‹ Antiquités grecquesChapitre 136 sur 567 · Eutyphron, p. 14 E · texte numérisé non relu

Eutyphron, p. 14 E

I NK ANTIQUITÉS RELIG1E1 si s

servance légale donl aous parlions toul a L'heure nefûl considérée par tous les philosophes païens comme une superstition impie, bonne toul au plus ù satisfaire les instincts g rossiers de la multitude. Il faul bien prendre garde de se laisser abuser parce t'ait, que suivanl une définition généralement adoptée parles philosophes, la piété n'esl autre chose que La justice envers les dieux1, car la justice, leile qu'ils l'entendenl (3oukotuvt)), loin d'être une Légalité purement extérieure, est un sentiment intime et jaillissant du fond de la consciencede ce qui est le droit en soi. L'Evangile [tarie aussi d'une justice qui conduit au ciel*, mais pour l'opposer à la régularité formaliste que prêchaient les pharisiens et les docteurs de la loi, et les pères de l'Église faisaient entrer dans l'idée de justice l'amour de Dieu et du prochain3. L'idée que l'amour est le véritable lien qui rattache les hommes et les dieux n'était pas d'ailleurs restée étrangère au paganisme grec, Lorsque Homère désigne Zeus comme le père des dieux [et des hommes, il ne prend pas le mol de père dans le sens de créateur; il exprime simplement par là, ainsi que le remarque Aristote*, l'autorité paternelle que ce dieu exerce sur les hommes, pour leur plus grand bien. Les Grecs appliquaient à Zeus et à Apollon l'épithète de bon aussi souvent que nous disons bon Dieu! Les hommes réputés bons^étaient pour eux les hommee chers à la divinité. Suivant Chrysippe, la bienveillance et la tendresse des dieux pour les hommes est une donnée de la conscience universelle5. La pensée contraire, à savoir que les dieux sont des maîtres durs et jaloux qui, au lieu de la confiance et de l'amour,

1. Platon, Lefinitiones, p. 412, E. (T. II, p. 594, éd. Didot) : Eulyphron, p. 12 E.; Protagoras, p. 331 B et 339 C. ; Cicéron, de Nat. Deorum,

t. I, c. -il ; Porphyre, de Abstin,, 1. III, c. 1, p. 214 ; Sextus Empiricus, adv. Mathem., 1. IX, c. 124; Stobée, Eclogœ, 1. II, p. 124.

Page 1