CHAPITRE HUITIÈME
SYMMACI1IE ATHÉNIENNE
La confédération instituée sous l'hégémonie d'Athènes prit en quelques années une extension considérable; à quelques exceptions près, toutes les îles et les villes riveraines de la mer Egée y accédèrent, les unes de leur propre mouvement, les autres par contrainte. Quelques États du continent, Mégare, Trézène, l'Achaïe et, dans la mer Ionienne, les îles de Corcyre, de Céphallénie et de Zacynthos se rapprochèrent aussi d'Athènes, mais ces alliances passagères créèrent des relations essentiellement différentes de celles que produisait la symmachie. Placée à la tète d'une ligue aussi importante. Athènes dut se regarder sans vanité comme le premier état de la Grèce et se croire appelée, plus encore que Sparte, à prendre dans les occasions graves la direction des affaires helléniques. La conscience de cette vocation se révèle dans le plan arrêté par Périclès : « lorsque Périclès, dit Plutarque l, vit la jalousie que les progrès de la puissance athénienne faisaient naître chez les Spartiates, il crut devoir placer sous les yeux de ses concitoyens la tâche qu'ils avaient à remplir, et la place qu'ils devaient tenir dans la Grèce. A cet effet, il résolut d'inviter tous les États grecs, grands et petits, européens et asiatiques, à envoyer des députés pour délibérer à Athènes sur la reconstruction des temples brûlés par les barbares, sur les sacrifices promis aux dieux durant la guerre pour le salut de la patrie, enfin sur les mesures à prendre afin d'assurer la mer Egée contre les entreprises des pirates. Les invitations furent envoyées en effet, non seulement aux états confédérés, mais à toutes les cités grecques; cependant la