Tite-Live, t. XXXI, c
i. Voy. Schœmann, de Relig. exter. (Opusc, t. III, p. 439.) L'usage des courses aux {lambeaux ne paraît pas s'être conservé dans celte fête, non plus que dans celle qui était célébrée en l'honneur de la déesse Bendis.
l'état et le culte 217
nos sur les bords de l'Ilissus1. Le dieu égyptien Ammon qui, comme on sait, était appelé aussi Zeus, appartient également à la classe des divinités dont le culte fut adopté à Athènes durant les temps historiques; on ne peut toutefois préciser quand ni comment il y fut introduit2. Nous passons sous silence d'autres emprunts moins importants, faits aux religions étrangères, et nous bornons à remarquer que les cultes mômes qui existaient déjà dans la période la plus reculée n'avaient pas tous le même âg'e et ne remontaient pas tous à la fondation de la cité ; c'est là non pas une hypothèse, mais un fait certain. Le culte d'Apollon Pythien fut sans contredit institué à la suite des migrations qui mirent les anciens Ioniens de l'Attique en relations plus étroites avec les Amphictyonies Helléniques, bien que peut-être ils n'aient pas considéré ce dieu, étranger jusque-là à leur nation, comme un nouveau venu, cl qu'ils l'aient identifié avec celles de leurs anciennes divinités dont cette confusion a rendu la ligure complètement méconnaissable3. — Aphrodite Urania fut, suivant la tradition athénienne, une importation rï'iEgée4. Le germe historique de la lég-endc est que le culte de cette déesse doit son origine à la partie du peuple athénien dont .Egée est le représentant; or le nom de ce prince est rattaché à l'île de Scyros, vraisemblablement parce qu'elle est le point de départ d'où il avait gagné l'Attique. C'étaient des Phéniciens qui, en établissant leurs comptoirs, avaient amené à Scyros, à Cythère et dans d'autres îles l'Aphrodite céleste; et dans l'Attique même, cette déesse
1. Hérodote, I. VII, c. 189. Sur l'introduction du culte de Borée à Thurii, amenée par les mêmes motifs, voy. /Elien, Var. Hist., I. XII. c. 61 .
2. Voy. Bœckh, Staatshaush., I. Il, p. 132. Dans une inscription athénienne, datant de la guerre 'lu Peloponèse, vers l'olymp. '.•.">,.">, esl mentionné un Oîo; "çvnv.h: iv... ( l'i 1 1 r ] ieatio n du lieu manque), au trésor duquel l'État luirait emprunté de l'argent; il esl impossible de deviner de quel dieu il s'agit. On peut supposer cependant que son sanctuaire étail situé non pas à Athènes, mais dans quelque dénie, ainsi <|ue ceux de plusieurs autres divinités citées dans la même inscription. Leur culte n'étail donc pas adopté
par l'État. L'inscription a été publ I commentée par Bœckh, dans les
comptes rendus mensuels de l'Académie de Berlin, 1853, p, 557 el suiv. et reproduite par ftangabé, intiq. hellen., t. II. n° 2253.
'A. Voy( Schœmann, de [poil, custode Athen., dans les Opusc, i. I, p. 321, et 348; Welcker, GutterL, 1. 1, p. 192, et t. Il, p. 14. 1. Pausanias, I. I, e. 1 1, § 7.
avant d'avoir gagné de nombreux adhérents grâce à Egée, iivail déjà dans le dème Athmonon un sanctuaire dont la fondation est attribuée à un certain Porphyrion, l'homme de pourpre, qui paraîl avoir été la personnification des Phéniciens. — La légende établissait aussi que le culle de Dionysos n'avait pas existé de tout temps en Attiquc et y avait été transporté par les Béotiens. Accueilli d'abord dans le dême Ikaria, il dut une impulsion nouvelle à la ville d'Eleutherae, d'origine béotienne, mais qui fut de bonne heure réunie. ;i l'Attique. On citait encore, au temps de Pausanias, un prêtre de ce dieu, Pégasos, qui avait pris l'initiative et dont les efforts avaient été secondés par l'oracle de Delphes'. — Déméter et Coré ne trouvèrent place dans la religion d'Etat qu'à partir de l'accession d'Eleusis au territoire de l'Attique. A quel moment cette adoption eut-elle lieu, on l'ignore; il parait cependant qu'elle devança la migration des Ioniens de l'Attique en Asie2. Puisque, en général, les états se formèrent par la réunion de communes distinctes, possédant chacune leurs cultes particuliers, il était tout simple que plusieurs de ces cultes fussent acceptés par la nouvelle patrie. Si tous ne trouvaient pas asile dans la capitale, ils subsistaient du moins comme cultes locaux dans les différents districts, et l'Etal témoignait l'intérêt qu'il y prenait, en envoyant ses théories aux solennités et par d'autres manifestations dont nous donnerons plus loin quelques exemples.
Les migrations qui se produisirent si souvent dans les temps reculés durent nécessairement avoir sur le culte une influence considérable. Il ne pouvait se faire que les relations politiques fussent changées, que les anciennes peuplades fussent refoulées ou soumises, et que de nouvelles races arrivassent à la
t. Pausanias, 1. I, c. 2, § 4. Gerhard, dans une dissertation sur les Anthestéries (Mémoires de VAcad. de Berlin, 1858, p. 156) mentionne dans l'Attique un dieu du vin cécropique, que nous avouons nous être complètement inconnu. Tous les indices que l'on peut relever en dehors de ceux dont il est question ci-dessus, et qui tendraient à prouver que le culte de Dionysos aurait été introduit plus tôt en AUique, ont été recueillis et très savamment discutés par 0. Ribbeck, Anfdnge and Entwick. des Dionysoscultus in Atlika, Kiel, 1869.