqu'à quel point ces oppositions de nature peuvent excuser l'esclavage. Sans doute, le contraste qu'Aristote signale entre les Grecs et les Barbares pourrait difficilement être contesté, et nous accordons volontiers que la vie politique, d'après l'idée qu'il s'en fait, n'était possible que chez les Grecs. Quant à savoir si cette idée a
1. Par exemple à cette considération que le travail libre est plus productif et moins cher, puisiiu'il faut encore pourvoir à la subsistance des esclaves quand on n'en peut plus rien faire, obligation dont on est déchargé vis-àvis des ouvriers libres.
2. Aristoie, Polit., I, n, § 18; Platon, RrpubL, V, p. 469; Alcidamas dit au contraire (CoUect. des Orat. gr. publiée par Baiter et Sauppe, II, p. 154) : 'EX£'j6£po-j; à?-r|X£ Tiâvxa; 6eô;' o-jo£va ôoOaov -^ çvat; 7tîuoîr,xîv.