C'est du moins l'opinion de Pausanias, 1. IV, c
LA LIGUE A.CHÉENNE 135
rieures1. Pour échapper à ce danger, la faction des privilégiés, se sentant incapable de résister à Cléomène par ses propres forces, n'eut pas honte d'implorer la puissance contre laquelle la ligue, à son début, avait été surtout dirigée. Pour prix des secours qu'ils reçurent du roi de Macédoine, Antigone Doson, ils lui livrèrent la clef du Péloponèse, Acrocorinthos. Cléomène, après de vigoureux efforts, perdit la bataille décisive de Sellasie, et la Macédoine redevint l'arbitre de la Grèce2, jusqu'au moment où Rome, dont les Achéens étaient devenus les auxiliaires dans sa lutte contre Persée, mit définitivement fin à l'empire des successeurs d'Alexandre, et devint elle-même maîtresse de la ligue en fait, sinon nominativement. Les nombreuses querelles qui dans la suite éclatèrent entre les dif* férentes populations de la Grèce et les prétextes d'intervention qu'elles fournirent aux Romains offrent un spectacle aussi pénible que confus. Elles aboutirent à un résultat inévitable, que les provocations imprudentes des Achéens ne firent qu'accélérer, le rétablissement de l'ordre par la force. Après la destruction de Corinthe en 146, une commission de décemvirs fut envoyée de Rome, pour régler la situation des vaincus. La ligue achéenne fut supprimée, ainsi que les antres confédérations qui subsistaient encore, et les gouvernements démocratiques cédèrent partout la place à des timocraties. On contraignit les villes à vivre dans un complot isolement, en interdisant aux citoyens de chacune d'elles de posséder des biens-fonds sur le territoire des autres3. Polybe fut laissé en arrière, avec mission d'organiser le nouvel ordre de choses, et de parer à toutes les difficultés qui pouvaient surgir. 11 parvint à établir un modus vivendi qui fut accepté comme un soulagement, après tant de luttes et de complications*. En général, le régime fait àla Grèce fut assez doux : elle perdit la liberté, quand elle n'était pins en état de la défendre