‹ Antiquités grecquesChapitre 175 sur 567 · Pausanias. 1. IX, c · texte numérisé non relu

Pausanias. 1. IX, c

5. Pausanias, 1. II, c. 4, § 5; Porphyre, de Abstincntia, 1. II, c. 18.

6. Pausanias., 1. II, c. 24, § 4; Zenobius, Proverbia, 1. I, 54.

de l'idolâtrie 233

d'expression mythique, chercha par compensation à idéaliser la forme humaine, de manière à la rendre digne des dieux, et il est universellement reconnu qu'elle réalisa dans cette direction tout ce que l'art peut produire. La statue de Zeus que Phidias érigea dans le temple d'Olympie était merveilleusement propre à produire l'émotion que doivent inspirer la bonté et la majesté par excellence, personnifiées dans le père des hommes et des dieux l. De même, l'Apollon du Vatican fait comprendre ce que dit Aristole : « Si jamais une créature humaine se présentait à nous sous les traits que les sculpteurs ont donnés aux dieux, nul doute que nous ne serions tous prêts à l'adorer comme un être au-dessus des autres » 2. C'était donc bien encore un sentiment religieux qui animait ces artistes, lorsqu'ils s'appliquaient à représenter les dieux dans leur beauté idéale ; ils étaient convaincus que les dieux, tout en ressemblant aux hommes, étaient des êtres d'une essence supérieure, qui dépassaient en beauté, aussi bien que pour les autres qualités, la mesure de la nature humaine. C'est ce que nous apprennent déjà les poèmes d'Homère, et ce qu'exprime Heraclite, lorsqu'il dit : « L'homme le plus accompli, comparé à Dieu, est un singe pour la beauté, la sagesse et le reste »3. Si l'anthropomorphisme provoquait la religion de l'artiste à cet etfort vers l'idéal, il n'est pas douteux que les œuvres conçues dans un tel sentiment ne dussent à leur tour faire naître les mêmes émotions chez les spectateurs sensibles à la beauté. Dans ce sens, il est permis de dire que la religion des Grecs était la religion de l'art. Cette définition ne pécherait que si, se plaçant à an point de vue exclusif, on prétendait exprimer par là la nature propre et originaire de ce culte, qui consistait beaucoup plutôt dans l'apothéose de la Nature'. Parla s'explique comment les dieux ne pouvaient être jugés d'après un critérium moral, et pourquoi les artistes, non contents de

1. Tite-liw, 1. XLV, c. 28 : < /Emilius Paullus Jovem velut prœsentem inluens anime commolus est ; » Quintilien, I. XII, c. 10: « Cujus pulchritudo arljecisse aliquid etiana receptœ religtoni videtur. »

"2. Aristote, Politique, I . [, c. 2.

3. Homère, Odyssée, I. V, v. 211 et 216; Heraclite, ciW par Platon (Hippias Major., p. 289 B).

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