‹ Antiquités grecquesChapitre 135 sur 567 · Callimaquc, cité par Athénée, 1. IX, p · texte numérisé non relu

Callimaquc, cité par Athénée, 1. IX, p

2. Ànabase, I. VII, c. 8, § 4 ; cf. ibid. 1. IV, c. 8, § 25 ; 1. V, c. 9, §22, et I. VII, c. G, S 44.

3. Suétone, Auguste, c. 91 ; Dion. Cassius, I. LIV, c. 4. i. Jule3 Pollux, Onomast., 1. VIII, 142.

5. Corpus Inscript, graec, n° 2554. v, 176. (X Ross, alte lokrische Inschr., p. 50 H, 51.

6. Cicéron, d*1 Natura Deorum, 1. III, c. 10 et 21. Cf. les notes et l'introd., de Schœmann, p. 7.

I aires, celle opinion soulevait moins do critiques que l'hypothèse développée, sinon inventée, par Evhémere, à La fin du ivc siècle, et à laquelle il donna la rigueur d'uo système: à savoir que tout les prétendus dieux: n'étaient eo réalité que

des rois et des héros des anciens temps, divinisés pour leurs exploits et leurs bienfaits, hypothèse qui lui valut naturellement d'être accusé d'athéisme l. 'Ions les croyants, on effet, étaient au moins fermes sur ce principe que les grands Dieux, maîtres du monde et arbitres de la vie humaine, étaienl quelque chose de plus que des hommes passés à l'étal de dieux, el qu'ils appartenaient à une nature originairement plus haute, bien que l'on n'eût encore sur leur essence, sur leur personnalité e1 leurs attributions que des idées obscures et chancelantes. Les croyants2, d'ailleurs, se rendaient compte, aussi bien que les sages8, qu'il n'est pas donné à l'homme d'avoir une connaissance certaine de ces matières. Il n'existait pas dans l'antiquité de théologie dogmatique, mais seulement une mythologie remplie de récits équivoques ou contradictoires et un culte traditionnel qui, bien que l'observance en put être imposée à tout le monde, était hors d'état de suppléer à un enseignement religieux et de produire l'uniformité des croyances. Les formes de ce culte qui, au début, répondaient assurément à certaines idées sur les dieux, sur leurs rapports avec la Nature et avec l'homme, représentaient ces idées d'une manière trop vague pour pouvoir les propager et les fixer. Elles étaient, comme les mythes eux-mêmes, susceptibles d'interprétations multiples, el chacun y attachait le sens que bon lui semblait. Quelques-uns se contentaient de n'y pas penser du tout; il ne manquait même pas de 'gens qui tout en s'astreignant aux formalités extérieures de la religion, en riaient au

{. Sur Evhémere, voy. Hoeck, Kreta, III, 326, et Gerlach, Histor. Studien, p. 137 et suiv.

2. Les termes d'Hérodote (1. II, c. 3) : vojj-uwv zâv-x; àvfjptô-ov; ïaa\ «épi aÙTtov é7i:<7TaT8ai signifient évidemment que tous les hommes en savent autant, c'est-à-dire au^si peu les uns que les autres, sur les choses divines, et il est surprenant que cela n'ait pas été plus généralement compris.

3. Par exemple, Xénophane, dans Sextus Empiricus, adv. Mathemat., 1. VII, c. -49 ; Melissus, dans Diogène Laërte, I. IX, c. 24 ; Euripide, fragm. Philoct., 6.

fond du cœur. Comment s'en étonner, quand on voit les Épicuriens, la secte la plus incrédule et la plus opposée aux superstitions populaires, exercer des fonctions sacerdotales1? Le culte1 est né de la conscience qu'avaient les hommes de leur dépendance et de leur misère, et ses origines remontent à un temps où ils n'avaient pas encore un sentiment assez élevé de la divinité et de ses rapports avec la race humaine. Les poèmes hésiodiques présentent le culte comme une sorte de contrat intervenu à l'occasion d'un débat entre les dieux et les hommes, au sujet de l'assistance que les hommes étaient en droit d'attendre et des honneurs que la reconnaissance leur imposait'. Il ne s'agirait donc dans ce cas que d'un commerce d'échanges, et c'est là en effet, d'après Platon, le point de vue auquel se place le grand nombre \ L'homme remplit les obligations qui lui sont prescrites et demande en revanche la satisfaction de ses besoins ; il donne pour obtenir. Il témoigne sa reconnaissance, parce qu'il craindrait d'irriter les dieux par son ingratitude et de perdre ses droits à une faveur dont il sent à chaque instant la nécessité. Sa piété n'est que l'accomplissement intéressé de la loi. Ce serait cependant une erreur de croire que la Grèce n'a connu ni enseigné autre chose que cette piété extérieure et légale. D'enseignement religieux, nous avons déjà fait observer plus haut qu'il n'en existait pas, à vrai dire. Chacun était libre de se faire , sur les dieux et sur leurs relations avec les hommes, telle idée que bon lui semblait, et si les institutions religieuses qui toutes avaient trait uniquement aux formes extérieures du culte, n'étaient guère propres à développer dans les âmes des idées plus pures et plus élevées de la divinité, du moins elles n'y taisaient pas obstacle. Beaucoup de gens, parmi les fidèles du paganisme, s'approchaient de leurs dieux avec un sentiment de piété véritable; on ne peut nier même que cette ob-

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